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 Un parallèle historique

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Klingsor
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MessageSujet: Un parallèle historique   Ven 1 Jan - 21:32

En lisant les écrits de Will Durant ci-dessous, je n’ai pu m’empêcher de tracer un parallèle avec notre époque, comme si, somme toute, les lois d’airain de l’histoire se moquaient éperdument du lieu et de l’époque et continuaient de s’appliquer toujours aussi inflexibles malgré les protestations, mensonges et vaines parlotes des escrocs de la politique et de la religion.


« La pensée d’Auguste était soumise aux considérations de race et de classe ; ils n’aurait pu concevoir une Rome vraiment forte si venaient à lui manquer le caractère, le courage, et la capacité politique qui furent le propre des vieux Romains, avant tout de la vieille aristocratie. Le déclin de l’ancienne croyance dans les classes supérieure avait privé de tout appui surnaturel le mariage, la fidélité, la paternité ; de par le passage de la vie rurale à celle de la cité, on ne voyait plus autant dans les enfants un bienfait, un précieux avantage, mais davantage une responsabilité et une fantaisie ; les femmes recherchaient une beauté plus sensuelle que maternelle ; d’une manière générale, le désir de liberté individuelle semblait suivre une direction opposée aux nécessités de la race. Le mal s’aggravait encore du fait que la chasse aux dotations testamentaires était devenue en Italie l’occupation la plus lucrative. Les gens sans enfants étaient sûrs de se voir choyer au déclin de leur âge par d’avides aspirants à leurs largesses posthumes, et tant de Romains goûtaient cette déférence intéressée que cela devint positivement une cause de stérilité s’ajoutant aux autres. De son côté, le service militaire prolongé ôtait au mariage un nombre considérable de jeunes hommes durant les années mêmes où ils étaient le plus apte à procréer. En outre, beaucoup de Romains de vieille souche évitaient de se marier entre eux, préférant prostituées ou concubines à des femmes légitimes quand bien même il leur était on ne peut plus facile de s’en donner successivement plusieurs. Parmi ceux qui néanmoins, se mariaient, la majorité paraît avoir limité sa descendance par l’avortement, l’infanticide, le coitus interruptus et d’autres pratiques analogues. A celles-ci il faut ajouter l’amour anal d’homme à femme qui se généralisa en même temps que l’homosexualité masculine sous l’influence des Carthaginois vaincus, des Syriens et des Grecs. Aucune législation ne réussit à entraver la marée montante des néo-Romains, ni aucun discours de l’empereur sur le « suicide de la race » (Dion Cassius). La Grèce et, surtout les cités grecques d’Asie mineure et des îles, souffraient du même processus, pour d’autres raisons : les vieilles ethnies - Doriens, Ioniens, Athéniens - celles qui avaient provoqué le « miracle grec », s’orientalisaient. Au métissage biologique se combinait bien sûr, dans tout l’orbe gréco-romain, le métissage psychique...Octave lutta contre l’amollissement des moeurs qui en résultait en bannissant de Rome les cultes égyptiens, syriens et d’Asie mineure (La Grande Mère aux prêtres invertis ou castrats). (....) L’inquiétude de l’empereur quant à l’évolution biologique de l’ethnie latine et à sa décomposition de l’esprit romain, sa conséquence était exagérée. D’autres ethnies dynamiques - gauloises, berbère, grecque - prendront la relève après romanisation. De même en Orient, des Hittites et des Slaves hellénisés sauront assurer la continuité grecque et la gloire du millénaire byzantin. (...) Sous le règne de Dioclétien, au IIIè siècle, l’Empire romain fut le theâtre d’une violente réaction contre le christianisme qui l’envahissait et - il faut l’avouer - le minait. Force mystique, certes, le christianisme était aussi force dissolvante. Aux vieilles traditions, il opposait un esprit de masse tout nouveau, sans racines, car appuyé sur un prolétariat apatride : les esclaves. Une force révolutionnaire donc, revancharde... Son pacifisme, assez utopique, favorisait de surcroît les Germains extérieurs qui, du reste, domineront féodalement l’empire, dès sa christianisation achevée. »

Transposé à notre époque :

- L’exode rurale français commencé un siècle plus tôt avec la révolution industrielle s’est brusquement accéléré après la deuxième guerre, laissant les campagnes exsangues (il faut se souvenir qu’avant guerre la moitié du pays était rural).

