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 Intégration turque : menace sur l’Europe.

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Ferrier
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Localisation : Europe-Nation

MessageSujet: Intégration turque : menace sur l’Europe.   Mer 5 Mar - 22:34

Pour les opposants européanistes à l’intégration turque à l’Union Européenne, les dernières actualités ne sont pas de bonne augure. La réislamisation du pays, symbolisée par la querelle sur le voile islamique à l’université, et la répression armée contre les Kurdes, étaient deux occasions majeures de mettre fin au processus d’adhésion. Or personne n’a su rebondir. De même, le premier ministre Recep Erdogan, sur le sol même de l’Allemagne, est venu expliquer que « l’assimilation est un crime contre l’humanité », ce qui n’est pas une déclaration choquante en soi, si et seulement si il n’exigeait pas dans le même temps de la part de l’Allemagne un effort à l’égard des Turcs immigrés, y compris les naturalisés. Tout cela prouve le profond nationalisme turc, doublé dans ce cas d’islamisme auto-proclamé modéré, et dans les faits le processus d’adhésion favorise ceux qui culturellement sont les moins européens en matière culturelle.

Une autre mauvaise nouvelle s’est ajoutée, à savoir la défaite du président chypriote sortant, au profit d’un nouveau président communiste et chaud partisan d’une réunification de l’île, zone grecque et zone turque. Ce serait un premier pas du monde turc dans l’Union Européenne, en attendant la Turquie stricto sensu puis l’Azerbaïdjan, deux états non-européens mais membres du Conseil de l’Europe. Or, à moins que la Chypre grecque récupère purement et simplement la zone occupée et renvoie les Turcs installés vers la Turquie, ce qui est invraisemblable, cette réunification servirait les intérêts turcs mais évidemment pas les intérêts européens qui seraient notamment que la Turquie reste aux portes de l’Union et n’y entre pas. En revanche, une Chypre davantage hostile à la Turquie servirait la cause des vrais européanistes car elle pourrait bloquer l’adhésion finale et serait donc un véritable garde-fous, les fous étant les irresponsables de la Commission Européenne et les dirigeants européens qui ont lancé le processus en 2005.

Il est en effet irresponsable d’avoir fait des promesses, sans la moindre légitimité démocratique sur laquelle s’appuyer, au mépris de l’opinion publique majoritairement hostile à l’adhésion turque, et sous de faux prétextes. Cela amène ce pays à voir se renforcer en son sein les forces involutives cherchant à briser l’héritage kémaliste, né à une époque où l’Europe comme civilisation apparaissait encore comme un phare. Ce n’est rendre service ni à l’Union Européenne ni à la Turquie mais en revanche cela fait le jeu de la stratégie américaine en Europe, notamment le jeu des partisans d’une UE limitée à n’être qu’un simple marché comme le souhaite le gouvernement britannique par exemple.

Le PSE « social-démocrate », entre guillemets car dans les faits ni socialiste ni démocrate, soutient ainsi un processus qui détruit le CHP turc, le mouvement républicain et social héritier de Kemal Atatürk, pourtant allié de ce même PSE. En clair, la « gauche » « européenne » fait clairement le jeu, une fois de plus, du libéralisme économique et de l’atlantisme et réussit l’exploit de concilier le soutien de fait à un mouvement islamiste « modéré » avec son libertarisme moral.

Dire non à la Turquie de Recep Erdogan, c’est susciter un sursaut républicain et laïc dans ce pays, c’est refuser le principe d’un élargissement à un pays dont l’européanité est extrêmement contestable, et qui ouvrirait la porte à un détournement mondialiste du processus d’unification du continent. Alors qu’on nous annonce qu’un peuple pleinement européen comme le peuple russe resterait aux portes de l’Union, et que l’Ukraine pour le moment voit son aspiration européenne rejetée, la Turquie anatolienne y serait. Nous nous retrouverions avec entre 80 et 90 millions de Turcs et Kurdes réislamisés vers 2020, et à tenter de régler le problème kurde, ce qui amènerait l’Union Européenne à s’occuper des affaires moyen-orientales, bourbier géopolitique par excellence, ce qui dénaturerait profondément le projet européen, ad majorem gloriam Americae.


Thomas Ferrier
Secrétaire Général du PSUNE
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