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 Churchill-De Gaulle

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Ferrier
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MessageSujet: Churchill-De Gaulle   Lun 2 Jan - 15:29

Citation :
Churchill-De Gaulle : une orageuse amitié

LE MONDE | 02.01.06 | 14h40 • Mis à jour le 02.01.06 | 14h40

Churchill appréciait-il de Gaulle ? Des archives gouvernementales britanniques, publiées le 1er janvier, donnent force détails sur l'animosité, souvent vive, du premier ministre à l'encontre du chef de la France libre, réfugié en Grande-Bretagne depuis 1940. "Il (de Gaulle) souffre d'une ambition insensée. C'est le plus grand obstacle vivant à la réunion des Français et à la restauration de la France", déclare ainsi le "Vieux Lion" lors d'une réunion du cabinet de guerre au début de 1943. D'après le compte-rendu sténographié de Sir Norman Brook, secrétaire général adjoint du 10 Downing Street, le chef du gouvernement veut alors à tout prix empêcher de Gaulle de visiter les forces françaises d'Afrique. Sous la pression des Américains, favorable à son rival, le général Henri Giraud, Londres entend interdire son départ. Mais le vice-premier ministre, Clement Attlee, chef de file des travaillistes, défend le Général : "Rappelez-vous que le nom de De Gaulle est associé en France à l'esprit de la Résistance : l'homme qui n'a jamais renoncé." Ses ministres contraignent Churchill à rechercher un accommodement avec l'auteur de l'appel du 18 juin.


Les relations entre les deux dirigeants doivent toutefois être analysées avec circonspection : s'il est vrai que l'entêtement gaullien a le don d'énerver Churchill au plus haut point, le premier ministre de Sa Majesté n'a jamais caché son admiration pour le Français, dont il partage l'indomptable courage dans l'adversité. De Gaulle, demeuré son ami malgré de violentes crises, notamment sa mise à l'écart lors du débarquement allié en Afrique du Nord de novembre 1942, écrira dans ses Mémoires que Churchill fut "le grand champion d'une grande entreprise". Du reste, le chef de guerre anglais finit par lâcher Giraud pourtant appuyé par un Roosevelt méfiant envers de Gaulle.

L'image qui ressort de ces documents est celle d'un Churchill géant shakespearien, déterminé à tout prix à gagner contre Hitler le combat de la liberté. L'anéantissement du régime nazi est une idée fixe de celui qui n'a rien d'autre à offrir à la nation "que du sang, du travail, des larmes et de la sueur".

En opposition avec son propre cabinet, les Américains et même les Russes, il se déclare partisan en décembre 1942 de l'exécution sommaire des chefs nazis en lieu et place d'un procès en bonne et due forme : "L'instrument, la chaise électrique pour les gangsters, on peut sans doute l'obtenir des Américains dans le cadre du Lend-Lease (accord bilatéral en fonction duquel Washington livrait les armes à Londres)." Il se dit prêt à faire fusiller des prisonniers de guerre allemands détenus en Grande-Bretagne en représailles à d'éventuelles exécutions de Britanniques capturés par la Gestapo. Apprenant le massacre, le 10 juin 1942, par des SS des habitants de la localité tchèque de Lidice, Churchill propose de rayer de la carte des villages allemands. A nouveau, son gouvernement d'union nationale, appuyé par l'état-major de la RAF, le fait changer d'avis.

Arès l'écrasement par les nazis de l'insurrection de Varsovie en octobre 1944, Churchill est préoccupé par le sort des Polonais "du moins ceux qui se sont vraiment battus" et inquiet pour l'avenir de ce pays, en raison de l'avance de l'Armée rouge. A la fin de la guerre, l'avenir de l'Europe de l'Est prend le dessus sur son sentiment de culpabilité devant l'inaction des Alliés pour empêcher l'extermination des juifs.

Les notes prises par Sir Brook confirment que Churchill, pétri de la splendeur impériale, ne parvient pas à surmonter ses préjugés élitistes et n'a pas de passion pour l'égalité raciale. Indifférent aux malheurs des pauvres et à l'éveil du tiers-monde, il veut laisser mourir Gandhi, le "fakir à demi nu", emprisonné en 1942 par les Britanniques, qui a commencé une longue grève de la faim en faveur de l'indépendance de l'Inde.

Marc Roche
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