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 L'euro-socialisme, contre le mondialisme et le nationalisme

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Ferrier
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Masculin Nombre de messages : 18530
Localisation : Europe-Nation

MessageSujet: L'euro-socialisme, contre le mondialisme et le nationalisme   Mer 20 Déc - 16:18

L’euro-socialisme, troisième voie entre le mondialisme et le nationalisme.


Elections après élections, le visage politique de l’Europe évolue de manière inquiétante, avec un développement parallèle du mondialisme politique d’une part, défendu par les partis du système, et du nationalisme europhobe d’autre part, défendu par des partis relevant essentiellement de ce qu’il est convenu d’appeler la « droite nationale ». Le referendum sur le traité constitutionnel qui a eu lieu il y a plus d’un an a démontré cette scission entre ceux qui ont voté oui par mondialisme et ceux qui ont voté non par nationalisme, le « non » europhile ayant été une réalité mais relativement marginale au sein des partisans d’un refus du texte. D’une certaine manière, les deux camps, qui se sont divisés essentiellement sur des critères sociaux, ont exprimé un vote décalé par rapport aux enjeux. La question fondamentale est de savoir si en premier lieu on veut d’une vraie constitution européenne, en second lieu de déterminer le processus pour la mettre en place, et enfin de déterminer si la « constitution » proposée était satisfaisante.

Ce que nous proposons, au PSUNE, c’est de répondre à ces trois questions de manière claire, objective, et déterminée. Nous sommes favorables à une constitution européenne, mais celle-ci ne doit pas être un traité créant une sorte de supra-constitution patronnant les constitutions des états, mais être en revanche une véritable constitution européenne remplaçant les constitutions des états, s’y substituant totalement. Il s’agit de mettre en place la constitution d’un état européen unitaire, de l’Europe-Nation tout simplement. Ensuite, le traité proposé avait été rédigé par une convention non représentative et où la démocratie était absente. Nous proposons, à rebours de cette méthode, un processus réellement démocratique, à savoir la mise en place d’une assemblée européenne constituante résultant du vote des citoyens de l’Union Européenne. Cette assemblée rédigera une constitution européenne digne de ce nom et celle-ci sera proposée par referendum à l’ensemble des citoyens à l’échelle de l’Union Européenne, et l’assemblée sera ouverte aux représentants d’autres pays européens qui ne seraient pas encore membres de l’Union, par exemple la Russie. Si les citoyens de l’Union Européenne la refusaient, une nouvelle élection aurait lieu pour mettre en place une nouvelle assemblée constituante qui rédigerait une nouvelle constitution qui serait à nouveau soumise au referendum, en conformité avec les principes démocratiques élémentaires en la matière. Enfin, la future constitution européenne devrait défendre des principes compatibles avec l’intérêt de l’Europe, au-delà de questions théoriques. Il s’agit de mettre en place une constitution qui soit protectrice vis-à-vis des citoyens, c'est-à-dire qui privilégie leurs intérêts et ne cède pas à des considérations universalistes inapplicables ou funestes. Or on a pu constater, et c’est une des raisons du triomphe du « non » au referendum en France, que les principes contenues dans ce traité étaient d’esprit libéral et mondialiste, et absolument pas européaniste. En ce sens, ce traité n’aurait fait que renforcer la crise européenne et en conséquence les votes protestataires et/ou radicaux.

Il est en effet inquiétant de constater que, alors que la grande majorité des Européens sont fondamentalement favorables à une Europe politique, pour peu qu’elle soit sociale et non libérale et qu’elle soit européenne et non mondialiste, les votes nationalistes ne cessent désormais de progresser. Alors que les renseignements généraux annoncent un vote pour Jean-Marie Le Pen au premier tour des présidentielles de 2007 aux alentours de 20 à 23%, la classe politique française semble inerte, et reste sur des propositions médiocres concernant l’avenir de l’Union. Si Nicolas Sarkozy fait preuve de davantage de courage en s’opposant explicitement à l’intégration éventuelle de la Turquie dans l’Union, s’il propose un mini-traité renforçant les pouvoirs du parlement européen, avec l’élection du président de la commission par les députés, Ségolène Royal tombe dans un populisme de base, avec une défense maladroite et caricaturale d’un modèle français dont on constate aujourd’hui toutes les failles et les carences. Elle parle notamment d’union du « national » et du « social », alors qu’il faudrait plutôt parler de l’ « européen » et du « social », et par ailleurs elle apparaît comme eurosceptique, sans doute par une croyance naïve selon laquelle c’est ainsi qu’elle pourrait récupérer une partie du vote « non » au traité.

De la même façon, dans les autres pays européens, les listes eurosceptiques et/ou europhobiques ont le vent en poupe, à l’instar de Siderov, candidat du parti nationaliste bulgare Ataka, qui est au deuxième tour des élections présidentielles de son pays. Par ailleurs, les nationalistes des pays d’Europe médiane se développent nettement, avec les succès du Parti de la Grande Roumanie de Tudor, des partis populistes polonais (Samobrona et la Ligue des Familles), ou encore de la coalition sociaux-démocrates/nationalistes en Slovaquie et des mouvements populaires anti-gouvernementaux de Hongrie. Tous ces partis, même si certains s’en défendent, attisent des querelles intra-européennes néfastes, à l’instar du MIEP hongrois ou du SNS slovaque.

