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 Elections européennes : souverainistes vs mondialistes.

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Ferrier
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MessageSujet: Elections européennes : souverainistes vs mondialistes.   Dim 15 Fév - 17:45

Elections européennes : souverainistes vs mondialistes.


    A quatre mois de l’échéance des élections européennes de 2009, le combat est déjà engagé entre les souverainistes d’un côté et les mondialistes de l’autre sur fond de crise économique, les uns prêtant à l’Union Européenne la responsabilité de tous les maux, les autres prétendant faire de l’Union Européenne une force alors qu’ils l’aliènent à une puissance étrangère, à savoir les Etats-Unis. Dans les deux cas, l’Union Européenne qu’ils combattent ou qu’ils défendent n’est pas la vraie ; tous lui prêtent des pouvoirs, des vices et des vertus, qu’elle ne possède pas. Dans cet article, en évoquant divers sujets d’actualité, nous montrerons que les deux camps antagonistes sont aussi mensongers l’un que l’autre et qu’il existe une troisième voie, répondant réellement aux problèmes posés, une voie équilibrée et juste, la voie européaniste.

    1. Du référendum irlandais.

    Un premier sujet d’opposition entre ces deux camps est celui des conséquences du non au référendum en Irlande de l’année dernière. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en tête souhaitent que les Irlandais revotent, ce qu’a accepté le taoiseach (premier ministre) Brian Cowen en proposant un nouveau référendum qui devrait avoir lieu quelques mois après les élections européennes. L’opinion irlandaise est désormais favorable à ce texte, si on en croit les sondages, à la suite de la crise économique qui a particulièrement atteint la verte Erin. En revanche, Declan Ganley, le fondateur et dirigeant du mouvement souverainiste Libertas, et Vaclav Klaus, le président de la République Tchèque, l’un comme l’autre libéraux économiquement et atlantistes politiquement, sont opposés à un nouveau vote et veulent que la volonté des Irlandais soit respectée.

    Dans cette opposition, les uns comme les autres ne regardent pas les faits tels qu’ils sont. Le premier fait c’est qu’on ne soumet pas à un référendum un texte d’une extrême complexité, rédigé par et pour des technocrates, car le peuple ne peut simplement pas répondre à la question. En revanche, on ne le consulte jamais sur les grandes orientations de l’Union Européenne, simplement parce qu’on connaît la réponse. Ainsi, aucun référendum européen n’a été proposé sur la question de l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. Les Irlandais n’ont donc pas voté non au texte du traité puisque la plupart d’entre eux ne l’ont simplement pas lu et/ou pas compris, et n’y ont pas vu un enjeu significatif. Voter oui ou non à l’euro, voter oui ou non à une présidence européenne élue au suffrage universel direct, là ce serait des questions simples admettant des réponses simples. En outre, le Traité de Lisbonne, qui au moins ne se prétend plus constitutionnel, ne mérite pas qu’on en fasse un point de fixation, puisqu’il entre simplement dans la continuité des traités précédents, certes contestables mais déjà en place.

    Les souverainistes attaquent ce texte sur ce qu’il n’est pas, à savoir que le Traité de Lisbonne n’est absolument pas d’essence fédéraliste, ce qui à nos yeux serait une vertu, qu’il n’est pas plus libéral ou moins que les traités antérieurs, qu’il ne renforce que très symboliquement les pouvoirs du parlement européen et qu’il ne changera rien au fait que ce sera à nouveau Gustavo Barroso qui sera choisi président de la Commission malgré sa médiocrité, son libéralisme mal vu en période de crise et son alignement sur Washington. Le Traité, comme son nom l’indique, reste un texte négocié entre états, ces derniers ne renonçant à aucune de leurs prérogatives nationales. Le Traité de Lisbonne symbolise l’échec de l’Union Européenne telle qu’elle est aujourd’hui dirigée. Mais ce traité est aussi dû aux Etats, encensés par les souverainistes alors qu’ils sont les principaux responsables de la situation actuelle, dans tous les domaines, de notre continent.

