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 Royal sur le trône ?

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Ferrier
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MessageSujet: Royal sur le trône ?   Mar 11 Nov - 22:41

Royal sur le trône ?


Ségolène Royal va-t-elle parvenir à prendre la tête du Parti Socialiste, à devenir première secrétaire en succédant à son ex-mari ? Force est de constater que le « peuple des militants » du PS a choisi de confier les rênes du mouvement à une personnalité publique contestée, dont le talent politique reste à démontrer, ce qui en dit long sur l’état de cette formation. Sa motion a obtenu en effet 29% des suffrages, ceux-ci ne s’étant pas portés sur le contenu du dit projet, mais sur le nom de sa porte-parole. Bertrand Delanoé n’a obtenu que 25% des voix tout comme Martine Aubry, cette division des candidatures ayant fait le jeu de leur adversaire commune, et enfin Benoît Hamon, pour la gauche du parti, n’a obtenu qu’un honorable 19%.

Avec 29% des voix, Royal est certes en tête mais elle n’a pas bénéficié d’un plébiscite en sa faveur et elle ne peut pas en théorie diriger le parti par ses seules forces. La logique et l’intelligence politique auraient dû l’amener au compromis. Et c’est là que se dévoile en réalité la véritable personnalité de la candidate de 2007, qui a fait un très correct 47%, correct mais bien trop important par rapport à la « qualité » de ses prestations.

En effet, en la personne du quadra Vincent Peillon, soutien de Madame Royal, elle avait là un candidat idéal, apte à rassembler les différentes motions, et à incarner sans la menacer un premier secrétaire de qualité. Peillon n’a certes pas sur les positions qui nous tiennent à cœur la bonne réflexion, il n’arrive pas à rompre avec le libertarisme du PS sur certains sujets (flux migratoires, mœurs…), mais il est un héritier sincère de la grande tradition du socialisme français, incarnée notamment par Pierre Leroux et Jean Jaurès, auxquels il consacra à chacun une biographie. Royal aurait dû en toute logique composer avec ses adversaires et proposer un candidat de son camp mais certainement pas elle.

Or, contre toute attente, et contre ce qu’elle avait dit, voilà que Ségolène Royal brigue le poste de premier secrétaire et ne veut le céder à personne d’autre. Elle démontre là son ambition personnelle démesurée, son égotisme, dont elle semble témoigner dit-on au Conseil Régional de Poitou-Charentes, et son peu de sens tactique. En fait, Royal n’écoute qu’elle-même et agit en fonction de l’idée immédiate qui surgit en son esprit, d’une manière instinctive. Cela l’amène à dire tout et son contraire, notamment lorsqu’elle a déclaré il y a quelques semaines que « le capitalisme est mort ». Non, ce n’était pas Besancenot qui proclamait cela. Lors de la campagne des présidentielles, elle avait surpris tout le monde en demandant que chaque famille française arbore chez elle le drapeau national. Ce cocardisme, bien dans la nature d’une femme élevée dans une famille droitière, était assez hallucinant. Ségolène Royal développe donc une approche qu’on pourrait qualifier de chauvino-mondialisme. Elle fait à la fois dans le franchouillardisme le plus caricatural et dans l’apologie de ce qu’elle est seule à appeler la « France métissée ». Le mot « Europe » n’apparaît jamais dans le moindre ses discours.

Royal n’est pour moi ni socialiste ni européenne. Tout comme François Mitterrand, son modèle politique, elle a une vision de droite. Le PS se révèle au final incapable de se choisir un dirigeant issu de sa base traditionnelle, fidèle à son long héritage. Mélenchon a tiré les leçons de ce score de Royal en démissionnant du parti et en fondant, en imitant Oskar Lafontaine, un Parti de Gauche. Lafontaine en Allemagne est pourtant bien différent de Mélenchon, et est lui un vrai socialiste, comme l’est aussi l’ancien président allemand SPD Helmut Schmidt. Mélenchon, déjà raillé par Besancenot, aura du mal à faire son trou mais on saluera néanmoins son courage politique, car il en fallait pour rompre avec le vieux parti.

Ségolène Royal peut très bien au final devenir première secrétaire du PS. Elle peut aussi être choisie tête de liste du parti en 2012, même s’il y a encore beaucoup de chemin, et même si elle va devoir témoigner de réelles qualités stratégiques dont elle semble aujourd’hui dépourvue. Enfin, elle peut même gagner les élections présidentielles face à un Sarkozy qui a beaucoup déçu. Mais sa victoire ne sera en aucun cas la victoire du socialisme ou de la gauche. En fait, la gauche est aujourd’hui à rebâtir en Europe, puisque le choix pour les électeurs se résume à l’extrémisme gauchiste d’un côté et au libéralisme mou de la « gauche » traditionnelle de l’autre. Entre Gysi et Steinmeier, entre Besancenot et Royal, il faut souhaiter que naisse une troisième voie de gauche, ni gauchiste ni libérale, et cela, seul le socialisme européen tel que nous l’entendons peut l’incarner. Contre la droite drapée dans les oripeaux de la gauche défunte (Royal) et contre la « gauche » extrémiste (Besancenot), il faut que renaisse le socialisme authentique. Nous tenterons d’y contribuer.


Thomas FERRIER
Secrétaire Général du PSUNE
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