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 La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux

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Ferrier
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MessageSujet: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Dim 3 Sep - 16:52

Citation :
La religion des Indo-Européens.


Contrairement à l’idée originelle que les historiens du XIXème siècle pouvaient se faire des anciens Indo-européens, vus comme de nobles mais frustes guerriers, à la religion dépouillée et sans prêtres, les anciens Indo-Européens ou Aryens (IE Aryôs) étaient plutôt des guerriers-paysans, une version probablement archaïque du soldat-paysan romain de la République, qui possédaient plusieurs collèges de prêtres, sans que l’on sache si ceux-ci étaient des citoyens élus à une fonction sacerdotale ou bien une sorte de druides archaïques. En tout cas, plusieurs termes pour désigner les prêtres de la religion polythéiste indo-européenne ont pu être reconstitués. Le nom générique du prêtre était le IE Bhlagmen, nom que l’on retrouve dans celui du flamen romain et celui du brahman indien. Mais le prêtre pouvait aussi être un IE Watis, c'est-à-dire un poète et/ou un prophète, un « inspiré » en contact avec les divinités. Il était également « le verseur » des libations, IE Gheuter, terme que l’on retrouve chez le gutuater celte, le godi germanique, le hotar indien ou encore le zaotar iranien. Enfin, il était le IE Bhertor, le « porteur » des objets sacrés. Il est quasiment sûr que le Bhlagmen et le Watis étaient deux fonctions différentes ; il semble que les autres termes désignaient soit des assistants du prêtre, soit le prêtre lui-même. Plusieurs peuples indo-européens ont cependant perdu le nom indo-européen originel du prêtre. Ainsi le prêtre iranien est le magus, de IE magh-, « être capable de », alors que le prêtre slave est le volkhv, le prêtre balte étant le kryvis. Enfin, les Celtes possédaient un collège sacerdotal formé de druides, c'est-à-dire des « très savants », dru-uid-es.

Une autre illusion est de penser que le panthéon indo-européen originel aurait été très sommaire, avec quelques grands dieux mâles et très peu de déesses. L’idée qu’on retrouve encore dans les travaux de Marija Gimbutas aurait été que le panthéon classique notamment aurait été le fruit d’une fusion entre des dieux indo-européens et des déesses indo-européennes. Nous verrons qu’il n’en a rien été et que les Indo-européens avaient déjà dans leur panthéon d’origine aussi bien des dieux que des déesses, ceux-là même que sous d’autres noms nous trouvons chez les peuples indo-européens historiques.

Le dieu le plus connu est IE Dyeus Pater, le « ciel diurne père », dieu suprême des Indo-européens, à la fois garant de l’ IE Artus, l’ordre cosmique, et en même temps fondateur, IE Dhetis. Son nom a été conservé chez de nombreux peuples indo-européens, sous les traits du Zeus grec, du Jupiter (Dius Pater) romain, du Tius/Tyr germanique, du Sius hittite ou encore du Dyaus védique. On retrouve également son nom mais dans un rôle dérisoire sous les traits du Dyaoš iranien ou encore du Div slave, nom désignant le dieu céleste slave par ailleurs appelé Rod ou Svarog. En Albanie, on pourrait retrouver son nom sous la forme de Zot ou encore En, deux noms désignant aujourd’hui le dieu chrétien. En revanche, les Celtes ont abandonné ce nom mais on peut penser que le dieu Lugus (irlandais Lugh), dont le nom signifie « le lumineux », ou encore le dieu Dagodevos (irlandais Dagda), dont le nom signifie « le bon dieu », pourraient être les deux avatars du IE Dyeus indo-européen. IE Dyeus à l’origine n’était pas le dieu tonnant qu’on imagine en songeant à Zeus, mais il était père et roi des dieux comme lui, IE Pater et IE Regs, dans une position souveraine incompatible avec celle d’un simple dieu de l’orage. IE Dyeus était probablement le petit-fils d’un dieu créateur, IE Yanos, le dieu des commencements, qu’on retrouve chez le Janus latin et le Jānis balte, mais aussi le fils d’un dieu solaire et qui avait sans doute un rôle de dieu des semailles, IE Sawətor (slave Sytivrat, sanscrit Savitar, latin Saturnus), qui correspond sans doute au Cronos grec. Il est également difficile de savoir quel était le lien mythique entre IE Dyeus et un dieu indo-européen de la morale mais aussi un dieu magicien, IE Worunos (balte Velnias, slave Volos, grec Ouranos, sanscrit Varuna, iranien Varena, germanique Vörnir).

