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 Demain, des partis vraiment européens ?

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MessageSujet: Demain, des partis vraiment européens ?   Mer 18 Juin - 13:37

Citation :
Union européenne : de la politique, vite !

Par Bernard Guetta

QUOTIDIEN : mercredi 18 juin 2008

La solution ne viendra pas d’en haut, mais d’en bas. Ce n’est pas que les peuples soient plus intelligents que les élites. Il y a tout autant d’aveuglements parmi les électeurs que les élus mais le fait est que les gouvernements de l’Union ne sont pas en position de la sortir de sa crise alors que les citoyens, eux, le pourraient.

Europe politique ou grand marché, Europe puissance, acteur de la scène internationale, ou zone de libre-échange régie par un droit commun, les 27 gouvernements sont trop divisés sur la finalité même de l’unification européenne pour pouvoir redéfinir ses objectifs et en refaire un projet compréhensible. Faute d’une ambition commune, ils ne peuvent pas substituer une clarté mobilisatrice à l’obscurité d’aujourd’hui, à cette confusion qui est la première cause de la défiance populaire dont souffre, logiquement, une Union dont les buts ne sont pas définis.

Cela fait déjà beaucoup mais ce n’est pas tout. Les gouvernements ne pourront pas non plus répondre à ce rejet en apportant des réponses communes, rapides et concrètes, aux problèmes quotidiens des citoyens européens. Nicolas Sarkozy a eu raison de souligner ce manque après le non des Irlandais mais, pour prendre une décision européenne, il faut voter. Il faut le faire à 27 et à l’unanimité, sur presque tous les sujets, car cette règle reste en vigueur maintenant que l’échec des deux derniers projets de traité institutionnel bloque l’extension prévue des procédures de vote à la majorité qualifiée. C’est un paradoxe mais, avec ces non successifs, les gouvernements demeurent condamnés à ce qui fait tant détester «Bruxelles» - à ces interminables marchandages dans lesquels ils doivent compter non seulement avec leurs accords passés, inscrits dans une montagne de traités incontournables, mais également avec leurs options politiques fondamentales et la diversité de leurs coalitions parlementaires.

Les gouvernements ne peuvent pas échapper, et pour longtemps peut-être, aux négociations à huis clos et aux compromis byzantins qui susciteront encore bien des non. La voie d’eau va grossir. L’Union européenne prend des allures de Titanic. Il faut sortir, d’urgence, de ce cercle vicieux et le seul moyen d’y parvenir est que les citoyens européens tranchent entre les projets en lice - Europe puissance ou Europe marché - envoient à Strasbourg, au Parlement européen, des majorités claires, élues sur la base de programmes pour l’Europe.

Si l’on ne veut pas laisser l’Union se déliter, il faut reprendre les choses à la base, former un échiquier politique européen sans lequel il n’y aura pas de démocratie européenne, ni débat politique sur l’Europe ni possibilité pour ses citoyens d’avoir prise sur ses choix, de s’y intéresser, d’y croire et non plus de la rejeter comme une machine à les priver de leur pouvoir.

Ce n’est nullement impossible. Imaginons que les courants politiques existant dans chacun des Etats s’unissent en partis paneuropéens - social-démocrate, démocrate chrétien, Vert, libéral, altermondialiste ; que ces partis paneuropéens soumettent leurs propositions aux électeurs européens ; qu’ils leur disent ce qu’ils voudraient faire de l’Union sur sa scène intérieure comme sur la scène internationale et que chacun d’entre eux ait une tête de liste, un leader commun qui l’incarne dans les 27 pays. Imaginons-le car ce serait parfaitement possible. Rien ne l’interdit dans le cadre des institutions actuelles, ni celles des nations ni celles de l’Europe. Ce ne serait qu’une question de volonté des forces politiques et l’on verrait alors les citoyens européens voter, et non plus s’abstenir, aux élections européennes car leur enjeu deviendrait aussi capital qu’évident.

En donnant la majorité à l’un ou une coalition de ces partis, les Européens choisiraient du même coup, comme dans toute démocratie parlementaire, la force qui constituerait l’exécutif européen puisque les membres et le président de la Commission doivent obtenir l’investiture du Parlement. Autant les gouvernements nationaux sont impuissants à sortir l’Europe de sa crise, autant les citoyens le pourraient mais il y a une condition à cela.

Cela ne pourra se faire que s’il y a une offre politique européenne, que si les partis nationaux deviennent européens. C’est leur responsabilité historique, celle de leurs dirigeants comme des militants qui les élisent, celle des associations, des syndicats, des journaux, de toutes les forces qui concourent à la démocratie. Ou bien nous nous résignons à ce que nos gouvernements ne puissent pas faire l’Europe, ou bien nous la faisons, par nos votes.

Bernard Guetta est membre du Conseil de surveillance de Libération.

Excellent article de fond sur les institutions européennes Exclamation
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