    2. Du retour de la France dans l’OTAN.

    Nicolas Sarkozy a souhaité récemment que la France reprenne toute sa place dans l’OTAN et participe donc non seulement à ses missions mais à son pôle décisionnel. C’est la suite logique de ce retour organisé sous Jacques Chirac au mépris des principes gaulliens. Bien évidemment, outre François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan est allé en première ligne pour dénoncer le gouvernement. Nicolas Sarkozy aura beau jeu de lui répondre qu’aujourd’hui c’est l’OTAN qui assure de fait la défense de l’Europe et que beaucoup de pays européens, et pas des moindres, n’ont aucune intention de rompre avec cette structure atlantiste. D’ailleurs la Russie elle-même cherche à éviter la crise avec l’OTAN et ce depuis l’élection du nouveau président américain. D’un côté, les mondialistes maintiennent l’Europe dans un statut de vassale des Etats-Unis d’Amérique, dépendant de ces derniers en matière de défense et d’intervention militaire. De l’autre, les souverainistes contestent cette situation mais refusent toute idée d’un transfert de souveraineté militaire à l’Union Européenne. Aucun ne veut se donner les moyens de sortir concrètement de cette vassalité. Toute Europe indépendante doit d’abord l’être militairement, ce qui implique la mise en place d’une véritable armée européenne, ce qui permettra à l’Europe d’être crédible aux yeux des populations d’Europe centrale et orientale, qui aujourd’hui n’ont confiance que dans l’OTAN, et de pouvoir s’émanciper des USA, refusant souverainement la construction de la base anti-missiles en Pologne et Tchéquie. Entre les partisans d’une armée nationale indépendante, mais impuissante, comme les gaullistes et les frontistes, et les partisans de la politique atlantiste dans le cadre de l’OTAN, nous ne choisissons pas mais rejetons les deux. Nous sommes pour une Europe souveraine et elle ne le sera qu’unifiée et dotée d’une véritable armée. La mise en commun des forces militaires du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne et de la Russie, y compris la technologie du nucléaire militaire, permettrait à l’Europe de refuser toute aide américaine, d’exiger le démantèlement des bases américaines en Europe, notamment la base géante du Kosovo, d’abroger le traité de l’Atlantique Nord, et de vivre son destin.

    Ce retour de la France au premier plan dans l’OTAN a causé un premier dégât collatéral. Le géopoliticien Aymeric Chauprade, dont on appréciera la lucidité sur la situation réelle de l’Europe, notamment au point de vue démographique et migratoire, mais dont on regrettera le refus du « pan-isme » européen en vertu de sa croyance dans les vertus miraculeuses des états-nations, a été purement et simplement licencié sous des prétextes fallacieux de son poste auprès du Centre Inter-armées de Défense parce qu’il désapprouve l’alignement du gouvernement sur les Etats-Unis. Mais il y a deux façons de faire le jeu des Etats-Unis. Il y a la méthode de Nicolas Sarkozy, c'est-à-dire le soutien officiel à la puissance outre-atlantique, mais il y a aussi la méthode des souverainistes, partisans d’une Europe divisée et opposée à toute idée d’une armée européenne, et qui ce faisant font le plus beau cadeau aux USA, l’impuissance fétichisée de l’Europe par refus de toute logique unitaire. Entre le chien qui donne la patte et le roquet qui aboie, les USA ne font pas de différence, puisque l’un comme l’autre servent leurs intérêts, les uns par soumission, les autres par impuissance.

    3. Le problème de la Banque Centrale Européenne.

    Il est assez amusant de voir les opposants de jadis à l’euro, le MPF de Villiers et le FN de Le Pen en tête, dénoncer l’indépendance de la Banque Centrale Européenne, indépendance souhaitée par le gouvernement allemand au moment de la mise en place de l’euro, réclamer un contrôle du politique sur la monnaie unique. Mais cette demande, légitime, est grotesque de leur part, puisqu’ils sont opposés à toute idée d’une Europe fédérale. Or qui pourrait contrôler la Banque Centrale Européenne si ce n’est un gouvernement européen démocratiquement élu et légitime. Pour les mondialistes, il faut maintenir et garantir cette indépendance, ce qui interdit à l’Union Européenne de mener une politique monétaire digne de ce nom. Pour les souverainistes, il faut remettre en cause cette indépendance tout en refusant de se doter des moyens réels de la contrôler. Il s’agit pour eux de décrier l’euro pour mieux mettre en avant leur volonté de retour aux monnaies nationales, illusion démagogique qu’ils entretiennent pour attirer certains électeurs abusés ou désabusés. Ils n’attaquent plus l’euro de face mais de côté.

