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 Le PSUNE, un "parti géopolitique" ?

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Sylvain
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MessageSujet: Le PSUNE, un "parti géopolitique" ?   Sam 30 Sep - 15:12

Dans le sens où le fondement de la Révolution européenne est géographique (il s’agit avant tout d’une « fusion européenne » plus que d’une simple « union », si j’ai bien compris), ne peut-on considérer le PSUNE comme un des rares « partis géopolitiques » ? En somme, le « thiriartisme » du PSUNE prévaut-il ou non sur son « socialisme », voire même sur son identitarisme ?
C’est une question qu’il me tient à cœur de poser à tous les membres car, pour n’évoquer que ce qui me rapproche du « Parti » (soyons positifs…), je me suis retrouvé dans la logique géographique qui l’anime, dans cet européanisme, si ce n’est eurasisme. (le terme ici ne renvoie pas à Douguine de manière systématique).
J’aimerais donc savoir quelle est l’importance accordée à la Géographie, et plus particulièrement à la Géopolitique, dans les idées du PSUNE : est-elle un fondement ou une orientation ?
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Ferrier
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MessageSujet: Re: Le PSUNE, un "parti géopolitique" ?   Sam 30 Sep - 15:27

C'est une question extrêmement intéressante et qui méritera une réponse soutenue. Je vais en attendant répondre plus basiquement Smile

Nous faisons dans notre démarche une place importante à la géopolitique, mais je ne dirais pas qu'elle prévaut sur notre socialisme, sur notre attachement à la démocratie ou sur notre souci de préservation de l'européanité de l'Europe. Elle fait partie d'un tout.

L'Europe est d'abord et avant tout une réalité, avant d'être une nécessité, et ce ne serait que sur ce second point que la géopolitique serait un fondement. A moins de prendre ce terme au sens large.

Le continent européen a des spécificités qui lui sont propres par rapport aux autres continents, quant à l'espace sibérien, il est un prolongement de l'Europe en raison du continuum géographique et de population entre la Russie d'Europe et la Russie-Sibérie. Ce qui n'est pas nouveau, c'était déjà le cas à l'époque des Scythes et autres peuples indo-européens nomades de langue iranienne ou tokharienne. C'est donc pour reprendre le mot de Poutine, "la grande Europe de l'Islande à l'Oural, et par extension au Pacifique". C'est donc un véritable européanisme que nous défendons et non un eurasisme.

En revanche il est vrai que dans les rapports avec les autres puissances, la géopolitique joue son rôle. Notamment le principe, que je défends, des trois pivots - grande Europe, grand Iran, grande Inde. Et en outre la distinction entre l'Europe et les colonies européennes de peuplement (USA, Australie... etc) sur le principe d'un partnership réellement isonomique.

Donc, pour te répondre nous sommes le seul parti politique actuellement à avoir une vision géopolitique cohérente et déterminée de l'Europe politique, mais nous ne sommes pas un parti géopolitique au sens strict car nous englobons de nombreux autres aspects.

Je ne sais pas si j'ai bien répondu à ton questionnement. Si tu peux préciser davantage sur des points précis celui-ci, ne te gêne pas Smile
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Sylvain
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MessageSujet: Re: Le PSUNE, un "parti géopolitique" ?   Mar 3 Oct - 12:32

