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 Interview d'Yves Bataiile(cinquième partie).

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MessageSujet: Interview d'Yves Bataiile(cinquième partie).   Mar 15 Nov - 0:26

8. Quel fut le sens réel de la « Guerre du Kossovo » ? Quelles furent ses objectifs réels ? Prendre à la Serbie ce territoire pour l’incorporer à la Grande Albanie ?

Ce que l’on a appelé improprement la « Guerre du Kossovo » a été en fait une guerre contre la Serbie. L’objectif était de faire tomber Milosevic et de s’installer politiquement et militairement. Les bombardements de l’OTAN n’ont été qu’un aspect de cette guerre de basse intensité qui durait depuis 1991 avec la diplomatie coercitive, l’embargo, la propagande médiatique. Les criminels de guerre anglo-américains procèdent toujours de la même façon, ils vous cassent les genoux puis vous attaquent quand vous êtres à terre. On dit que Milosevic a eu tort de signer les accords de Kumanovo qui permettaient l’entrée de l’OTAN à Pristina après trois mois de résistance héroïque de l’armée et du peuple. C’est vrai mais il faut savoir que les Américains avaient menacé de « raser complètement Belgrade » par des bombardements massifs comme ils l’ont fait à Dresde. Cela voulait dire des centaines de milliers de morts supplémentaires dans un pays déjà éprouvé par neuf ans de guerre. La seule solution face à cette menace aurait été de transférer tout le monde à la campagne et de se préparer à un affrontement au sol. Le peuple était tellement monté contre les agresseurs qu’il aurait suivi. Les pro-occidentaux adoptaient profil bas. Les nationalistes-révolutionnaires de tous les pays envisageaient de former desBrigades européennes un peu comme les groupes en action en Irak aujourd’hui. J’en avais parlé à Seselj qui m’avait affirmé qu’il y avait déjà un grand nombre de volontaires étrangers mais que le type de guerre mené (bombardements à haute altitude pour éviter la défense anti-aérienne) rendait ces volontaires pour le moment inutiles, ce qui était vrai. Commandant en chef de l’Armée, titre purement honorifique dans la mesure où il ne se battait pas, Milosevic aurait-il été capable de mettre sur pied une telle évacuation et mobilisation? On peut en douter. Quoi qu’il en soit l’idée des Brigades européennes était pertinente et le chantage américain ignoble. Il explique que pratiquement aucune publicité n’ait été faite sur les pertes de l’OTAN en hommes et en matériels, un sujet encore tabou aujourd’hui. Je peux vous affirmer que l’OTAN a subi des pertes au sol au Kossovo où des Forces spéciales anglo-américaines encadraient l’UCK et dans les airs, sur le territoire de la Serbie et du Monténégro et dans les entités voisines (Bosnie, Macédoine, Croatie).

Me trouvant en Serbie pendant les bombardements dans une zone très visée, j’ai entendu et vu passer les missiles Tomahawk de près ; ils rasaient les toits et allaient se fracasser sur leurs cibles une seconde après. La PVO, défense anti-aérienne, en a détruit une grande quantité . Durant cette guerre les Américains se sont débarrassés d'une partie de leur stock de missiles qui allait devenir obsolète. Ca leur revenait moins cher de les balancer sur un peuple que de les détruire ultérieurement dans le désert du Nevada. Concernant les combats aériens le rapport des forces étant ce qu’il était, eu égard à la disparité des moyens, on a vu pour la première fois en Europe depuis la seconde guerre mondiale l’apparition dans les airs de Kamikazes. Des Serbes.

Comme naguère les Britanniques au Proche Orient, dans les Balkans les Américains se sont livré à la manipulation ethnique et religieuse et là ils ont joué les Albanais contre les Serbes et les Musulmans contre les Orthodoxes. Ils font aussi cela dans le Caucase contre les Russes. Aujourd’hui au Kossovo le pouvoir se trouve entre les mains des chefs de clans albanais dont la plupart sont des trafiquants de drogue et des proxénètes. A Pristina, la capitale, on compte actuellement 122 bordels importants et 290 dans toute la province. Sous prétexte d’ empêcher la « catastrophe humanitaire » inventée par William Cohen, CNN et la BBC l’OTAN a installé au pouvoir la pire mafia. Lors du débarquement en Sicile en 1944, les Américains s’étaient servis de la mafia italienne mais ils n’avaient fait que s’en servir. Dans le cas du Kossovo ils ne se sont pas contentés de s’en servir, répétons-le, ils l’ont installée au pouvoir. Les Européens le savent et continuent à mentir à leur opinion publique en affirmant qu’ils sont venus avec les Américains « rétablir la paix ». La drogue vient d’Afghanistan, passe en Asie centrale et en Turquie via la mafia turque et tchétchène et est transformée dans une douzaine de laboratoires situés en Macédoine et surtout au Kossovo où l’on produit chaque jour 15 tonnes de stupéfiants. 1 kilo est réservé à la base américaine de Camp Bondsteel et seulement 2 kilos restent au Kossovo. Le reste est acheminé dans toute l’Europe occidentale via l’Albanie, la Bulgarie et la Serbie. Sous prétexte de défendre une minorité menacée, on a organisé localement le nettoyage ethnique des Serbes, brûlé leurs maisons, détruit une partie de leurs édifices religieux et hissé au pouvoir une mafia sanguinaire. Si Washington octroie l’ « indépendance » au Kossovo, cela signifiera la création au flanc Sud de notre continent du premier Etat de narco-trafiquants du monde. Depuis les guerres de l’Opium contre la Chine les méthodes de subversion héritées des Britanniques ne changent pas, elles reposent sur la duperie, la manipulation et le crime.