    La seule solution pour que la Banque Centrale Européenne soit contrôlée et sa politique orientée, c’est de mettre en place un véritable gouvernement européen, ce que seuls les vrais européanistes proposent. Ni les mondialistes derrière Nicolas Sarkozy ni bien sûr les souverainistes derrière Nicolas Dupont-Aignan ou d’autres ne défendent une telle conception, puisque les uns veulent une gouvernance mondiale et les autres une gouvernance nationale.


Dernière édition par Ferrier le Dim 15 Fév - 17:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Elections européennes : souverainistes vs mondialistes.   Dim 15 Fév - 17:45

    4. Xénophobies intra-européennes et protectionnisme économique.

    Alors que le G7 s’est solennellement engagé à s’opposer à toute velléité de protectionnisme économique, et que parmi les opposants déclarés à l’Union Européenne il y a des ultra-libéraux comme Declan Ganley, Geert Wilders ou Philippe de Villiers, aucune solution n’est proposée pour protéger l’économie européenne des délocalisations et de la concurrence des pays émergents au coût salarial très inférieur.
    Les souverainistes de gauche comme de droite n’ont donc trouvé comme solution que d’attiser le rejet des travailleurs européens, comme l’ont montré les manifestations ouvrières au Royaume-Uni ces dernières semaines, sur un slogan simple, « le travail en priorité pour les travailleurs britanniques ». Il s’agissait pour les manifestants de contester l’emploi par l’entreprise Total de travailleurs italiens et portugais au détriment de l’emploi local. Cette xénophobie, d’autant plus aberrante que l’électorat populaire britannique souffre plutôt d’une crise identitaire due à la présence de plusieurs millions de personnes venues notamment des anciennes colonies. On retrouve la démagogique campagne souverainiste du méchant « plombier polonais », campagne europhobe particulièrement pathétique illustrée par le non moins europhobe Mélenchon en France, fondateur désormais du « Parti de Gauche ».

    A ceux qui dénoncent le dumping social intra-européen, dénonciation justifiée, la réponse est double. En premier lieu, il convient de mettre en place un véritable protectionnisme européen aux frontières du continent. En second lieu, il faut encourager l’harmonisation sociale européenne, et notamment l’harmonisation des salaires, en plaçant un certain nombre de garde-fous limitant les délocalisations à l’intérieur de l’Union Européenne et en combattant ceux qui veulent se servir d’honnêtes travailleurs européens contre d’autres travailleurs européens. Cette solidarité entre tous les travailleurs européens, c’est un des grands principes de l’euro-socialisme que nous défendons. Nous condamnons donc les manifestations europhobes, qui ne servent pas l’intérêt des travailleurs de notre peuple, mais nous comprenons aussi que la situation économique de beaucoup d’européens des classes populaires est dramatique. A crise économique européenne, réponse économique européenne.

    Contre les mondialistes qui ouvrent les frontières et contre les souverainistes qui veulent les fermer à l’intérieur de l’Europe, attisant ainsi des haines intra-européennes insupportables, la voie de la raison, c’est la voie européaniste, à savoir protectionnisme économique européen et harmonisation sociale européenne.

    5. La nature de l’Union Européenne.

    Le mensonge le plus significatif, tant de la part des mondialistes que des souverainistes, est celui de la nature de l'Union Européenne. Un russe du nom de Vladimir Boukovski a ainsi affirmé que l’Union Européenne était une nouvelle URSS, un projet socialiste qu’il faudrait condamner comme tel. Dire de l’Union Européenne qu’elle serait socialiste ne peut venir que d’un ultra-libéral. Nous sommes de ceux qui justement regrettons que l’Union Européenne ne soit ni fédérale ni socialiste, et qu’elle ne soit pas vraiment européenne. Lire sous la plume des souverainistes qu’elle le serait est donc triste. De la même façon, nous ne sommes pas dupes de la propagande des mondialistes affirmant que l’Union Européenne est une réussite. Les exemples de son échec sont légions et renforcent et facilitent la propagande des souverainistes.