Un partnership ? Avec les puissances de la Mer ? C’est là où je ne vous suis plus…
Si ces « colonies de peuplement » sont bien peuplées d’Européens, ce sont nos « meilleurs ennemis » géopolitiques par excellence, les puissance de la Mer contre celle de la Terre, le Heartland… nos ennemis (qui sont par définition, nécessaires par contraste à notre existence en tant qu’ "Europe") ne sont pas ceux qui nous ressemblent le plus ethniquement, mais ceux qui sont en position de nous contrôler… d’où ma réserve sur l’ »intégration » du Royaume-Uni, du moins tant que la monarchie (facteur unificateur et « insularisant » pour la Grande-Bretagne, alors que la conscience ethnique, comme en Irlande, est « continentalisante »), y existera.
Justement, il me paraîtrait beaucoup plus logique que la démarche du PSUNE se règle sur la nécessité géopolitique plutôt que sur un objectif non géopolitique, le rassemblement ethnique de l’Europe, ou, plus exactement, qu’il garde cet objectif en vue tout en sachant le « tronquer » face aux impératifs de la « géo-politique ». C’est pour ça que ce « partnership » ne me paraît pas envisageable : l’intérêt des anciennes « colonies », et même d’une puissance européenne, le Royaume-Uni, et disons, des thalassocraties anglo-saxonnes en général, est que l’unification du Heartland ne puisse se faire. C’est pour ça que j’ai une vision exclusivement continentale de l’Europe, n’étant pas exclu que certains espaces insulaires puissent être géopolitiquement qualifiés d’espaces à orientation continentale, l’Irlande et son ethnos celtique historiquement anti-britannique étant un bon exemple (donc, pour le Royaume-Uni, même si elle est peuplée d’Européens à part entière, il me semble qu’un rejet temporaire ou définitif s’impose, dont la fin aura pour condition la mort de l’orientation ultra-marine de cet Etat).
En somme : unifier le continent européen oui, mais ne pas oublier de définir géopolitiquement ce qu’est ce continent européen… et, s’il est vu comme un Heartland, la Grande-Bretagne, d’un point de vue géopolitique, n’est assurément pas un Etat européen.
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Ferrier
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MessageSujet: Re: Le PSUNE, un "parti géopolitique" ?   Mar 3 Oct - 13:47

Très honnêtement, je ne vois au niveau de la longue histoire en quoi la Grande-Bretagne serait différente du reste de l'Europe. C'est vrai qu'à partir de la fin du XVIème siècle (1588 et la défaite de l'invincible armada), la Grande-Bretagne a connu un développement du commerce international fort. Ce qui est aujourd'hui complètement de l'histoire ancienne. Aujourd'hui la Grande-Bretagne n'a plus rien d'une thalassocratie, elle a connu sa dernière heure avec la seconde guerre mondiale.

Or comme pour tous les pays européens, la révolution européenne se fera par les peuples contre les pseudo-élites. C'est vrai en Grande-Bretagne qui subit la même situation que le reste du continent.

Je pense que le principe de l'heartland pourrait aussi être appelé principe de l'omphalos, c'est à dire du "nombril du monde", un espace en somme de rayonnement. Dans ce cas, le heartland n'est pas forcément un espace de résistance mais est aussi un espace de reconquête. C'est ces deux aspects là qu'il faut retenir à mon sens.

Selon que l'on réussira ou pas la Grande Europe, l'attitude des autres états s'adaptera. Est-ce que les USA ont une vocation hégémonique éternelle ? Je ne le crois pas. La géopolitique doit être au service de l'idée et non être un préalable à celle-ci. La première question doit être: que veut-on. Et la seconde ensuite: que peut-on.

Citation :
l’orientation ultra-marine de cet Etat

Très honnêtement, tu en entends encore parler de l'orientation maritime de la Grande-Bretagne ? Moi, cela fait bien longtemps. Smile Tout cela appartient plus que largement au passé. Si la Grande-Bretagne a rejoint l'Union Européenne, c'est parce qu'elle n'avait pas le choix en vérité, et non pour essayer de la déstabiliser. D'ailleurs la Grande-Bretagne est le seul pays à avoir jadis incendié Washington et je doute que l'alignement de la politique britannique sur les USA soit du goût d'une majorité de britanniques. Quand on pense au succès des caricatures de Blair en toutou de Bush...

La Grande-Bretagne n'est qu'une île à faible distance du reste du continent et elle est de toutes façons sur la même plaque tectonique que le reste de l'Europe. Smile

L'erreur des deux unificateurs par la conquête de l'Europe a peut-être été de n'avoir pas réussi là où l'empire romain lui l'avait pu.

Donc, très sincèrement, je pense qu'aujourd'hui la Grande-Bretagne fait partie de l'Europe au sens strict. Je ne confonds pas les USA d'une part et la Grande-Bretagne d'autre part, ce sont deux choses bien différentes.

