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 Elections en Europe et Traité de Lisbonne (24/10/07)

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Ferrier
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MessageSujet: Elections en Europe et Traité de Lisbonne (24/10/07)   Mer 24 Oct - 17:54

Elections en Europe et Traité de Lisbonne.

La Pologne rejette le PiS des Kaczinski.

Les dernières élections législatives polonaises, deux ans après l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement mené par le PiS (« Loi et Justice »), allié au parti de gauche nationale Samoobrona Rceczpospolitej Polskiej (SRP) et au parti de droite nationale-catholique LPR, -(« Ligue des familles polonaises »), ont renversé la donne, plébiscitant la liste PO (« Plateforme des citoyens) dirigée par le libéral-conservateur Donald Tusk à plus de 41,5%, alors que le parti anciennement au pouvoir, bien que progressant par rapport à 2005, essentiellement au détriment de ses alliés, n’arrive qu’en deuxième position, à près de dix points (32,1%). Les dits alliés sont balayés, Samoobrona tombant à 1,53% et la LPR à 1,3%, alors que le PSL, « Mouvement du Peuple Polonais », progresse de deux points, et s’alliera probablement avec le PO.

Le PiS des Kaczinski a émergé en 2001, atteignant un peu moins de 10% des voix mais a connu une hausse sensible, parallèlement à l’effondrement des scores sociaux-démocrates. Alors qu’en 2004, aux élections européennes, il se contentait d’un maigre 12,7%, à la grande surprise des sondeurs, il devient en 2005 le premier parti polonais, avec 27% des voix, à trois points environ du PO de Tusk, et progresse en 2007 de cinq points, même si cette fois il est nettement distancé par ce dernier. Le parti de Tusk est également récent, puisqu’il faisait 14,1% en 2001, 24,1% en 2004 et 2005 et désormais dépasse les 40%. La progression de ces deux mouvements s’est faite d’abord au détriment de la gauche, et en 2007 en plus au détriment des gauche et droite nationales.

Le mouvement Samoobrona d’Andrej Lepper est en effet l’un des grands perdants de cette élection, avec un extrêmement médiocre score de 1,53%, auquel il faut rajouter les 0,02% d’un mouvement dissident, Samoobrona Patriotyczna (« Auto-défense Patriotique »). Ce parti a émergé en 1993 avec 2,8% des voix, puis a chuté à 0,08% en 1997 avant de susciter un véritable élan politique dès 2001. La liste SRP fait alors un surprenant 10,2%, confirmé en 2004 par un 10,8% aux élections européennes, puis en 2005 par un score de 11,4%, témoignant d’une dynamique ascensionnelle. L’alliance établie avec le PiS en 2005 fut pourtant la faute qu’il ne fallait pas commettre, alors que Samoobrona divergeait nettement de ce parti sur plusieurs thématiques, puisque Lepper ne partage pas la russophobie et l’europhobie des frères Kaczinski, et dirige un mouvement fort peu clérical, et dont certains députés sont par ailleurs proches de la gauche nationale païenne de feu Ian Stachniuk (et de feue l’Union Sociale Nationale). Après que Lepper ait été démissionné à deux reprises, la coalition a éclaté, amenant ces nouvelles élections. Samoobrona et la LPR ont même tenté de fusionner pour créer la LiS, dont le nom signifie aussi « renard », mais les deux dirigeants, Lepper et Giertych, ont été incapables en définitive de s’entendre, et tant l’électorat que l’idéologie diffèrent profondément. Le prix de ces alliances contre-nature a été de faire tomber Samoobrona à l’un de ses plus mauvais scores.

La nationale-catholique LPR paye également le prix de cette alliance, même si en revanche ce mouvement et le PiS partagent globalement la même idéologie, à savoir un extrême conservatisme clérical et un fort nationalisme polonais, ayant amené le gouvernement à la crise, particulièrement aigue avec la Russie, préoccupante avec l’Union Européenne, l’une et l’autre étant très soulagées par cet échec électoral des jumeaux Kaczinski. La LPR entre 2001 et 2005 était aux alentours de 8%, avec une pointe en 2004 avec plus de 15% des voix. On peut considérer qu’en 2007, son score de 1,3% s’explique par le fait que son électorat a très massivement soutenu le PiS, alors que ce dernier perdait quelques points en faveur du PO, et qu’on peut penser que l’électorat de Samoobrona s’est reporté plutôt vers le PSL et le PO.

Le futur probable premier ministre sera donc Donald Tusk, qui bien que libéral économiquement, a un positionnement géopolitique beaucoup plus sain qu’un Jaroslaw Kaczinski qui, le lendemain même de sa défaite, déclare que « la Russie représente toujours une menace pour la Pologne » (RN, 24/10/07). Il n’est pas un partisan convaincu de la nécessité de construire une base américaine anti-missiles dans son pays, ses premiers voyages seront pour Paris et Moscou, il a l’intention de rapatrier au plus tôt les troupes polonaises parties en Irak, tous ces éléments indiquant qu’il y a des raisons pour le moment de se réjouir de sa victoire, malgré son libéralisme économique.