- Accompagnant cette déruralisation, l’effondrement du catholicisme et du même coup des valeurs traditionnelles puisque le catholicisme avait réussi ce coup de force de s’octroyer le monopole de la foi, de la morale et de la vertu, du coup si le pilier maître cède c’est tout l’édifice qui s’écroule, et c’est effectivement ce qui s’est passé, j’en veux pour preuve que désormais le clergé de ce catholicisme métamorphosé ne s’enorgueillit plus que de la vitalité de la foi sur le continent africain : que l’Afrique noire soit l’avenir du catholicisme peut-être, qu’elle soit aussi celle des peuples européens et qu’elle puisse faire figure d’exemple pour ces derniers voilà qui est risible, on est en tout cas très loin de l’esprit gréco-romain qui sut insuffler une âme et une raison à une mystique qui en était dénuée.

- Tout comme du temps d’Octave Auguste, la vie citadine et le rejet de l’ancienne croyance, désormais considérée comme factice et inopérante, entraîne l’érotisation, le refus de l’enfantement, à terme le suicide de la race par contraception et avortement. Nous n’en sommes pas encore à la légalisation de l’infanticide, mais les analystes éclairés auront remarqué l’apparition dans l’actualité récente de cette habile tournure sémantique qu’est le « déni de grossesse » préparant la voie à une décriminalisation.

- Ce mode de vie hédoniste et pulsionnel une fois entériné et rentré définitivement dans les moeurs, reste à lui donner le moyen de sa subsistance : l’immigration de masse suppléant au déficit d’enfant et assurant les vieux jours des libidineux.

- Seulement cette immigration de masse suppose une refonte totale des cadres socio-religieux, ce qui du reste ne pose guère de problème à un peuple qui a déjà renoncé à sa foi et à son futur, d’où les aménagements sociétaux pour accueillir ces « étrangers », en fait prolétariat apatride auquel on consent à peu près tout, y compris son implantation communautaire et religieuse et même le sacrifice du prolétariat autochtone, pourvu qu’il ne se montre pas trop gourmand et continue à assurer les vieux jours des hédonistes à un prix défiant toute concurrence. Cela correspond à l’orientalisation de l’Empire romain contre laquelle les empereurs romains ont lutté, en vain. Cela tendrait à prouver que le volontarisme politique ne sert de rien tant que les structures économiques n’ont pas mutés et plus fondamentalement tant qu’une nouvelle foi n’a pas redynamisé les coeurs. A ce sujet nous pouvons constater la nullité du débat sur l’identité nationale orchestrée par les caciques du régime, amoncellement de lieux communs alors que l’identité se définit par des caractères spécifiques, mais il ne faut surtout pas parler des caractères spécifiques, donc on fait un débat sur l’identité nationale en s’interdisant d’évoquer la chose, du coup l’on nous sert ce type d’ineptie : « être français c’est être républicain, c’est l’égalité homme-femme etc...» comme si les Anglaises qui vivent sous une monarchie constitutionnelle étaient moins égales que les hommes...

- Toujours dans l’optique d’une transposition historique, nous voyons que les éléments résistants à la tendance dominantes ne sont pas à chercher au cœur de l’Empire mais à sa périphérie : ce sont les Celtes, les Hittites et les Slaves du temps d’Octave Auguste. Le véritable combat ne se déroule pas au centre, car celui-là il est perdu d’avance, il se déroule sur les marches de l’Empire. Et nous voyons bien qu’aujourd’hui le principal souci des tenants du nouvel ordre mondial n’est pas de mettre au pas les citoyens de l’empire qui sont déjà manipulés et instrumentalisés mais d’imposer leur Diktat aux Etats non-alignés.

- Enfin la rémission de l’Empire agonisant se fait par l’institutionnalisation d’une religion monothéiste, avant la dissolution définitive. Du temps de la Rome finissante il s’agissait du christianisme, à notre époque, vu l’impuissance doctrinale et pratique de ce même christianisme à reconstituer ne serait-ce qu’un embryon de chrétienté, voire même encourageant les courants centrifuges, et vu le mépris des dirigeants de l’Empire à l’égard de ce même christianisme, par contre plus que tolérants à l’égard de l’Islam (voir la récente condamnation de la votation suisse par l’europe bruxelloise et ses affidés) il est fort à parier que l’Empire jouera sa dernière carte sur l’Islam.
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Ferrier
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MessageSujet: Re: Un parallèle historique   Ven 1 Jan - 22:43

D'abord, bienvenue sur le forum !