Reste l'attitude à avoir vis à vis des Etats-Unis. J'irais davantage dans ton sens. La première chose à faire est dans tous les cas de rejeter toute influence politique ou militaire américaine en Europe. Cela implique une main tendue très énergiquement vers la Russie, un rejet clairement signifié d'une intégration turque, le départ de toutes les bases américaines hors d'Europe, la dissolution de l'OTAN. Ensuite quand sur ce plan nous serons à égalité avec les USA, et parfaitement indépendants d'eux, c'est là où la question des relations entre la Grande Europe et les Etats-Unis pourront évoluer. En somme à partir du moment où la Grande Europe est née, il faudra voir. En attendant il est évident que les USA nous seront de toutes façons hostiles, ça c'est sûr.

Si nous sommes démocrates, et nous le sommes, c'est au peuple anglais de toutes façons de se prononcer. Le jour venu, on verra bien si la Grande-Bretagne s'associe vraiment ou pas. Et je parie qu'elle s'associera, car là encore elle n'aura pas d'alternative. Si tu as raison, nous n'aurons pas à nous opposer à ce qu'elle fusionne avec le reste de l'Europe, elle ne voudra. Sinon, elle le fera. Et je pense très sincèrement que les classes laborieuses de Grande-Bretagne, les nombreux européens non-anglais de Londres and co, les Ecossais et les Gallois nous y aideront.

C'est là où la géopolitique ne doit pas se substituer à la politique mais la compléter. Si la Grande Europe est le Heartland, la Grande-Bretagne n'en est que l'un des petits bouts le plus à l'ouest (avec l'Irlande, les Féroés et l'Islande). N'oublions pas non plus que le Groenland pourrait en faire partie aussi (dominion danois plus ou moins autonome).

Amicalement,

Thomas
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Sylvain
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MessageSujet: Re: Le PSUNE, un "parti géopolitique" ?   Mer 4 Oct - 12:51

Votre analyse vaut pour la forme, mais pour le fond, il me semble qu’elle n’est pas très conforme à la réalité : certes, l’Angleterre est une « thalassocratie déclassée » par la seconde guerre mondiale : elle était un centre insulaire ayant des périphéries insulaires (l’Irlande autrefois, toutes ces îles de par le monde qu’elle possède encore) ou continentales (Inde, bien avant Etats-Unis, etc). Le fait qu’elle soit déclassée depuis la 2GM (en fait, depuis la première) comme « centre insulaire », ne signifie pas qu’elle ait cessé d’appartenir au Croissant insulaire ceinturant le Heartland ou même, comme vous le soutenez, qu’elle s’y soit finalement intégrée : elle n’est plus qu’une périphérie, mais fait toujours partie de cette « ceinture » atlantique : son centre, les Etats-Unis. L’Europe de l’Ouest est aussi actuellement une périphérie de ce nouveau centre « insulaire » (car dominant avant tout les mers) que sont les Etats-Unis, mais à titre secondaire (en attendant de l’être à temps plein). L’Angleterre (j’emploie volontairement le terme d’Angleterre comme région ayant centralisé la Grande-Bretagne autour d’elle) est d’ailleurs le meilleur avocat, au sein des institutions européennes, de principes soi-disant « économiques » (libre-échange, ouverture douanière, prédominance de l’OTAN dans les affaires européennes relatives à la Défense), en fait purement politiques, qui sont l’outil de la Ceinture atlantique de Washington pour exercer une domination politique sur le Coastland ouest-européen. Thalassocratie qui s’est certes transférée d’un ancien centre au nouveau, mais qui n’a finalement pas changé de nature – thalassocratie anglo-saxonne.
La soi-disant réorientation du Royaume-Uni vers le Continent depuis les années 60 est donc, plus profondément, un changement à l’anglaise : réorientation dans la forme, mais entêtement dans le fond : si McMillan prononce en 1960 le fameux discours sur le « vent du Changement », il n’hésite pourtant pas, deux ans plus tard, à transférer de facto le commandement de ses forces nucléaires aux USA de Kennedy, manquant de peu de forcer la France à faire la même chose (d’où ma conviction que de Gaulle a été, plus qu’un grand homme, un grand écrivain ou un grand souverainiste, un grand géopoliticien, un rempart continental). L’entrée du Royaume-Uni dans l’UE n’est pas un triomphe continental, c’est même l’inverse : c’est une percée des Etats-Unis contre nous autres Carolingiens, l’Angleterre – je vous rejoins là-dessus – n’étant plus, ipsa, que l’ombre d’elle-même, ou plus exactement, le bras européen de l’Amérique, en termes de puissance. J’insiste donc pour dire que la fin d’une thalassocratie-puissance n’entraîne pas, dans le cas anglais, la fin de la thalassocratie, mais la venue d’une thalassocratie-servitium, où le Royaume-Uni n’est plus le maître du jeu, du « Grand Jeu », mais le jeu du Maître – devinez qui. Je pense donc, au contraire, que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, sont aujourd’hui, précisément, une seule et même chose : la seule différence, c’est que l’apparent mariage entre Britannia et l’Europe conforte cette dernière dans l’illusion de se continentaliser et de se renforcer, alors même que, justement, l’intégration de la Grande-Bretagne est une manifestation du contraire. Plus que jamais le Heartland est divisé ; et dans peu de temps, si personne n’ouvre les yeux, il sera uni (Russie comprise) sous le joug des puissances insulaires (appelez-les anglo-saxonnes, américaine, ou américaine-suprabritannique, ou hypobritannique, comme il vous plaira), qui partaient pourtant moins puissantes que le continent, mais auront eu raison de lui par sa division - divide ut imperes, ce n'est pas nouveau.
Voilà tordu le cou de la perfide Albion.

