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 Nouvelle Europe et nouvel Iran: prospectives

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Ferrier
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Localisation : Europe-Nation

MessageSujet: Nouvelle Europe et nouvel Iran: prospectives   Dim 27 Nov - 1:23

Citation :
Le grand Iran et la nouvelle Europe.


L’empire achéménide du roi Cyrus s’étendait de l’Anatolie à l’Inde et ce ne fut que près de deux cents ans plus tard qu’il s’effondra face à l’armée d’Alexandre le Grand. Il fallut attendre cinq cents ans qu’un nouvel empire perse, né des ruines de l’empire des Parthes Arsacides, l’empire sassanide, naisse. Son fondateur mythique était Sassan, un aristocrate perse qui était également prêtre de la déesse Anahita à Istakhr. Son fils, Babak, était roi de la Perside au service des Parthes. En revanche, Ardashir, petit-fils de Sassan, réussit à s’emparer de l’empire parthe et créa ainsi au IIIème siècle un empire digne du roi Cyrus et qui s’étendait de la Babylonie à l’Inde et s’enfonçait en Asie Centrale. Cet empire allait affronter les Romains pendant un demi millénaire, se disputant la Mésopotamie et l’Arménie. Vers 620 P.C environ, sous l’égide du shah Khosro II, l’empire sassanide parvient à récupérer une bonne partie de l’empire achéménide, à l’exception de l’Anatolie. L’Egypte, la Palestine, la Syrie, tombent aux mains des Perses qui parviennent même à assiéger Constantinople. On pouvait ainsi penser que l’Iran allait retrouver sa taille maximale mais la roche tarpéienne est proche du Capitole. La contre-attaque de l’empereur byzantin Héraclius est vigoureuse et les troupes romaines parviennent jusqu’à la capitale iranienne de Ctésiphon. Khosro II est assassiné et sa succession est très complexe. Il faut attendre 630 P.C pour qu’un nouveau shah soit élu, Yezdegerd III. Il reçoit sa tiare dans le temple d’Anahid à Istakhr, reprenant la tradition du fondateur Ardashir. En quelques années pourtant, l’Iran s’effondre devant les Arabes musulmans d’Umar. En 651 P.C, comme Darius III presque un millénaire plus tôt, Yezdegerd est assassiné par des membres de sa cour et son fils Peroz va se réfugier auprès de l’empereur de Chine. L’Iran est tombé et malgré une résistance de quatre cents ans, la religion zoroastrienne s’effondre devant l’islam.

Au début du XXème siècle, dans un Iran devenu chiite depuis le XVIème siècle, un nouveau pouvoir impérial vit le jour, celui des Pahlavi, du nom de la langue moyen-perse parlée sous les Sassanides. Reza Shah laïcisa son pays, interdit le port du voile aux femmes, renonça au nom de Perse pour introduire celui d’Iran, c'est-à-dire « terre des Aryens ». Il le modernisa, fit construire des autoroutes et des chemins de fer, organisa son armée à l’allemande aidée par des officiers prussiens. Il mit au pas ou écrasa les autorités religieuses musulmanes, il prit un calendrier vraiment persan, réhabilita dans les faits le zoroastrisme, et pensait même abandonner l’alphabet arabe pour prendre l’alphabet latin, de manière analogue à Kemal Atatürk en Turquie. Il fut cependant chassé du pouvoir en 1941 par une coalition britannique et russe car on le suspectait, à raison, de sympathies pour l’Allemagne nationale-socialiste, ce qui était aussi le cas du shah d’Afghanistan par ailleurs, lui aussi partisan d’une modernisation de son pays à l’européenne.