IE Dyeus était l’époux de la déesse de la terre, la « Terre-Mère », IE Dheghom Mater (grec Dêo Mêtêr = Dêmêtêr, slave Mat’ Zemlija, lituanienne Zemyna, lettone Zemes Mate, iranienne Zamyat), dont le nom était également IE Peltawi (celte Litavis, indienne Prthvi), « celle qui est plate », mais aussi IE Era (germanique Erda/Jörd), désignant la terre cultivée, et enfin IE Teresa (latin Terra). Elle était la déesse de la terre, de la fécondité de la terre, de la fertilité des champs, de l’agriculture, mais aussi la protectrice des femmes, et plus particulièrement des mères. Elle pouvait également apparaître comme une déesse du destin, sous la forme des trois fileuses (Moirai en grec, Parcae en latin, Nornr en norrois, Laumes baltes), et par extension de la mort. Le royaume des morts, IE Kolyos (germanique Hel), portait le nom de la déesse qui le présidait et qui était sans doute une hypostase de la déesse de la terre. A ses côtés, il devait y avoir le premier homme divinisé, devenu le souverain des enfers, IE Yemos (sanscrit Yama, iranien Yima), sans doute appelé également IE Orkos (latin Orcus), et dont la figure se retrouve aussi sous les traits du Meduris celte, du Vyi slave, du Pikulis balte et de l’Hadès grec.

Un autre dieu indo-européen important était le dieu du soleil, qui chez certains peuples indo-européens septentrionaux finit par devenir une déesse, IE Sawel, mais qui visiblement portait également des épiclèses,comme IE Bhelonos, « le dieu fort » (germanique Baldr, celte Belenos, grec Apollon [?]), et finalement cette divinité a fini par se dédoubler avec son épiclèse, comme ce fut le cas chez les Germains ou les Grecs. IE Sawel a abouti à l’Hêlios grec, au Sol latin, à la Sul germanique, au Sauelios celte, à la Saulè balte, au Hors slave, au Hvar iranien et au Surya indien. Une autre épiclèse pourrait très bien avoir été IE Meytros (iranien Miθra, sanscrit Mitra, slave Mir, arménien Mehr), le dieu garant des contrats et des serments, puisque le dieu du soleil est généralement lié à la justice. En revanche, IE Bhelonos a abouti, outre les trois divinités mentionnées, au dieu slave Dazbog. Enfin, IE Sawel portait également un autre nom, plus poétique, IE Arewos (arménien Arev, sanscrit Ravi).

Enfin le troisième dieu le plus important après *Dyeus et *Sawel est le dieu de la deuxième fonction indo-européenne, la fonction guerrière, et il dispose également de l’arme la plus puissante, la foudre, symbolisée par une arme de jet qu’on retrouve dans le Mjöllnir germanique et le Vajra indien. Ce dieu porte de nombreux noms même si son nom le plus sacré semble avoir été IE Maworts (g. Mawortos), nom que l’on retrouve dans le Mars /Mavors romain, le Marut indien (surnom d’Indra) ou encore dans le balte Martins, dieu protecteur du pays. Ce dieu était à la fois le maître des champs de bataille et le maître des nuées, mais aussi un dieu de la fécondité masculine, connu pour ses conquêtes féminines. C’est pourquoi il portait de nombreuses épiclèses qui devinrent par la suite son nouveau nom chez les divers peuples indo-européens. Il était également IE Yendros (indien Indra, iranien Indar), « le puissant », mais aussi IE Aryos (grec Arês), « le noble », IE Perkunos (slave Perun, germanique Fjörgyn, balte Perkunas, albanais Perëndi), « le frappeur », et enfin IE Taronos (celte Taranus, scandinave Þór, hittite Tahrun), « le tonnant ». Le dieu de la guerre était le protecteur du peuple, de la tribu (IE Teuta), alors qu’un dieu spécifique protégeait les traditions des peuples « aryens », IE Aryomen (sanscrit Aryaman, iranien Airyaman, irlandais Eremon, germanique Irmin). On retrouve enfin la figure du dieu guerrier dans les avatars de l’indo-iranien Indra, comme l’iranien Vərəθraγna et l’arménien Vahagn.