Voici maintenant ou je veux en venir, le cas du Royaume-Uni actuel n’étant que l’ombre chinoise de la situation présente de l’Europe, qui croit s’unir pour la force alors qu’elle s’unit dans l’asservissement – l’Angleterre comme outil et donc partie intégrante de la nouvelle thalassocratie n’y étant pas pour rien. Votre vision très historique et archéofuturiste est, géopolitiquement parlant, à la fois extrêmement salutaire et extrêmement mortelle pour l’Europe : extrêmement salutaire parce que ce n’est qu’en nous retrouvant nous-même dans notre passé civilisationnel d’Européens que nous redeviendrons Européens culturellement et étatiquement, et extrêmement mortelle parce que la rigueur systématique d’une idée fixe, et sa pureté – forcément naïve, en politique – métaphysique, risquent de la faire tomber dans le piège que nous tendent nos adversaires du moment (j’ai sans doute commis une erreur en disant « ennemis » dans mon précédent post, on n’a pas d’amis ou d’ennemis, seulement des alliés ou des adversaires, et le jeu de la guerre comme de la politique est de savoir ne pas se tromper sur l’identité des uns et les autres, a dit Clausewitz…). Soyez un peu moins historien, un peu plus intempestif… Je ne mets pas la politique avant la géopolitique, ni l’inverse, je les confonds… Pour l’Histoire, elle se doit d’être héroïque, pas analytique. Les Anglais se la jouent à la Ganelon, ils sont les « nôtres » passés à l’ennemi. A l’Europe d’être Roland.

Mille excuses pour la longueur du message.
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Ferrier
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MessageSujet: Re: Le PSUNE, un "parti géopolitique" ?   Mer 4 Oct - 13:27

Citation :
certes, l’Angleterre est une « thalassocratie déclassée » par la seconde guerre mondiale

C'est plus qu'un simple déclassement et leur dernier adversaire continental avait d'ailleurs prédit l'effondrement définitif de sa puissance. L'Angleterre est revenue dans le giron continental de fait, l'anomalie commencée au XVIème siècle (et dû en grande partie à la guerre de cent ans, au niveau psychologique) a pris fin.

Citation :
: elle était un centre insulaire ayant des périphéries insulaires (l’Irlande autrefois, toutes ces îles de par le monde qu’elle possède encore) ou continentales (Inde, bien avant Etats-Unis, etc).


La France aussi, dans ce cas là.

