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 Le bilan économique de Blair

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Ferrier
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MessageSujet: Le bilan économique de Blair   Jeu 27 Avr - 16:48

Citation :
Le modèle libéral Anglo-Saxon est régulièrement présenté comme un exemple de réussite économique et social, souvent cité comme la meilleure alternative aux difficultés que rencontre le système Français. Que ce soit dans le domaine économique ou social, la France n'a pourtant rien à envier aux résultats obtenus par les Britanniques. Inégalités, créations de richesses, productivité, investissements, comparons donc, chiffres à l'appui, le Royaume Uni et la France pour déterminer réellement ce qu'il en est.

Un bilan social misérable

Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud), le Royaume Uni figure parmi les dernières places dans l'ordre décroissant des pays riches classés par niveau de pauvreté. Pour arriver à ce résultat, le Pnud se base sur un indicateur de pauvreté regroupant plusieurs critères sociaux adaptés aux économies développées :

- le taux de décès avant 60 ans

- le taux d'illettrisme

- le taux de pauvreté monétaire relatif au niveau de vie national (50 % du revenu médian)

- le taux de chômage de longue durée (à partir de 12 mois d'inactivité)

Sur les 17 Etats les plus avancés, on retrouve donc le Royaume Uni en 15ème position accompagné par les autres nations qui ont privilégié le libéralisme économique et social (l'Australie 14ème, l'Irlande 16ème et les Etats-Unis 17ème et bon dernier). La France quant à elle se place en milieu de tableau à la 8ème place, les meilleurs résultats étant enregistrés par les Etats-Providence d'Europe du Nord où, rappelons le, la redistribution des richesses par les prélèvements obligatoires est plus importante qu'en France (1- Suède, 2- Norvège, 3- Pays-Bas, 4- Finlande, 5- Danemark).


Le chômage dissimulé derrière le travail pauvre, le temps partiel et l'incapacité au travail

Avec un taux de chômage réduit à 5 %, le Royaume Uni présente une proportion de chômeurs inférieure de moitié à celle de la France. Cette bonne performance cache cependant plusieurs phénomènes pernicieux :

- le "working poor", autrement dit, les travailleurs pauvres qui se substituent à des chômeurs relativement bien indemnisés dans notre pays. Ainsi, ce phénomène peut facilement être constaté lorsqu'on observe que le taux de pauvreté Britannique (évalué selon les méthodes entre 15 et 20 % de la population) est 3 à 4 fois plus élevé que le taux de chômage lorsque la France connaît des taux de pauvreté et de chômage relativement similaires de l'ordre de 10 %.

- la flexibilité du travail concrétisée par une cruelle absence de réglementation protégeant les salariés aboutit également à des inégalités importantes de temps de travail. Le temps partiel représente en effet 23 % des emplois en Grande Bretagne (contre 13 % en France) alors que dans le même temps, 16 % des Anglais travaillent plus de 48 heures par semaine (source : OCDE).

- l'état d'incapacité au travail qui permet à des inactifs de ne plus devoir rechercher un emploi et donne droit à une allocation spécifique concerne 2 800 000 personnes alors qu'ils sont 550 000 Français à répondre d'un statut équivalent (Source : OCDE, Le Point, Alternatives économiques). Il ne s'agit certainement pas là d'une politique de santé publique plus développée puisque l'espérance de vie en Angleterre (78,4 ans) est plus faible qu'en France (79,5 ans) (source : PNUD) mais ce système apparaît bien comme un cache misère destiné à exclure du marché du travail les personnes les plus en difficulté pour trouver un emploi.

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Ferrier
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MessageSujet: Re: Le bilan économique de Blair   Jeu 27 Avr - 16:49

Citation :
Personnes d'âge actif recevant des prestations d'incapacité et des indemnités de chômage(en milliers) (graphique au-dessus)

Source : Department for Work and Pension et OCDE

Si le Royaume Uni présente un taux de chômage faible, il est cependant indéniable qu'une partie des chômeurs est dissimulée derrière une voie de garage sociale destinée à ranger les moins productifs pour les écarter des statistiques officielles quand les conditions de ceux qui travaillent sont des plus contraignantes. La logique du "tout sauf le chômage" adoptée depuis plus de 20 ans se paie donc aujourd'hui par les Anglais au prix fort de la pauvreté, la précarité et l'exclusion. Reste à savoir si ce choix est judicieux sur le plan économique.

Une production de richesses équivalente mais une productivité moindre

Le niveau de performance économique d'un pays se détermine généralement par la mesure de son Produit Intérieur Brut (PIB). Cet indicateur enregistre les valeurs ajoutées de tous les biens et services accumulés en 1 an sur le territoire national. Or, le PIB du Royaume Uni s'élevait en 2003 à 30 250 $ par habitant et celui de la France à 29 410 $. Cependant, en tenant compte de la Parité de Pouvoir d'Achat (PPA), c'est-à-dire des différences du coût de la vie variable d'un pays à l'autre, ce PIB par habitant est alors ramené à 27 150 $ pour le Royaume Uni et à 27 680 $ pour la France (source : PNUD). Ces estimations n'étant pas à l'abris d'une part d'incertitude, on pourra raisonnablement admettre que les Anglais ne produisent ni plus, ni moins que les Français. Mais comment y arrivent-ils ? Très laborieusement, c'est le moins qu'on puisse dire, car la durée moyenne de travail dans l'année est de 1 673 heures en Angleterre et de 1 431 heures en France (source : OCDE), ce qui traduit une faible productivité. Concrètement, cela signifie que les Anglais travaillent 250 heures de plus pour produire autant de richesses que nous et lorsqu'on ajoute à ce constat les fortes inégalités sociales, on déduit que l'accessibilité de ce niveau de vie est bien plus réduite au Royaume Uni.

Quant à savoir si la Grande Bretagne est plus attractive pour les entreprises, il suffit de comparer les flux des Investissements Directs Etrangers (IDE) pour se rendre compte qu'une fois encore, le modèle libéral n'est pas à la hauteur de sa réputation et c'est la France qui remporte la comparaison avec 47 milliards de dollars investis en 2003 contre 15 milliards au Royaume Uni (source : OCDE).
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Wolf
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MessageSujet: Re: Le bilan économique de Blair   Jeu 27 Avr - 17:06

Et c'est de ca, dont reve la droite (comme le PS, mais de toute facon il n est pas de gauche).
En tout cas, on remarquera que l'integration s'y passe mieux qu'en france, mais a quel prix.....celui du socialisme !
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MessageSujet: Re: Le bilan économique de Blair   Aujourd'hui à 22:13

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