IE Marut avait comme épouse la seconde déesse la plus importante dans la hiérarchie, et qui était celle de l’aurore et de l’amour, alternant comme son époux une fonction naturelle et une fonction humaine. Dans son premier rôle elle portait le nom d’ IE Ausos (grec Eôs, latin Aurora, germanique Ostara, celte Etain [ ?], balte Ausrinè, iranien Ushah, sanscrit Ushas, arménien Astlik), « l’aurore », et dans second celui de IE Venus (germanique Vanadis, latin Venus, irlandais Aine), « le désir », qui était également appelé d’un nom synonyme qui était probablement IE Raθa ou Laθa (grec Lêda, slave Lada, sanscrit Rati, iranien Rata). D’autres divinités du monde indo-européen seront les héritières de cette déesse de l’aurore, comme Athéna en Grèce, Freyja (indo-européen IE priyota, « chérie ») chez les Scandinaves, Morrigan chez les Celtes, Zorya chez les Slaves. La déesse de l’amour, symbolisée par la couleur rouge, n’était pas une déesse nécessairement pacifique car elle disposait aussi d’un rôle guerrier aux côtés de son époux. Elle a pu également être la déesse des chevaux, IE Ekwona (celte Epona), ce qui expliquerait l’absence de déesse de l’amour au sens strict dans le panthéon celte. Elle aurait été également la mère, avec son époux, d’un petit dieu de l’amour, l’archer IE Kangos (sanscrit Kama, iranien Kam, celte Angus, germanique Ing), et que l’on retrouve sous les traits d’Erôs en Grèce, de Cupidon à Rome, de Lel chez les Slaves. Ajoutons enfin qu’Aphrodite, héritière de cette même déesse, et dont le nom est généralement rapproché de celui de la déesse ouest-sémitique Ashtoreth (Astarté), est probablement indo-européen car on le retrouve sous la forme des Apsaras, nymphes sorties des eaux vivant sur le mont Meru sur lequel règne Indra.

Une autre déesse, qui devint parfois un dieu chez certains peuples, était celle de la lune, et elle portait les noms de IE Mens (grec Menê, germanique Mani, lituanien Menulis, letton Menuo, slave Messiatz, iranien Mah, sanscrit Mas) ou encore de l’IE Leuksna (grec Selênê, latin Luna, arménien Lusin), « la lumineuse ». Elle disposait elle aussi d’un rôle guerrier et elle était la sœur du dieu du soleil, sœur et parfois épouse en même temps. On retrouve ce couple primitif dans celui formé par Apollon et sa sœur Artémis, qui est l’héritière d’une déesse des bêtes sauvages, une déesse-ourse du nom probablement d’IE Arktona (celte Artio, slave Artemis), et dont on aurait retrouvé la trace dans une inscription très ancienne de Vinca, datant du VIème millénaire avant notre ère.

Enfin, parmi les grands dieux, on retrouve le maître du feu, le forgeron des dieux (IE Dhabher). Le dieu du feu portait divers noms désignant l’élément qu’il patronnait, notamment IE Egnis (sanscrit Agni, latin ignis), IE Ates (iranien Atar), ou encore IE Pur (hittite Pahhur, grec pûr), mais qui aurait également porté le nom de IE Wulkanos (latin Vulcanus, scandinave Völundr). Par la suite, ce dieu, sans doute en raison d’un tabou religieux, a pris divers noms désignant le dieu forgeron comme le grec Hêphaistos, l’irlandais Goibniu, l’iranien Tashan ou encore l’indien Tvashtar. Il avait très probablement comme épouse la déesse du foyer, IE Westya (latin Vesta, grec Hestia, iranien Vivahvat, sanscrit Vivasvat).