Citation :
L’Angleterre (j’emploie volontairement le terme d’Angleterre comme région ayant centralisé la Grande-Bretagne autour d’elle) est d’ailleurs le meilleur avocat, au sein des institutions européennes, de principes soi-disant « économiques » (libre-échange, ouverture douanière, prédominance de l’OTAN dans les affaires européennes relatives à la Défense), en fait purement politiques, qui sont l’outil de la Ceinture atlantique de Washington pour exercer une domination politique sur le Coastland ouest-européen. Thalassocratie qui s’est certes transférée d’un ancien centre au nouveau, mais qui n’a finalement pas changé de nature – thalassocratie anglo-saxonne.


Je pense qu'en fait le libéralisme économique de l'Europe n'est pas tant dû à l'impérialisme américain qu'à un mal déjà établi depuis longtemps en son sein. Quand une société est affaiblie, ou décadente, elle attrape des maladies.

La stratégie américaine est plus basique que cela; il s'agit juste de la tactique du "croque en jambe", c'est à dire de faire chuter l'Europe, pour éviter d'avoir un concurrent fort et même dominant en face de soi. Le "diviser pour mieux règner" version XXIème siècle.

En somme, ce que j'essaie de dire, c'est qu'avant le XVème siècle, le "heartland" n'était nullement menacé par une thalassocratie, puisque la menace venait plutôt des Mongols qui surent s'en emparer, au détriment des Iraniens nomades.

Citation :
La soi-disant réorientation du Royaume-Uni vers le Continent depuis les années 60 est donc, plus profondément, un changement à l’anglaise


Probable au niveau des élites dirigeantes, oui, mais pas au niveau du peuple lui-même qui se sent pleinement européen, et l'est en vérité. Or je ne me place pas dans la logique des élites, que je vois comme profondément corrompues et ce dans toute l'Europe.

Citation :
L’entrée du Royaume-Uni dans l’UE n’est pas un triomphe continental, c’est même l’inverse : c’est une percée des Etats-Unis contre nous autres Carolingiens, l’Angleterre – je vous rejoins là-dessus – n’étant plus, ipsa, que l’ombre d’elle-même, ou plus exactement, le bras européen de l’Amérique, en termes de puissance.


C'est ce que pensait le général De Gaulle, en tout cas.

Citation :
Je pense donc, au contraire, que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, sont aujourd’hui, précisément, une seule et même chose : la seule différence, c’est que l’apparent mariage entre Britannia et l’Europe conforte cette dernière dans l’illusion de se continentaliser et de se renforcer, alors même que, justement, l’intégration de la Grande-Bretagne est une manifestation du contraire.


Je ne raisonne pas tant en terme de pays qu'en terme de peuple. La haine, viscérale, des Britanniques moyens et populaires, pour les USA, est aussi une réalité. Et les sondages d'opinion, qu'ils valent ce qu'ils valent, en attestent. L'opinion britannique est globalement à l'unisson du reste de l'Europe, et sa situation politique est totalement analogue. Ainsi, si dans la réflexion, on s'intéresse aux données culturelles, politiques et idéologiques, on constate que la Grande-Bretagne n'est pas un complice, ni un valet, mais une victime, comme le reste de l'Europe.

Citation :
mais auront eu raison de lui par sa division - divide ut imperes, ce n'est pas nouveau.
Voilà tordu le cou de la perfide Albion.

Je ne crois pas en fait à une telle évolution, je pense en plus que les USA sont un colosse aux pieds d'argile, que leur force n'est qu'apparence. Ils maintiennent l'Europe sous une forme de domination, certes, mais n'est esclave que celui qui n'a plus le courage d'être libre. Si l'Europe est vassale, ce n'est que par sa faute, et si elle se libère, ce sera par une volonté retrouvée et les USA en prendront acte.

Et si à l'arrivée nous échouions, nous ne serions pas des vassaux des USA, nous ne serions plus qu'une société fragmentée et brisée jusqu'à ce qu'un nouvel empire "mongol" voie le jour en Asie et déferle sur nous.

Pour le reste, les USA ne voulaient pas intervenir en 1914-1918, mais certains ont fait appel à eux. Qu'après, ils y aient pris goût, ce n'est nullement étonnant.