    L’Union européenne n’est pas une Europe fédérale, encore moins une république européenne et/ou une nation, elle est une Europe des Etats, ce qui ne la différencie guère dans les faits de la fameuse « Europe des nations » dont le Front National et le MPF pour la France, le BNP et UKip pour le Royaume-Uni, sont les thuriféraires. Nicolas Sarkozy incarne remarquablement un double langage, qu’on retrouve d’une manière générale dans les « élites » occidentales, à savoir qu’il manie à la fois le discours nationaliste classique, prétendant ainsi défendre le marché automobile français, aidant des entreprises françaises au mépris des règles communautaires, et en même temps le langage communautaire. C’est l’homme qui réussit l’exploit de proposer une Union Euro-méditerranéenne, lubie néo-colonialiste inspirée par le souverainiste Henri Guaino, mais aussi délire mondialiste à la Strauss-Kahn, et qui en même temps prétend donner à l’Union Européenne une place éminente dans le monde. Le prétendu sauveur de l’Europe est en même temps son fossoyeur, la plaçant sous la botte américaine, comme le souhaitent aussi ses collègues Berlusconi, Brown, Merkel et Zapatero.

    La question de l’adhésion turque à l’Union Européenne est également un axe de différenciation entre les souverainistes et les mondialistes. On peut s’étonner que les souverainistes, opposants à l’Union Européenne, prônent le rejet de la Turquie, alors que son adhésion aurait comme conséquence de fragiliser cette même Union dont il souhaite de fait la disparition. Mais ils ont compris que l’idée européenne était forte et qu’eux-mêmes ne pouvaient pas l’attaquer directement. Les vrais européanistes sont opposés à l’adhésion turque, et on se souviendra que même de pseudo-européanistes comme Bayrou ou Badinter, ou une personnalité comme Sylvie Goulard, y sont opposés. Sarkozy et Merkel, partisans officiellement d’un partenariat privilégié comme alternative à l’adhésion, n’ont rien fait pour freiner ou empêcher que cette adhésion ait lieu dans une dizaine d’années, selon le programme prévisionnel de la Commission. En bon atlantiste, Sarkozy sait que ses maîtres américains sont de chauds partisans de cette adhésion, et Merkel sait de son côté que les voix des turcs naturalisés allemands, de plus en plus nombreux ont leur prix, ne peuvent que trahir sur cette question.

    On notera d’ailleurs ironiquement que la nouvelle idole de Villiers, le milliardaire irlandais Declan Ganley, est un chaud partisan de l’intégration turque, de même que son homologue europhobe, le polonais Lec Kaczynski.
    Les européanistes de cœur et de raison que nous sommes sont déterminés à s’opposer à toute intégration de la Turquie dans l’Union Européenne, mais tout autant de l’intégration de l’Azerbaïdjan, d’Israël ou du Maghreb à celle-ci. En revanche, pour nous, la Russie y a toute sa place et nous entendons œuvrer pour la réconciliation Union Européenne – Russie, pour un large partenariat énergétique et stratégique entre les deux, pour un système européen de défense anti-missiles mis en place avec le soutien logistique et technique de la Russie, et pour à terme l’intégration pure et simple de la Russie dans l’Union Européenne.

    A l’égard de la Russie, les mondialistes et les souverainistes se rejoignent pour la rejeter hors de l’Union Européenne, en condamnant ou en flattant les mauvais aspects du nationalisme russe, notamment sa tentation isolationniste.

    6. L’européanisme, rempart de l’Europe.

    Ces différents éléments de l’actualité ont démontré que malgré leur antagonisme farouche, souverainistes et mondialistes se rejoignaient sur bien des points, à savoir que les uns comme les autres refusent toute idée d’une Europe unifiée, indépendante et souveraine. Les premiers la rejettent au nom de la gouvernance mondiale, les seconds au nom d’un fétiche sacré, l’état-nation classique. Nous leur opposons un état-nation à l’échelle du continent, une véritable nation européenne dotée de tous les éléments du pouvoir et d’une démocratie interne solide, une nation avec son gouvernement et son armée, une nation sans la Turquie mais avec la Russie, une Europe sociale et pas libérale, une Europe au marché protégé et à la paix établie en son sein, à la réconciliation de tous les Européens, enfin pour que l’euro soit la monnaie nationale de l’Europe.

    Face à une Union Européenne cosmopolite, libérale et atlantiste, les souverainistes n’ont rien à opposer que des états-nations décadents, tout aussi cosmopolites, libéraux et atlantistes, peut-être même plus encore. Les européanistes opposent à ces deux faux ennemis une Union Européenne vraiment européenne, sociale et libérée de toute tutelle américaine.

    Thomas FERRIER
    Secrétaire Général du PSUNE
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