Dernière édition par Ferrier le Dim 18 Jan - 1:33, édité 3 fois
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Ferrier
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Dim 3 Sep - 16:52

Citation :
De nombreuses autres divinités existaient à leurs côtés et je vais en donner un bref résumé :

--- IE Nebhtus (latin Neptunus, irlandais Nechtan, germanique Njordhr) ou encore IE Akwōm Nepots (iranien/sancrit Apam Napat, proche également du germanique Aegir, de l’IE akwa, « eau »), « le neveu des eaux » : il s’agissait d’un dieu des mers et des fleuves et rivières, plus généralement le « maître des eaux » (sans du grec Poseidôn). Il était probablement l’époux de la déesse spécifique des rivières, IE Don, qui a ensuite donné son nom à des fleuves européens célèbres comme le Dôn et le Danube.

--- IE Yera (grec Hêra = latin Iuno, « nouvelle année »), déesse de la belle saison, une autre épouse du dieu du ciel et en ce sens une autre incarnation de la déesse de la terre.

--- IE Pauson (grec Pân, sanscrit Pushan, lituanien Puskaitis) : il s’agissait d’un dieu de l’élevage et des chemins, un dieu guide plus généralement, et probablement conducteur des morts. Il était sans doute le dieu du commerce et ainsi l’homologue du grec Hermês, père de Pan dans la mythologie, ou encore du latin Mercure (de IE merk-, « acheter »). Il était assisté d’une déesse des troupeaux et notamment des bovins, du nom d’IE Gwouwinda.

--- IE Weyus (grec Aiolos, latin Vejovis/Ventus, celte Auelos, scandinave Vindr, iranien Vahyu, sanscrit Vayu, balte Vejas) : il s’agissait du dieu du vent et de la tempête, un compagnon du dieu guerrier, et qu’on pourrait retrouver dans le dieu germanique Wotan/Odhinn.

--- IE Diwos Sunewês, les fils de IE Dyeus : on reconnaît sous leurs traits les Dioscures grecs, les jumeaux divins présidant à la troisième fonction indo-européenne et dieux cavaliers. Il s’agit bien sûr de Castor et Polydeucès en Grèce, de Romulus et Remus à Rome, des Alcis ou « élans » en Germanie ou encore des Asvins ou « dieux chevaux » en Inde.

--- IE Nokts (sanscrit Nakta, grec Nyx, scandinave Nott, latin Nox), la déesse de la nuit. Un autre nom poétique existait peut-être, en raison du rapprochement entre la déesse de la nuit védique Ratri et la déesse grecque Lêtô, mère d’Apollon.

--- IE Swel(a)nos (grec Silênos, latin Silvanus), le dieu des forêts.

--- IE Kerənos (celte Cernunnos, latin Hernè) : il s’agit du dieu cornu, un dieu de la fécondité et de la fertilité, qui par la suite prit les fonctions de dieu du vin. Derrière ce nom, on retrouve le dieu du sôma des Indo-iraniens (sanscrit Soma, iranien Haoma), le dieu de la vigne et du vin des Gréco-romains (grec Dionysos, latin Liber).

--- IE Paywon (grec Peôn) [ ?] : il s’agirait peut-être du dieu de la médecine des Indo-européens, dieu que l’on retrouve sous les traits par la suite d’Asclêpios/Esculape dans le monde gréco-romain, du Diancecht celte ou du Dhanvantari indien.


Contrairement à la thèse de Martin Bernal dans « Black Athena » qui prétendait que seul Zeus était un dieu indo-européen et que tous les autres dieux et déesses venaient du monde sémitique et/ou égyptien, en fait l’ensemble du panthéon grec semble bien indo-européen, jusqu’à Ilythie dont le nom signifierait « la libératrice » [des femmes en couche], de l’indo-européen (e)leudheros, « libre ». Le panthéon des Indo-européens n’était donc guère différent de celui de leurs héritiers européens notamment de l’époque classique puis médiévale, dans les pays non encore christianisés. Il est même possible que les Indo-européens aient eu des temples, IE tem- (grec temenos, latin templum), en plus de sanctuaires et d’autels, et de statues de bois. La découverte de centaines de temples en Europe centrale incite à le penser.