Citation :
Votre vision très historique et archéofuturiste est, géopolitiquement parlant, à la fois extrêmement salutaire et extrêmement mortelle pour l’Europe : extrêmement salutaire parce que ce n’est qu’en nous retrouvant nous-même dans notre passé civilisationnel d’Européens que nous redeviendrons Européens culturellement et étatiquement, et extrêmement mortelle parce que la rigueur systématique d’une idée fixe, et sa pureté – forcément naïve, en politique – métaphysique, risquent de la faire tomber dans le piège que nous tendent nos adversaires du moment (j’ai sans doute commis une erreur en disant « ennemis » dans mon précédent post, on n’a pas d’amis ou d’ennemis, seulement des alliés ou des adversaires, et le jeu de la guerre comme de la politique est de savoir ne pas se tromper sur l’identité des uns et les autres, a dit Clausewitz…). Soyez un peu moins historien, un peu plus intempestif… Je ne mets pas la politique avant la géopolitique, ni l’inverse, je les confonds… Pour l’Histoire, elle se doit d’être héroïque, pas analytique. Les Anglais se la jouent à la Ganelon, ils sont les « nôtres » passés à l’ennemi. A l’Europe d’être Roland.

C'est au bord du précipice et par une prise de risque maximale que vient le salut. Or on ne réveillera pas l'Europe à coups de géopolitique mais en suscitant un idéal salutaire commun. Cela ne supprime pas tout pragmatisme, bien entendu. Quant à l'héroïsme, qui est extrêmement séduisant en apparence, j'en suis largement revenu. Les grands conquérants ont-ils fait plus de bien que de mal ? J'en viens à penser qu'ils ont fait plus de mal qu'autre chose. Si les Grecs ont fait de la prudence l'un des éléments de la sagesse, ce n'est sans doute pas pour rien. Il faut donc être équilibré entre Athéna (la prudence) et Arès (l'aventure).

En conclusion de ton message long mais très intéressant, je dirais qu'au-delà de ces adversaires, le pire ennemi est effectivement en nous, les Européens. Et que c'est notre faiblesse qui attire les convoitises. Quand un adversaire est à terre, on lui donne des coups de pied; c'est ce que font les USA. Ceux-ci ne sont responsables ni de 14-18 ni de 39-45, ils n'ont fait que profiter de nos erreurs. Et les anglais n'ont en ce sens en rien différé des autres européens, ils ont commis les mêmes erreurs et participé aux mêmes conflits. Que son insularité l'ait protégée (relativement, si on songe à 39-45) ne change rien à cette donnée. Et tu le reconnais aussi en plaçant 1918 comme date de la fin de la Grande-Bretagne.

Amicalement, Smile

Thomas


Dernière édition par le Mer 4 Oct - 13:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le PSUNE, un "parti géopolitique" ?   Mer 4 Oct - 13:38

Je précise que quand De Gaulle parlait de l'Europe de l'Islande à l'Oural, il incluait la Grande-Bretagne dans son "Europe européenne", distinguant la politique britannique de son temps (atlanto-européiste) et la Grande-Bretagne en général en tant que pays européen de fait. Est-ce que les dirigeants britanniques actuels sont pro-européens ? Non, c'est bien sûr que non. Est-ce que les dirigeants des autres pays d'Europe, à part Poutine bien sûr, sont pro-européens ? Pas plus.

Ce qui sert les intérêts des USA, c'est la division de l'Europe due aux souverainistes aveugles en même temps que la fausse unification européenne que mettent en oeuvre les cosmocrates. Nous devons incarner une troisième voie entre l'euro-mondialisme d'une part et le nationalisme souverainiste d'autre part. Très difficile. Mais indispensable. Et c'est en cela que ce combat est héroïque.

Et justement je ne jouerai pas le jeu de la division entre Européens, même si c'était celle de toute l'Europe continentale contre la Grande-Bretagne. Si nous ne pouvons convaincre un peuple européen comme le peuple anglais, même contre ses dirigeants, c'est que l'Europe que nous proposons est incapable de susciter l'enthousiasme. C'est que nous aurions merdé quelque part.

Amicalement,

Thomas
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MessageSujet: Re: Le PSUNE, un "parti géopolitique" ?   Aujourd'hui à 4:09

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