Dans les années cinquante, les Pahlavi revinrent au pouvoir en la personne du jeune shah Muhammad Reza Pahlavi, éduqué en Allemagne. Celui-ci prit la continuité de l’œuvre paternelle en la poussant au paroxysme et en ayant recours à l’aryanisme, ce qui rappelait le glorieux passé de l’Iran et aussi soulignait un lien profond avec les Européens. Muhammad Reza Pahlavi prit le titre de shahinshah, roi des rois, comme Darius, et aussi celui d’aryamehr, souvent traduit par « amour-soleil des Aryens » mais qui en réalité signifie « Mithra des Aryens ». Le drapeau impérial iranien était composé des trois couleurs actuelles mais en son centre apparaissait un lion couronné muni d’une épée et surmonté du soleil, ce lion symbolisant l’empire. Avec des capitaux soviétiques, le shah amorçant une rupture progressive avec les Etats-Unis, celui-ci fit construire une nouvelle cité, Aryashahr, la « cité des Aryens », et qui annonçait une nouvelle capitale. De même, bien qu’officiellement musulman, Muhammad Reza voulait aussi réhabiliter complètement la religion indigène iranienne, le zoroastrisme ou mazdéisme, fondée sur le culte du dieu suprême Ormazd et de Mihr (Mithra), à la tête des autres dieux ou yazatas (le dieu guerrier Bahram, la déesse Anahid, le dieu du feu Adur … etc). En 1971, il organise une grande cérémonie en présence des chefs d’états étrangers à Persépolis, pour honorer la mémoire de Darius et des rois achéménides.

Malheureusement, le régime du shah est fragilisé par de mauvais coups portés par les Etats-Unis qui lui reprochent de rompre son alliance avec eux et de se tourner vers une troisième voie en se rapprochant de l’Union Soviétique. De plus, Carter reproche au régime de ne pas respecter les droits de l’homme et demande à ce que le shah adoucisse sa politique. Celui-ci au début s’exécute mais se rend vite compte que l’opposition islamiste en profite. En 1979, les étudiants fomentent une révolte, vite suivis par les islamistes de Khomeiny qui finissent par s’emparer du pouvoir et créent une « république » islamique, annulant les réformes heureuses des shahs. De même, en Afghanistan, l’intervention soviétique renforce l’islamisme et là aussi annule les réformes de Zaher Shah. L’islamisme apparaît, à tort, comme une troisième force. Avec la chute de l’Union Soviétique, bien évidemment l’islamisme se trouve en position de seul opposant à l’impérialisme américain.

La nouvelle Europe pour laquelle les nationaux-européens que nous sommes nous battons ne peut pas d’un point de vue géopolitique rejeter l’Iran mais il n’est pas non plus possible de soutenir un régime fondamentaliste comme celui du nouveau président Ahmadenijad. Il faut donc que l’Europe propose aux Iraniens d’adopter une autre politique tout en leur offrant ce que les Etats-Unis leur refusent. En échange de la chute du régime des ayatollahs, l’Europe aiderait très fortement l’Iran, tout en bénéficiant de son pétrole en appoint de celui de la Russie.

L’Europe défendrait alors le principe du Grand Iran, résurrection des empires achéménide et sassanide mais fondée sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cette politique serait par nature anti-turque et anti-musulmane. Cela impliquerait aussi un redécoupage du Caucase et aussi de l’Asie Centrale et des Indes, et la disparition d’états comme l’Afghanistan, l’Azerbaidjan et le Pakistan, sans oublier la création d’un état kurde à l’intérieur de ce grand Iran.

En premier lieu, en échange de la chute du régime et de l’alliance avec l’Europe, celle-ci s’engagera à soutenir le projet nucléaire de l’Iran, civil et militaire. L’Iran aura l’arme nucléaire en plus des centrales et sera intéressé aux nouvelles technologies européennes issues de nos centres de recherche. Le Kurdistan unifié sera rattaché à l’Iran, ce qui implique que le pays bénéficiera, en plus d’un gain de territoires, de l’entrée des 780.000 Kurdes de Syrie, des douze millions de Kurdes de Turquie, des 3.8 millions de Kurdes d’Irak, ceux-ci s’ajoutant aux 5.5 millions de Kurdes habitant l’Iran. La langue kurde est, on l’oublie trop souvent, une langue iranienne. L’Afghanistan peuplé d’iranophones pachtounes et tadjiks sera aussi rattaché à l’Iran à l’exception de son nord-ouest ouzbek. Cela soldera la fin de tout talibanisme. L’Azerbaidjan, peuplé d’iraniens linguistiquement turquisés, sera également attaché à l’Iran, ces Azéris s’ajoutant aux dix millions déjà en Iran, à l’exception de la région nord, peuplée de Lesghiens caucasiens et qui eux seront rattachés à la Grande Europe. Enfin, l’état fantoche du Pakistan, né d’une décolonisation inachevée, disparaîtra en tant que tel, séparé entre l’Iran et l’Inde sur des critères linguistiques. Le Beloutchistan et le pays pachtoune seront rattachés au grand Iran, alors que les pays sindhi, pendjabi et urdu seront rattachés à la grande Inde, ainsi que l’ensemble du Cachemire darde. Ajoutons le Tadjikistan de langue iranienne (le darî). Enfin, le sud-ouest du Turkménistan, avec des cités iraniennes d’époque ancienne, sera aussi rattaché à l’Iran en échange d’un transfert de population. L’Asie Centrale pourra s’unifier ou rester entre plusieurs républiques. Le nord du Kazakhstan peuplé d’Européens pourrait être rattaché à la Grande Europe. On pourra imaginer une république turque unifiée d’Asie avec Almaty comme capitale par exemple. Les Russes de ces territoires seraient quant à eux rapatriés en Europe, pour ceux qui ne sont pas déjà partis.