Le système trifonctionnel indo-européen mis en évidence par Dumézil ne signifiait pas nécessairement qu’il ait été appliqué dans la société indo-européenne, car rien ne permet d’affirmer qu’il existait une caste sacerdotale digne de ce nom, et que guerriers et paysans étaient séparés et non pas et l’un et l’autre, selon les circonstances, comme à Rome ou en Grèce. Il y avait d’ailleurs très probablement une assemblée du peuple, du IE damos, sorte de démocratie avant l’heure, car le roi indo-européen, IE regs, était probablement une forme de chef de l’état, chargé de fonctions surtout religieuses et juridiques, aux côtés duquel existait peut-être un chef de guerre, un IE deuks, formant une bipolarité comme en Grèce mycénienne le formaient le qa-si-re-u et le ra-wa-ke-ta (le basileus et le lawagetas ou « conducteur du peuple »). En revanche, sur un plan religieux, le schéma existait bien et formaient une triade cohérente formée du dieu du ciel, de la déesse de la terre et entre les deux de leur fils (et de son épouse) le dieu de l’orage et de la guerre, dieu qui incarnait le ciel intermédiaire aussi bien que l’axe du monde (chêne ou montagne) et dont la couleur était le rouge, par opposition au blanc symbolisant son père et au noir symbolisant sa mère. Ce ciel rouge était l’IE regwos, lieu privilégié de combat entre IE Mawor et son ennemi, le serpent du chaos, IE Ogwis.


Thomas Ferrier
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Ven 26 Oct - 8:44

Tres bon mais il est difficile de toujours faire les équivalences entre certains panthéons. certains aspects peuvent etre partagés par plusieurs.

ex : la troisième fonction n'est pas partagée dans la mythologie galloise ni irlandaise par les Dioscures puisque Lleu et Dylan sont de la première, ou encore Lugh/frères Fomoires sont de la première.Le projection sociale du couple dioscurien est d'ailleurs l'alliance entre la premiere et la deuxieme fonction dans la société celte préchrétienne.

ex : Miach, le fils de Diancecht, est comparable par certains côtés à Asklepios, comme Diancecht l'est à Apollon. Pour simplifier, jusqu'à Sergent, Sterckx et Guyonvarch-leroux, ce qui semblait évident ( Diancecht-Asklepios) ne l'est plus

ex : Hermes est plus comparable à Aengus - qu'à un Cernunos plus tard - dans le cycle mythologique irlandais

ex : pour le type Pauson, certains de ses attributs sont retrouvés chez Lugh d'autres chez Aengus
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Ven 26 Oct - 11:26

Citation :
Tres bon mais il est difficile de toujours faire les équivalences entre certains panthéons. certains aspects peuvent etre partagés par plusieurs.

C'est vrai, c'est pourquoi il faut remonter aux sources originelles et ensuite tenir compte de fusions éventuelles, par exemple, ou de la mise en avant et la "prise d'indépendance" de l'épiclèse d'un dieu (par exemple, le dieu de l'orage et de la guerre, Thor chez les Scandinaves, était surnommé furieux (Odhinn) avant que ce nom devienne un dieu nouveau).

Citation :
ex : Miach, le fils de Diancecht, est comparable par certains côtés à Asklepios, comme Diancecht l'est à Apollon. Pour simplifier, jusqu'à Sergent, Sterckx et Guyonvarch-leroux, ce qui semblait évident ( Diancecht-Asklepios) ne l'est plus

Belen = Apollon, normalement. Mais Apollon n'est qu'une variante du dieu du soleil (mot à mot "dieu à la pomme", dieu solaire de l'éternelle jeunesse donc).

Citation :
ex : Hermes est plus comparable à Aengus - qu'à un Cernunos plus tard - dans le cycle mythologique irlandais

Hermès = Cernunnos = *Pauson
Aengus = *Kangos, dieu de l'amour
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Ven 26 Oct - 13:36

Ferrier a écrit:

C'est vrai, c'est pourquoi il faut remonter aux sources originelles et ensuite tenir compte de fusions éventuelles, par exemple, ou de la mise en avant et la "prise d'indépendance" de l'épiclèse d'un dieu (par exemple, le dieu de l'orage et de la guerre, Thor chez les Scandinaves, était surnommé furieux (Odhinn) avant que ce nom devienne un dieu nouveau).