La Suisse entre reflux migratoire et europhobie.


Depuis plusieurs semaines, la presse française s’alarme de ce qui devait être la probable victoire de Christoph Blocher, dirigeant du Parti du Peuple Suisse (SVP), étrangement appelé Union Démocratique du Centre en Suisse francophone, décrit comme un xénophobe et un extrémiste. Tous s’attendaient à ce qu’ils égalent son score de 2003 où avec 26,6% des voix son parti était devenu devant le Parti Socialiste Suisse le premier parti du pays, et ce alors que les media français dénoncent une violente campagne d’hostilité à l’immigration, en particulier extra-européenne, de la part de l’UDC/SVP, ce dernier ayant choisi parmi ses affiches de campagne l’image de trois moutons blancs suisses repoussant un mouton noir hors du pays.

Christoph Blocher présente depuis plusieurs années maintenant une ligne libérale économiquement et conservatrice sur le plan moral, mais également dure contre l’immigration, et enfin hostile à l’Union Européenne et à toute idée d’intégration de la Suisse en son sein, à l’instar de son équivalent norvégien, le Parti du Progrès (Fremskrittspartiet) de Carl Hagen, dirigé maintenant par la blonde Siv Jensen, et qui a fait 22,5% en 2005. Son apport pour l’UDC est incontestable, puisque ce parti, qui se présente depuis 1971 n’a commencé à dépasser les 11-12% habituels qu’il faisait jusqu’en 1995, pour ensuite arriver à 15% cette année-là, et dès 1999 être le premier parti ex-aequo avec la gauche sociale-démocrate, la dépasser en 2005 et prendre désormais dix points d’avance en 2007, avec le score de 29% des voix, score qu’aucun parti n’a jamais obtenu en Suisse depuis 1919. Pire encore, il progresse nettement en Suisse francophone, notamment à Genève et dans le canton de Vaud.

De toutes évidences, l’Union Européenne n’a pas le vent en poupe à Berne ; les Suisses lui reprochent une incapacité à s’opposer aux flux migratoires, axe sur lequel Blocher a pleinement joué, et préfèrent conserver leur traditionnelle indépendance, même s’ils ne peuvent pas totalement rejeter l’UE. On ne peut que déplorer la hausse de l’europhobie helvétique mais cela doit aussi nous interroger sur la façon dont l’Union Européenne actuelle est dirigée.


Le Traité de Lisbonne.


Le « mini-traité » puis « traité simplifié » et enfin « traité modificatif », et qui sera au final appelé Traité de Lisbonne, a enfin vu le jour. Nicolas Sarkozy, le président français, a ainsi obtenu ce qu’il souhaitait, à savoir une résolution rapide de la crise de l’UE née à la suite du double non, français et néerlandais, aux referenda sur le Traité Constitutionnel. La polémique à Paris enfle, puisque Sarkozy n’entend pas soumettre ce traité au vote des Français mais au vote des parlementaires, ce qui est en effet conforme à l’un de ses engagements de campagne. Le PS peut protester, mais c’est pourtant incontestable. Si sur la Turquie Sarkozy s’avère prudent et suscite de vrais doutes sur son intention de mettre fin au processus entamé d’intégration de ce pays à l’Union, il a en revanche respecté sa parole sur cette question.

Certes ce traité simplifié n’a pas plus de qualités que le traité précédent, mais au moins il n’usurpe pas le terme de « constitution ». C’est en effet Giscard d’Estaing qui avait souhaité présenter le traité rejeté comme une forme de constitution européenne, ce qu’il n’était pas. Cette erreur n’est pas renouvelée par le nouveau texte, et donc le terme de « constitution » est sauvé pour ceux qui comme les partisans du PSUNE souhaitent une vraie constitution européenne née d’une assemblée européenne constituante élue par tous les Européens. Ce nouveau traité apporte quelques modifications par rapport au traité de Nice, notamment la fin de la présidence tournante du Conseil Européen (remplacé par la nomination d’un président du Conseil Européen) et la mise en place d’un haut-représentant en matière d’affaires étrangères pour l’Union Européenne, ainsi qu’un léger renforcement des pouvoirs du Parlement Européen. Devrait-on faire alors à nouveau voter les Français ? Je ne le pense pas, car il y a désormais peu d’enjeux, et que de toutes façons, avec ou sans ce texte, la situation de l’Union Européenne et des Européens ne changera en rien. Ce traité n’apporte aucune réponse aux inquiétudes des citoyens, si ce n’est la mention de la notion de service public, qui pourrait servir de base un jour à la mise en place d’un service public européen, que nous appelons de nos vœux.


Thomas Ferrier

Secrétaire Général du PSUNE
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