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L'analyse comparative en question n'est pas inintéressante, bien au contraire, mais l'histoire me paraît plus en hélice qu'en cycle avec des retournements inattendus. La comparaison "Union Européenne"/"Empire romain" atteint rapidement ses limites, notamment par le fait que les barbares dans le second cas étaient apparentés au peuple romain, que la continuité était donc possible. On notera l'alliance héroïque des Francs et des Romains païens face à Théodose lors de la bataille de la Rivière Froide en 394.

La politique de réforme morale d'Auguste est remarquablement juste. Son échec, tragique, qu'un Julien 300 ans après méditera afin de proposer un discours de renaissance, entraîne l'échec de Rome.

Il ne faut pas négliger les raisons politiques et institutionnelles qui expliquent cet effondrement. Et dans ce cadre, les causes profondes sont à rechercher d'abord dans la réforme militaire de Marius, avec l'instauration d'une armée de métier à la place des citoyens-soldats de la république. Cette réforme engendre une concurrence entre généraux, d'où l'affrontement entre Pompée, qui avait débarrassé la Méditerranée de ses pirates, César qui avait conquis la Gaule, et Crassus, le vainqueur de Spartacus. Crassus chercha le pouvoir en s'aventurant en terre parthe et y trouva la mort. Restaient les deux derniers triumvirs qui s'achetaient les amitiés des uns et des autres.

Dans ce cadre, un vrai républicain comme Brutus, ou un rhéteur de talent comme Cicéron, l'un comme l'autre ne pouvaient s'épanouir. Auguste, bien que fondamentalement républicain dans l'âme, est aussi malgré tout le fossoyeur de la vieille Rome, et ce même s'il se voulait nouveau Romulus.

L'Europe a perdu de l'esprit de la république ; elle s'est embourgeoisé au détriment de sa santé psychique et physique. Le relèvement reste possible au coeur même de l'Europe, revivifié par une Russie arpentant dans la douleur le chemin montant vers la renaissance, et non pas à ses marges. C'est à Rome même que le combat pour l'empire se jouait. Maxence l'avait compris. Le triomphe de Constantin sur Maxence solde la mort de Rome.

De même, l'empereur Julien ne saura pas obtenir le soutien de l'aristocratie "réactionnaire" romaine, celle qui même à la fin du IVème siècle saura faire entendre sa voix. Son héliocentrisme philosophique complexe reste hermétique. Julien n'était pas un archéo-païen, même s'il voulait redonner une dimension davantage républicaine au pouvoir romain, mais adepte de la théurgie, du mithraïsme et d'autres cultes de cette nature.

Dans un article de ce forum, j'ai décrit les raisons géopolitiques de l'effondrement de Rome. L'extension de la république aux peuples celtes, illyriens, daces ou germains, était la clé, mais cela impliquait pour Octavien, ou pour ses prédécesseurs, de renoncer à un empire méditerranéen pour préférer un empire européen. Rome a hésité et Rome a fait le mauvais choix, celui d'Alexandre le grand.

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Juste une précision historique de forme dans ce texte. On ne peut plus parler de Hittites après le XIIème siècle, à part en Syrie où se trouvait un royaume néo-hittite qui s'est éteint avant le IXème siècle. A l'époque d'Auguste, l'Anatolie est essentiellement composée de peuples indo-européens hellénisés à savoir des Phrygiens, des Lydiens, des Lyciens, des Cariens, des Arméniens et les Galates, celtes arrivés jusqu'au coeur de l'Asie mineure.

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Enfin, dernier point. A partir du IIIème siècle de notre ère, les forces du renouveau et de la morale romaine régénérée reprennent leur marche en avant. La décadence critiquée et exagérée par Juvénal n'est plus de mise. La natalité ne progresse guère pour autant. Mais les valeurs guerrières, autour d'empereurs issus désormais de l'armée, ont réimprégné la société. Reste le problème des Germains, reste le problème du christianisme.

Comme le dit si bien Piganiol, Constantin a trahi Rome et la civilisation romaine a été assassinée. La vision d'une Rome mourrant de la dilution des moeurs est aujourd'hui abandonnée.

De plus, dilution des moeurs ou puritanisme ont le même effet au final. D'où l'adage justifié des anciens Grecs, "rien de trop". C'est le principe d'équilibre, de cosmos donc au sens strict.

Ainsi, la comparaison de l'Europe et de Rome est-elle datée. Et je dirais que ce que l'Europe pourrait vivre demain sera bien pire que ce que jamais l'empire romain n'eut à subir.

