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 Une certaine idée de la Grèce

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LYCURGUE
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Nombre de messages : 102

MessageSujet: Une certaine idée de la Grèce   Dim 4 Avr - 11:22

Extraits des entretiens entre Jacqueline de Romilly et Alexandre Grandazzi, issus du livre Une certaine idée de la Grèce

Citation :
"A.G.- Je voudrais vous poser maintenant une question qui aurait dû être sans doute la première de cet entretien : Jacqueline de Romilly, le grec, à quoi ça sert ? ou pour reprendre une tournure que vous avez souvent employée: pourquoi le grec ?

[...]

En réalité, les arguments sont si nombreux qu'il n'est peut être pas inutile d'essayer de les classer. En relisant vos nombreux plaidoyers, il m'a ainsi semblé qu'il y avait en gros quatre arguments principaux en faveur du grec. D'abord, on peut dire que le grec apprend l'exactitude ; ensuite, il développe l'esprit de jugement ; il améliore aussi les capacités de démonstration et de persuasion ; il permet enfin l'épanouissement des qualités humaines chez celui ou celle qui le pratique. Pour le dire autrement, il y a l'argument didactique, l'argument critique, l'argument rhétorique et enfin, l'argument éthique.

J. de R. - Vous avez vous même fort bien répondu à votre propre question ! Toute plaisanterie mise à part, je ferai d'abord observer que votre classification laisse un peu de côté un aspect qui me paraît essentiel : c'est qu'il ne s'agit pas seulement d'analyse intellectuelle, car ces textes grecs nous parlent de personnages qui nous restent familiers. Dans le monde moderne, on se réfère encore à Orphée, à Athéna, à Ulysse e à tant d'autres...La littérature grecque a fait naître des héros qui ont traversé les siècles et qui parlent encore à notre imagination. Je suis frappée de voir combien notre époque se passionne pour le mythe grec.
Sur un plan plus général, je dirais aussi que la culture est une formation et que culture et éducation sont deux mots synonymes : étymologiquement, il signifient la même chose et désignent tous deux la transformation progressive, du point de vue intellectuel et moral, d'un individu par le biais des connaissances et des textes qu'on lui fait découvrir. Eh bien, le grec comme le latin sont de merveilleux instruments de culture et d'éducation !
[...]
Pour en revenir à ce que vous appelez l’argument didactique, je rappellerai que le latin et le grec sont des langues à flexions, comme le disent les grammairiens, c'est-à-dire que, suivant les fonctions qu’ils ont dans la phrase, les mots se terminent de différentes façons : c’est ce qu’on appelle les cas, qui permettent aux mots d’être placés très librement dans la phrase, si bien qu’on est obligé de faire attention pour l’analyser ; il y a aussi en grec un type de verbes, appartenant à ce qu’on désigne par la « voix moyenne » employée pour marquer une forte participation ou implication du sujet dans l’action décrite. Apprendre à reconnaître tout cela, et l’apprendre en classe, quand on est jeune, développe à l’extrême les capacités d’analyse et de concentration [...] Au-delà de l’apprentissage proprement dit, cela forme l’esprit et le prépare plus tard à être capable d’acquérir, avec facilité et rapidité, d’autres connaissances.

A.G. - Avons-nous donné toutes les raisons d'étudier le grec ?
J. de R. -Nous en avons oublié une, mon cher, et essentielle : la beauté. Tout le monde connaît, par l'expérience ou par les photos, la clarté et la grandeur des paysages grecs. Eh bien, cette clarté et cette grandeur se retrouvent dans la littérature grecque : elles donnent aux choses plus de présence, des contours plus nets, et comme une simplicité et une pureté originelles.

[...]
A.G.-Mais pourquoi les textes de l'Antiquité seraient-ils supérieurs, après tout, à ceux des grandes littératures modernes ?

J. de R. - Indépendamment de l'élan vers la découverte qui la caractérise, il y a le fait que la littérature grecque - et ce sera encore vrai, quoique à un moindre degré, pour la latine- naît dans un monde où la transcription écrite des textes, et surtout des textes longs, pose de difficiles problèmes techniques et pratiques. Le rapport des Anciens à l'écrit n'est donc pas du tout celui qu'ont nos contemporains vis-à-vis des fleuves d'encre et des montagnes de papier qu'ils voient chaque jour passer devant eux sur les sujets les plus divers et les plus anodins. Les textes, plus rares, étaient beaucoup plus travaillés.




Dernière édition par LYCURGUE le Dim 4 Avr - 11:34, édité 3 fois
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Ferrier
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MessageSujet: Re: Une certaine idée de la Grèce   Dim 4 Avr - 11:27

Citation :
Pour en revenir à ce que vous appelez l’argument didactique, je rappellerai que le latin et le grec sont des langues à flexions, comme le disent les grammairiens, c'est-à-dire que, suivant les fonctions qu’ils ont dans la phrase, les mots se terminent de différentes façons : c’est ce qu’on appelle les cas, qui permettent aux mots d’être placés très librement dans la phrase, si bien qu’on est obligé de faire attention pour l’analyser ; il y a aussi en grec un type de verbes, appartenant à ce qu’on désigne par la « voix moyenne » employée pour marquer une forte participation ou implication du sujet dans l’action décrite. Apprendre à reconnaître tout cela, et l’apprendre en classe, quand on est jeune, développe à l’extrême les capacités d’analyse et de concentration

En effet, et c'est pourquoi je propose l'europaio comme langue unitaire pour l'Europe, car il dispose des qualités qu'on retrouve notamment en grec et en latin, à savoir huit cas (3 de plus qu'en grec ancien) et différents modes dont le moyen et le passif en effet, l'optatif également ("puisses-je..."), et différents cas (présent, futur, imparfait, parfait [= + ou - le passé composé], aoriste [= + ou - le passé simple] et plus que parfait).

J'ai eu la chance de commencer le grec en 4ème. L'alphabet se maîtrise rapidement. En revanche, la grammaire n'est pas si complexe mais la langue grecque ancienne demeure difficile, en raison en effet d'une extrême variation de positionnement des mots dans la phrase. Le grec moderne a au contraire simplifié et rationalisé tout ça.
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Algiz
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MessageSujet: Re: Une certaine idée de la Grèce   Lun 5 Avr - 15:26

La Grèce... Pierre angulaire de la civilisation européenne dont toutes les nations actuelles ne constituent que des rameaux de sa sagesse visionnaire.

Gaulois, Britanniques, Germains, Scandinaves, Ibères, Latins, Slaves... Tous fil de Spartes et d'Athènes !
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MessageSujet: Re: Une certaine idée de la Grèce   Aujourd'hui à 2:02

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