La Turquie sera donc amputée du Kurdistan iranien (l’ancienne Cappadoce) et l’Arménie et la Lesghie seront les frontières entre l’Europe et l’Iran. On peut aussi imaginer que la Thrace turque sera restituée à l’Europe avec la rive européenne de Constantinople. La Turquie pourra ensuite choisir son destin entre trois choix, union à l’Europe en se désislamisant en profondeur, union à l’Iran le lien étant l’islam et la présence importante d’une communauté turcophone dans le Grand Iran, ou pays indépendant avec des liens forts avec l’Asie Centrale. Seul un revival kémaliste fort permettrait à l’Europe de se poser la question de la Turquie (selon le plan douguinien). En attendant, ce sera non.

Le grand Iran nationaliste aurait alors intérêt à prendre la suite des projets pahlaviens et continuer ainsi la désarabisation de son pays, après un millénaire et demi de domination arabo-musulmane au moins dans le domaine culturel et religieux. Parmi eux, l’Iran abandonnerait l’alphabet arabe pour prendre l’alphabet pahlavi de l’Avesta. A la différence de l’alphabet pahlavi classique, issu de l’alphabet araméen, où manquaient les voyelles, l’alphabet avestique, à 53 caractères, est totalement adapté pour retranscrire les langues iraniennes. Un autre choix peut être l’adoption de l’alphabet latin, comme l’avait fait Kemal. Sur un plan religieux, le politique reprendrait le premier plan dans le cadre d’une démocratie iranienne musclée, s’inspirant aussi bien de la tradition européenne (grecque) que des traditions proto-démocratiques des peuples iraniens anciens. Le shiisme et le zoroastrisme seraient mis sur le même plan comme religions d’état, mages et mollahs à égalité. Cela permettrait à la riche communauté irano-zoroastrienne d’Inde (200.000 personnes) de regagner la patrie et d’encourager la réiranisation des esprits.

En même temps, l’alliance de l’Europe pagano-chrétienne avec l’Iran mazdéo-islamique permettrait certainement de tempérer les tentations séparatrices de minorités européennes islamisées (Bosniaques, Kosovars, Tchétchènes). Avec le pétrole russe et iranien (et kurde), l’Europe pourrait ne plus dépendre du tout de la péninsule arabique et interdirait ainsi tout financement islamiste en Europe.

Alliés du grand Iran et d’une grande Inde réunifiée (qui irait de l’Est du Pakistan au Bengladesh et du Népal au Sri Lanka), et dans lesquelles l’héritage aryen commun sera réhabilité et mis au premier plan, la grande Europe n’aurait rien à craindre et en même temps mettrait en place un containment de la Chine menaçante et développerait une politique eurasienne satisfaisante. En même temps, une telle politique permettrait de contrebalancer la puissance américaine et amènerait celle-ci à composer avec nous, voire même à nous imiter. Une Amérique anti-cosmopolite pourrait même naître de la ruine du mondialisme que les nationaux-européens mettront en place s’ils parviennent au pouvoir.

En ce sens, la révolution européenne amènerait un bouleversement géopolitique majeur et inverserait une décadence qui prend racine dans l’effondrement des empires romain et perse au VIIème siècle de notre ère. En même temps, les monothéismes abrahamiques reculeraient face au revival des fois « aryo-païennes » en Europe, en Iran et en Inde, celles-ci se montrant toutefois tolérantes vis-à-vis du christianisme (et de l’islam des Albanais, Bosniaques, Tatars… etc) en Europe ou de l’islam en Iran et en Inde.

Ce serait la fin du mondialisme et la (re)naissance des trois piliers du monde indo-européen.


Thomas Ferrier
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