Par ailleurs, selon moi, c'est au coeur même des ténèbres que surgit la lumière. Ce n'est donc pas à la périphérie mais au coeur même de "l'empire" que ce que j'appelle la grande involution peut se produire.
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Klingsor
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MessageSujet: Re: Un parallèle historique   Sam 2 Jan - 12:18

En l’occurrence certains des chefs barbares avaient fait leur éducation à Rome et servaient comme auxiliaires dans l’armée romaine, par la suite ils reprirent à leur compte une partie du droit et de la culture d’empire pour édifier leur royaume, voire même leur propre empire comme ce fut le cas avec Charlemagne. Paradoxalement la critique historique moderne, qui prétend à l’objectivité, se refuse à considérer cette capacité d’assimilation comme ayant son siège dans le Germen, alors que les romains faisaient eux-mêmes figure de barbares auprès des grecs et des étrusques et que force est de constater qu’ils ont su à leur tour fonder une civilisation prestigieuse en s’incorporant l’ancien monde hellénique.

Or si l’on adopte une approche scientifique, c’est à dire satisfaisant au principe de matérialisme méthodologique, il faut dégager ce substrat matériel commun aux civilisés et aux barbares, fil d’Ariane assurant la continuité lors de l’extinction de la civilisation et du passage de flambeau aux barbares.

Cela permet ainsi de distinguer les turbulences endogènes, ainsi en va t-il de l’invasion dorienne, des guerres médiques, de l’immigration gothique, des raids vickings etc... des turbulences exogènes tels les guerres puniques, l’orientalisation de l’empire, l’arabisation de la Berbérie et de la péninsule ibérique etc...

Mais une mutation endogène peut favoriser une turbulence exogène : l’exode rural et le relâchement des moeurs dans d’opulentes cités entraînant l’immigration et l’orientalisation de masse. Et les barbares du même Germen que les décadents sont en fait le principe modérateur à cette orientalisation de l’empire : « La tendance suscite sa contre-tendance jusqu'à parvenir à un équilibre plus ou moins stable ».

Par conséquent l’allogénisation que nous connaissons n’est pas la transposée de la barbarie indo-européenne du temps de l’empire romain, mais elle est la transposée de l’orientalisation de l’empire, et les barbares au sang neuf se ruant sur un empire gangrené pour objectivement en sauver la partie saine n’ont actuellement pas trouvé leur équivalent, mais l’on peut imaginer qu’il pourrait s’agir des slaves nichés fort à l’est, exclus de l’actuelle Europe et préservés ethniquement et psychiquement du fait de la rudesse du climat et des conditions de vie paysannes.

Je ne porte pas de jugement moral car cela reviendrait à inscrire mon analyse dans un cercle de croyances bourgeoises et chrétiennes fait de liberté illusoire et de providentialisme, donc contraire à l’objectivité scientifique. Un jeune européen actuel s’il est décadent ce n’est parce qu’un beau matin il a décidé d’être décadent, pas plus que l’exploité, le chômeur n’ont choisi leur sort. Il est décadent parce qu’il est le jouet de forces historiques et qu’il a été programmé pour haïr son peuple, glorifier le métissage, consommer à outrance et s’adonner aux plaisirs faciles, mais sa substance matérielle elle est une donnée objective et si elle a été programmée, polarisée d’une certaine façon elle peut tout aussi bien recouvrer son orientation initiale, de même qu’un organe malade peut recouvrer la santé. Il me faut donc tel un physicien analyser les forces et masses en présence, voir comment les unes peuvent contrebalancer les autres et en déduire l’équilibre prochain.

Prenez par exemple l’esclavage : les plus grands penseurs, philosophes et politiques de l’Antiquité ont avalisé l’esclavage, pour eux cela allait de soi, il aurait été stupide de soutenir le contraire. Mais nous, européens modernes, nous ne sommes plus capables de soutenir l’esclavage, je ne dis pas que nous ne sommes pas libres de soutenir l’esclavage, je dis bien que nous n’en sommes plus capables, car des siècles de christianisme et d’humanisme nous ont conformés, conditionnés mentalement. L’exemple que je prends n’a pas pour but de légitimer l’esclavage mais de montrer à quel point le conditionnement mental est réel et peut imprimer de véritables engrammes dans les cerveaux des générations actuelles et futures.
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Ferrier
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MessageSujet: Re: Un parallèle historique   Sam 2 Jan - 14:04

Citation :
En l’occurrence certains des chefs barbares avaient fait leur éducation à Rome et servaient comme auxiliaires dans l’armée romaine, par la suite ils reprirent à leur compte une partie du droit et de la culture d’empire pour édifier leur royaume, voire même leur propre empire comme ce fut le cas avec Charlemagne.