Alors ça c'est TA théorie, mais certainement pas une vérité établie.
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Ven 26 Oct - 13:46

Hermes = Oengus sur les points suivants :
- aspects : jeunesse, ruse, bienfaisant, rapide, intermédiaire
-attributs : lien avec l'or, kourotrophes, lien avec le feu, artisanat, casques, fonctions prophétiques, gardien des chemins, liens avec oiseaux métamorphosés
Sur d'autres, hermes peut etre rapproché de Lugh.
Cernunnos semble hors fonction.

Apollon n'est pas le soleil mais il le manipule. Comme Lugh. Belenos est sous le patronage de Lugh, assimilé à Diancecht et à l'Apolllon medicus. Il n'existe que dans certaines parties gauloises.
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Ven 26 Oct - 16:29

Dans le comparatisme indo-européen rigoureux, linguistico-fonctionnel, l'étymologie est claire. Angus/Oengus, dieu de l'amour, qui a pris d'autres fonctions par ailleurs, que tu indiques. Cernunnos = Pauson, dieu de l'élevage (comme Pan) mais aussi de la sagesse (comme Volos chez les Slaves) et de la magie.

Lugh, le "lumineux" dieu du ciel, "Zeus". A pris des fonctions variées (dieu polytechnicien). Belen est strictement le dieu du soleil, dont le nom était aussi Sauelios. Il est Abellio dans certaines régions de Gaule. Apollon originellement n'est pas un dieu médecin. C'est Asclépios, alias Ausautas en Lituanie, qui est l'héritier du dieu médecin indo-européen. Diancecht est sans doute à rapprocher du nom indien du dieu médecin, Dhanvantari, donc une épiclèse du dieu médecin indo-européen *awsklekwos [?].
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Ven 26 Oct - 16:31

Sven a écrit:
Ferrier a écrit:

C'est vrai, c'est pourquoi il faut remonter aux sources originelles et ensuite tenir compte de fusions éventuelles, par exemple, ou de la mise en avant et la "prise d'indépendance" de l'épiclèse d'un dieu (par exemple, le dieu de l'orage et de la guerre, Thor chez les Scandinaves, était surnommé furieux (Odhinn) avant que ce nom devienne un dieu nouveau).
Alors ça c'est TA théorie, mais certainement pas une vérité établie.

Thor est d'origine indo-européenne ancienne avérée (<= vieux germanique Thunoraz <= indo-européen *Toranos), comme Tyr (<=i.e *dyeus). Ce n'est pas le cas d'Odin (germanique Wothanaz). Selon ce que j'ai lu le dieu orageux *Maworts était surnommé *Wotenos, "le furieux", correspondant bien à un de ses aspects. C'est une théorie certes, que je ne suis pas le seul à proposer ceci dit, mais qui paraît crédible. Quelle est ta théorie ?
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Ven 26 Oct - 18:10

Vinturos, Belenos, Oengus/Mac Oc, Maponos sont apparemment tous solaires.
Dans le cycle irlandais, ce n'est pas clair que le Mac Oc soit un Dieu de l'amour. je ne connais personne qui affirme que une de ses fonctions ou attributs ou correlats le soient.
Par contre je relève le très à propos"l faut remonter aux sources originelles et ensuite tenir compte de fusions éventuelles, par exemple, ou de la mise en avant et la "prise d'indépendance" de l'épiclèse d'un dieu ". beaucoup ne le font pas, c'est bien dommage et on en arrive à voir du Markale vendu partout.

Pour Diancecht=Asklépios, je ne suis pas. Même Sergent, pourtant prompt à ce genre de choses, l'a étudié mais s'est rétracté.

Quoi qu'il en soit, c'est sympathique de discuter de ce genre de choses avec des personnes jeunes (si j'en crois la photo) car je croyais que ce genre d'intérêt avait disparu de ma tranche d'âge.
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Ven 26 Oct - 18:15

30 ans pour être précis. C'est vieux auprès des jeunes, mais encore jeune auprès des plus vieux. Wink
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Ven 26 Oct - 18:29

34. C'est pas loin.
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Mar 26 Aoû - 6:59

AU REGARD de L'éternité ET de l'immortalité

on est Plus OU moins JEUNE ou VIEUX.

LES AGES SONT LIES A LA CONDITION HUMAINE et RIEN D'AUTRE.

