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 Le Grand Echiquier Partie 4

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MessageSujet: Le Grand Echiquier Partie 4   Mar 31 Jan - 17:02

Ce consultant auprès du Ministère Français de la Défense envisage deux possibilités : «La désintégration de la Chine est un des scénarios couramment évoqués. Dans une étude récente des experts sinologues américains estimaient que l’éclatement de la Chine était l’issue la plus probable, reprenant la thèse émise en 1994 par un fils de haut dignitaire chinois dans La Chine vue par le Troisième Œil qui prophétisait pour son pays un éclatement à la yougoslave » (Scénarios pour la Chine, Stategic Road , Paris février 2001). Selon Woets «L’autre « grand » scénario consiste en la montée de tensions nationalistes engendrées par un excès de confiance de la Chine ». Autrement dit un conflit avec des voisins. Les frictions régionales ne manquent pas en effet et on se souvient de la guerre avec le Vietnam en 1979, mais il y a aussi, en dehors du cas particulier de Taiwan protégé par les Etats-Unis, le Japon, la Corée, les Philippines, la Malaisie etc. A plusieurs reprises on a frisé le conflit armé à propos de petites îles ou atolls avec ces pays.

Comparant l’ouverture au monde de la Chine à l’ère Meiji au Japon Woets voit dans la « modernisation » de l’Armée Chinoise l’outil d’une stratégie de puissance d’un grand pays longtemps « diminué et humilié ». En se dotant de l’instrument nécessaire à sa renaissance la Chine veut retrouver sa « centralité »(Empire du Milieu)

S’essayant à la prospective Woets esquisse ainsi la politique de la Chine par rapport à ses voisins et en mer de Chine que Pékin appelle « notre espace vital» :

• Elle exigera la réunification avec Taiwan, après Hong-Kong (1997) et Macao(1999).

• Elle parrainera la réunification de la Corée détachée des Etats-Unis.

• Elle fera en sorte de contenir le Japon, « adversaire potentiel » et seul rival dans la région. La rivalité avec l’Inde et des « intérêts fortement concurrents » pourrait déclencher des « conflits indirects ».

• « Pour nombre de penseurs, la prochaine « grande guerre » se déroulera autour du triangle Chine-Inde-Pakistan», triangle nucléaire.

• Tournée vers le Sud-Est Asiatique et l’Océan Pacifique la Chine ne s’en préoccupe pas moins, évidemment, de ce qui se passe derrière son dos. Elle « craint que l’Asie Centrale ne devienne une zone à risque pour elle». C’est une raison de la bonne entente avec la Russie.

Professeur à l’Ecole de Guerre Française, Aymeric Chauprade confirme l’intérêt porté par les Etats-Unis à l’émergence chinoise. DansLa Chine est l’Objet Central de la Géopolitique Américaine(10) Chauprade remarque : «L’analyse de la littérature stratégique américaine postérieure à la chute de l’URSS, autant que les déclarations des dirigeants, montre le défi chinois est la priorité de la pensée géopolitique américaine. Cette priorité n’a pas disparu du seul fait des événements du 11 septembre 2001». Et d’énumérer pour sa part les intentions probables de Washington pour entraver l’essor chinois :

• Contrôle des besoins en énergie.

• Encerclement par un réseau d’alliances.

• Neutralisation de sa capacité nucléaire.

• Subversion intérieure par le soutien aux séparatismes.

En envahissant l’Irak en 2003 les Etats-Unis ont bloqué l’accès au pétrole. S’ils renversaient le régime en place en Iran ils auraient définitivement coupé cet accès au Proche Orient qui caractérisait l’essentiel de la zone d’approvisionnement de Pékin. Le soutien à l’Iran est dans l’intérêt commun de la Russie et la Chine, la Russie cherchant avant tout à empêcher l’apparition d’un nouveau satellite de Washington sur le bord de la mer Caspienne. Soulignant que «depuis 1999, les Etats-Unis consolident leurs relations avec l’Inde (comme le fait aussi Israël qui coopère de plus en plus avec les Indiens sur le plan militaire), puissance nucléaire comme le Pakistan, mais surtout formidable contrepoids naturel à la Chine», Chauprade résume le problème posé par ces deux pays. Le Pakistan qui a toujours eu de bonnes relations géopolitiques avec la Chine. L’Inde abritant le Dalai Lama, pays avec lequel elle a un lourd contentieux territorial sur les contreforts de l’Himalahya et qui mène un jeu de balance entre Washington et Moscou : «Si demain le Pakistan ne fait plus partie du nouveau « Pacte de Bagdad » que l’Amérique cherche à construire mais d’un bloc islamique hostile à Washington et Tel-Aviv, alors l’Inde sera son remplaçant évident». Et là la géopolitique de Moscou consiste à se poser en médiateur actif entre New Delhi et Pékin et à promouvoir une bonne entente entre les deux grands rivaux asiatiques au grand dam des Américains.

En Extrême Orient l’encerclement de la Chine s’appuie sur un dispositif ancien hérité de la guerre froide et comprenant le Japon, la Corée du Sud, Taiwan, les Philippines. Washington courtise le Vietnam et cherche à renverser la « junte birmane » discrètement soutenue par Pékin. Enfin la Mongolie qui a reçu la visite d’émissaires de l’OTAN vient objectivement compléter ce dispositif d’encerclement . On comprend bien que la Chine veuille surveiller ce qui se passe dans son dos en Asie Centrale, et cela elle ne peut le faire qu’avec la Russie.

Où l’on s’aperçoit que la hantise de certains d’une invasion de la Sibérie vide de Russes par les prolifiques Chinois – le Nouveau Péril Jaune - n’est pas envisagée pour le moment par les analystes sérieux, et même dans la « fenêtre d’opportunité stratégique » chinoise ( la période 2010-2020). Ce qui écarte politiquement le concept inapproprié d’ « Eurosibérie», bloc fédéraliste ethnique soi disant homogène et alliance mystique avec le Japon, l’Inde et le Dalaï Lama… On reviendra plutôt à une conception classique de la géopolitique et des relations internationale exprimée naguère par le visionnaire Jacques Bainvillequi comparait entre les deux guerres la position du Japon en Asie à celle de l’archipel britannique en Europe. Introduire la dynamique chinoise dans le concept géopolitique autrement plus ample et décisif d’Eurasie , c’est permettre le rassemblement pragmatique des forces vives de l’Europe et de la Russie pour promouvoir, en bon entente avec le nouvel « Empire du Milieu », l’émergence d’un nouveau bloc de puissance et de liberté dans un nouveau monde multipolaire . La Chine a besoin de l’Europe pour faire contrepoids aux Etats-Unis et l’Europe occupée a besoin de la Chine pour se libérer.

Seule puissance hégémonique du moment et qui veut le rester, inquiète des prétentions chinoises sur le Pacifique et de la conception d’un grand bloc continental eurasiatique de l’Atlantique au Pacifique, l’Amérique ne l’entend évidemment pas ainsi et tentera tout pour empêcher l’émergence de nouveaux pôles de puissance dans ce qu’elle considère comme son nouveau Far East, son aire d’expansion naturelle, la terre promise de ses financiers et de ses marchands. A plus ou moins long terme cela signifie la Guerre. C’est pourquoi pour les dirigeants éclairés de l’aire continentale qui accéderont aux pouvoirs et pour les militants des mouvements de type nouveau voulant changer radicalement la donne, la bataille décisive de libération nationale revêt une dimension eurasiatique et est déjà inscrite en lettres de sang sur le Grand Echiquier.
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