Mais les lois coutumières germaniques furent conservées et nous avons affaire ainsi à un droit mixte, encore plus marqué au Royaume-Uni, où le droit coutumier reste très fort face au droit dit romain.

Mais il ne fait simplement pas oublier que les droits grec, romain et germanique, ne différaient pas fondamentalement. Les lois des Douze Tables à Rome s'inscrivent ainsi pleinement dans une logique proto-républicaine qu'on retrouvera chez tous les peuples européens, d'ailleurs.

Citation :
Cela permet ainsi de distinguer les turbulences endogènes, ainsi en va t-il de l’invasion dorienne, des guerres médiques, de l’immigration gothique, des raids vickings etc... des turbulences exogènes tels les guerres puniques, l’orientalisation de l’empire, l’arabisation de la Berbérie et de la péninsule ibérique etc...

C'est une approche qui me paraît en effet tout à fait juste.

Citation :
l’exode rural et le relâchement des moeurs dans d’opulentes cités entraînant l’immigration et l’orientalisation de masse. Et les barbares du même Germen que les décadents sont en fait le principe modérateur à cette orientalisation de l’empire : « La tendance suscite sa contre-tendance jusqu'à parvenir à un équilibre plus ou moins stable ».

C'est assez vrai, d'autant plus que les invasions germaniques ont eu comme conséquence le départ des provinces européennes de tous leurs habitants issus d'Afrique et d'Asie. La Rome de 1 million d'habitants cède ainsi la place à une Rome romaine de 50.000 habitants environ mais aussi, plus étonnamment, à un renouveau étrusque jusqu'au VIème siècle de notre ère au moins, forme de résistance religieuse indigène au christianisme.

Citation :
et les barbares au sang neuf se ruant sur un empire gangrené pour objectivement en sauver la partie saine n’ont actuellement pas trouvé leur équivalent

En effet, c'est la différence fondamentale, c'est donc qu'il faut retrouver le barbare qui est en nous et qui... est toujours là. D'où le fait de trouver la bonne harmonie, la bonne musicalité, pour réveiller en chaque européen le loup qui dort.

Citation :
et si elle a été programmée, polarisée d’une certaine façon elle peut tout aussi bien recouvrer son orientation initiale, de même qu’un organe malade peut recouvrer la santé.

Oui.

Citation :
Mais nous, européens modernes, nous ne sommes plus capables de soutenir l’esclavage

Certes mais l'exemple me paraît mal choisi car l'esclavage antique, notamment, et qui concernait d'ailleurs la plupart du temps des gens de même origine (grecs ruinés, prisonniers de guerre... etc), répondait à une logique où les fonctions de travail, méprisées, étaient exercées par des travailleurs pauvres, qui comme les ouvriers européens du XIXème siècle, étaient placés dans une condition servile qui avait le seul avantage de les exonérer de l'entraînement militaire et du combat.

En fait, une analyse objective montre que les sociétés esclavagistes s'effondrent toutes du fait même de cette pratique, à l'instar du sud des USA, moins compétitif, ou de la Rome impériale. Le citoyen/soldat/paysan romain n'avait aucun besoin de l'esclavage et les valeurs traditionnelles du travail en Grèce, illustrée par l'éloge de la paysannerie chez Hésiode, montrent que pour les anciens, l'esclavage restait un mal que certains jugeaient pourtant nécessaire, et qu'à l'époque de l'âge d'or, il n'existait pas.

Ainsi, peut-on, au-delà des dimensions modernes, retrouver chez les anciens une vision parfaitement compatible.

PS: n'oublions pas que dans beaucoup de langues d'Europe, la notion de travail est lié à celle de l'esclavage, l'ouvrier moderne remplaçant le serf médiéval (du latin servus, "esclave") lui même remplaçant l'esclave antique. On peut d'une certaine manière considérer que l'esclavage en Europe n'a disparu qu'à la fin du XIXème siècle (suppression du servage en Russie en 1861).

Exemples linguistiques:
grec - esclave "doulos", travailler "douleuô"
russe - esclave "rab", travailler "rabotat'" (le mot robot vient aussi de ce terme slave, mais via le tchèque)
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