Heureusement que tout est VAN ITE .
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Mer 27 Aoû - 14:19

XR invictus a écrit:

ex : la troisième fonction n'est pas partagée
Ce qui somme toute est normal vu que la troisième est très certainement un héritage des cultures pré-IE issues du Néolithique, et non un héritage IE à proprement parler
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Mer 27 Aoû - 17:49

La trifonctionnalité s'accepte comme un tout et ne se divise pas. Elle repose sur une vision cosmographique qui est celle des trois cieux (blanc, rouge et noir), qui est aussi celle du ciel, de l'axe cosmique et de la terre.

Ière Fonction: le Père
IIème Fonction: le Fils (et la Fille)
IIIème fonction: la Mère

Ce qui donne:
I: *Dyeus
II: *Maworts & *Ausos
III: *Dhghom
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Ven 29 Aoû - 8:56

Ferrier a écrit:
La trifonctionnalité s'accepte comme un tout et ne se divise pas. Elle repose sur une vision cosmographique qui est celle des trois cieux (blanc, rouge et noir), qui est aussi celle du ciel, de l'axe cosmique et de la terre.

Ière Fonction: le Père
IIème Fonction: le Fils (et la Fille)
IIIème fonction: la Mère

Ce qui donne:
I: *Dyeus
II: *Maworts & *Ausos
III: *Dhghom
Très attrayante comme théorie!
Mais ça ne reste qu'une théorie parmi tant d'autres somme toute...

Amicalement
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Ven 29 Aoû - 9:49

La théorie d'Haudry est en effet controversée par certains aspects mais correspond logiquement à la vision cosmique.

Le couple ciel-père/terre-mère est attesté dans l'ensemble du monde indo-européen (dyava-prithivi en Inde, forme même fusionnée de Dyaus Pitar et de Prithivi Mata). On le retrouve sous la forme Ouranos-Gaia = Zeus-Déméter, sous la forme Odhinn-Jord.

Observons ce schéma dans le cas germanique:

I: Odhinn, remplaçant ici Tyr, au rôle affaibli
II: Thorr
III: Jord

Or, Thorr est bien dans la mythologie germano-scandinave le fils d'Odhinn et de Jord, cqfd.

Cela n'est donc pas simplement une théorie parmi d'autres mais bien un élément mythologique hérité depuis l'origine.

On peut aussi appliquer ce schéma au citoyen de la république romaine. Ainsi, le citoyen, comme le roi Romulus d'ailleurs*, associe les trois fonctions en lui: à la fois citoyen (et éventuellement prêtre, fonction autant politique que sacerdotale), soldat et paysan.

Romulus en effet n'est pas l'incarnation de la première fonction mais transcende les trois fonctions. En tant que roi et prêtre, il est de première fonction. En tant que fils de Mars et combattant, il est de deuxième fonction. En tant qu'organisateur du "kidnapping" des Sabines, avec l'aide de la déesse Venus Cloacina ("purificatrice"). IIIème fonction donc.
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Helzear
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Mer 3 Sep - 18:54

Comme quoi notre désaccord sur les fils d'odin relevait du mal-entendu étant donné que je partage entièrement cette théorie: le panthéon très diversifié des indo-européens s'organise autours de l'union entre deux divinités: l'une masculine, l'autre féminine, tandis que les autres dieux personnifient effectivement soient des aspects de ces deux forcers, soient le fruit de ce mariage, constituant la fonction centrale.

1ère fonction: fonction sacerdotale incarnant l'autorité spirituelle et reliée au Dieu Père (Cernunnos, Odin, Zeus).

2ème fonction: fonction guerrière incarnant la force vitale et reliée aux Dieux de la guerre (Teutatès, Thor, Arès).

3ème fonction: fonction agricole et économique incarnant la terre nourricière et reliée à la Déèsse Mère (Dana, Demeter, Freya).

Il est évidant que la bipolarité originnelle ne doit pas servir à justifier le duothéisme, mais plutôt à expliquer la fondation du panthéon polythéiste des indo-européens.

le cosmos étant pluriel dans sa manifestation, il est malsain de prononcer le monopol d'un de ses aspects sur les autres comme le pratiquent les monothéistes qui y ont rajouté un certain manichéisme.
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MessageSujet: Re: La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux   Aujourd'hui à 18:02

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La religion des Indo-Européens: prêtres et dieux
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