Nous nous retrouvons donc dans une situation politique européenne ambivalente, avec d’une part un mondialisme qui continue d’emmener l’Europe vers un destin funeste, et on le constate avec la politique menée en Espagne ou encore en Italie actuellement, renforçant la dérive libérale et immigrationniste que nous connaissons, et d’autre part avec la montée d’un nationalisme traditionnel, hostile à toute construction européenne, et reposant sur des xénophobies typiques de la période précédant la seconde guerre mondiale. Or ces deux courants idéologiques sont aussi néfastes pour l’Europe l’un que l’autre. Pour simplifier, au niveau français, entre le binôme Sarkozy/Royal d’une part et le vote Le Pen d’autre part, il n’y a en 2007 aucune solution politique crédible et positive qui soit proposée au suffrage des électeurs.

Dans un cas, nous avons les partisans d’une « Europe » politique comme marchepied vers un état mondial, et c’est clairement la position de la commission Barroso, comme cela avait été le cas également de la commission Prodi. Et cette Europe est évidemment ultra-libérale, peu ou pas soucieuse du sort des travailleurs européens, et alignée sur la politique atlantiste de Bush. Dans le second cas, nous avons les opposants à toute Europe politique au nom de souverainismes d’un autre âge, ceux-ci prônant a minima une « Europe des nations », qui signifie seulement une Europe politiquement divisée, avec des états dont on sait leur incapacité à s’entendre, comme deux guerres civiles européennes (14-18 et 39-45) l’ont amplement démontrée, et dont on voudrait nous faire croire que cela serait désormais différent. Il suffit dans le domaine de la politique étrangère de constater une dichotomie entre les pays partisans officiellement d’une Europe européenne, le fameux axe fantasmé Paris-Berlin-Moscou, et les pays de l’Europe médiane et orientale, mais aussi de l’Europe méridionale et de la Grande-Bretagne, alignés systématiquement sur la géopolitique de Washington. Où est donc la cohérence de vue entre pays européens à laquelle les partisans d’une « Europe des nations » prétendent croire ? Il apparaît donc que le nationalisme de ces partis ne protège pas plus l’Europe que ne le fait le mondialisme.

Dès lors, il apparaît clairement que les partisans d’une véritable Europe européenne, qui soit aussi une Europe politique allant dans un même sens, et qui soit enfin une Europe sociale, ne peuvent se reconnaître ni dans le premier camp ni dans le second, l’un comme l’autre étant véritablement inopérants voire calamiteux. Or, l’européanisme que nous défendons sous le terme d’ « euro-socialisme » a les réponses politiques, sociales et économiques aux maux qui rongent notre continent, et ce en osant la politique que souhaitent en vérité une majorité de nos compatriotes.

L’Europe européenne que nous proposons est une Europe véritablement unie, un état européen, certes divisé en euro-régions correspondant aux diverses identités intra-européennes, mais qui politiquement parle d’une seule voix et cette voix n’est pas atlantiste, ni occidentaliste, mais européaniste. Les mondialistes souhaitent une Europe avec la Turquie et nous sommes opposés à l’intégration de la Turquie, comme le sont la majorité des européens. Les nationalistes maintiennent, notamment en Europe médiane et orientale, une méfiance pathologique envers le peuple russe et ses dirigeants, mais nous au contraire nous sommes résolument russophiles, et nous savons que d’une part la Russie a toute sa place dans l’Europe politique mais que d’autre part elle y est même indispensable, en raison des richesses de son territoire, celles-ci permettant à l’Europe d’être puissante, respectée et surtout indépendante.

Les mondialistes comme les nationalistes, même si certains d’entre eux font des efforts vers une politique plus sociale, défendent également un ultra-libéralisme économique européen, en particulier en Europe occidentale. Ainsi, en Grande-Bretagne, le programme du Labour Party de Blair ne se distingue en rien du nouveau programme des Tories (le parti conservateur) de Cameron qui prétend rassembler au centre. Tous sont des libéraux, y compris les souverainistes de UKip. Il n’y a pas besoin en France de signaler que c’est également le cas de Nicolas Sarkozy (UMP) et de Ségolène Royal (PS), malgré une opposition symbolique, mais aussi de Jean-Marie Le Pen (FN), dont le programme est libéral même si en revanche son électorat est populaire. Or, nous les euro-socialistes, nous sommes les seuls à oser proposer une Europe qui ne soit pas libérale mais qui soit sociale et protectionniste. Nous défendons ainsi la nécessaire harmonisation sociale du droit du travail et des salaires vers le haut. A travail égal, non seulement les hommes et les femmes doivent être payés un salaire égal, mais les Européens, qu’ils soient à Paris ou à Varsovie, doivent aussi être payés le même salaire pour le même travail. Cela brisera toute tentative patronale de profiter d’un dumping social intra-européen, et le protectionnisme économique européen que nous mettrons en place mettra fin au dumping social mondialiste, aux délocalisations, et à la concurrence déloyale des pays émergents.

Parce que nous sommes européanistes, contre les mondialistes et les nationalistes rétrogrades, parce que nous sommes socialistes, contre ce libéralisme arrogant et destructeur de notre civilisation, nous sommes en phase avec la volonté populaire. Il nous restera le plus difficile : nous faire connaître et ainsi « capitaliser » ces soutiens populaires naturels qui nous permettront de bâtir ensemble l’Europe prospère et juste de demain.


Thomas FERRIER
Secrétaire général du PSUNE


Dernière édition par Ferrier le Dim 28 Sep - 13:18, édité 3 fois
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