Cinq ans après l’agression meurtrière de l’OTAN (plus de 3000 morts, 12.000 blessés et n’oublions pas tous ceux qui devaient être victime de maladies graves consécutives aux poisons répandus) il n’y a pas de paix au Kossovo. 250.000 Serbes ont dû fuir les bombardements et les exactions de l’UCK, un mouvement équipé et entraîné par la mafia albanaise et les services secrets anglo-américains. Les minorités non albanaises (Gorancis, Roms, Ashkalis, etc) qui n’ont pas été complètement chassées subissent la violence et la discrimination. Les 120.000 Serbes qui survivent au nord de Kosovska Mitrovicaou dans des enclaves comme Gracanica ou Strpce ne peuvent se déplacer librement hors de ces enclaves. Depuis l’entrée de l’0TAN plus de 170 édifices religieux orthodoxes (églises et monastères) ont été détruits sous les yeux des « soldats de la paix ». A 200 mètres du pont sur l’Ibar séparant en deux Kosovska Mitrovica, lors des attaques albanaises du 17 mars 2004, les goumiers marocains de la KFOR (nom de l’OTAN élargie au Kossovo) ont laissé attaquer et brûler la principale église orthodoxe qui avait le malheur de se trouver dans un secteur albanais. Lors de ces « pogroms de mars » 35 édifices orthodoxes avaient été détruits, des milliers de maisons serbes avaient encore été brûlées et plusieurs dizaines de personnes avaient été tuées. En France le porte parole du Quai d’Orsay avait qualifié ces sanglants événements de simples incidents, les officiels français montrant moins d’indignation pour les monastères orthodoxes brûlés « à deux heures d’avion de Paris » (pour reprendre l’expression consacrée) que pour des graffitis d’adolescents en banlieue parisienne ou en province. A Kosovska Mitrovica l’OTAN a interdit que l’on sonne les cloches pour le culte orthodoxe parce que cela gênait les Albanais mais on peut entendre cinq fois par jour dans toute la ville (Nord et Sud) les appels des muezzins en arabe diffusés par haut parleur. Les mosquées offertes par les Séoudiens fleurissent un peu partout, presque autant que les stations service qui servent à blanchir l’argent de la drogue. D’ailleurs les mosquées aussi.

Kosovska Mitrovica n’est pas seulement une ville divisée, le Nord étant serbe et le Sud albanais, où survit la moitié de la populations serbe actuelle du Kossovo. C’est aussi un lieu de conflit souterrain entre les Français et les Américains. Les Serbes ont su nouer de bonnes relations avec la troupe française d’occupation qui préfère aller relâcher au Nord où elle est bien accueillie parce que « française et correcte » plutôt qu’au Sud. En revanche Anglais et Américains sont détestés et ils évitent le contact avec la population. Aux environs de Kosovska Mitrovica, près de la petite ville serbe de Zvecan on trouve aussi les mines de Trepca(zinc, argent or, cadmium) reluquées par Soros et dont un ami de Chirac possédait des parts. Après les événements de mars 2004, International Crisis Group (ICG), l’ONG de Morton Abramowitz financée par Soros et quelques dizaines de « charitable trusts » new-yorkais, a violemment critiqué le comportement des Français, les accusant d’avoir pris parti pour les Serbes et demandant la « rotation ». La rotation aurait consisté à évacuer la troupe française dans un autre secteur et à y installer une troupe britannique. Elle n’a pas eu lieu. On voit à quoi servent ces ONG soi disant pour la prévention des conflits. Abramowitz et sa bande n’en sont pas à leur premier coup d’essai, dans la guerre afghane contre la Russie soviétique au milieu des années 1980 il faisait livrer des armes (notamment des missiles Stinger destinés à abattre les avions et les hélicoptères russes ) aux Moudjahidine afghans d’Ekmatyar, le supérieur hiérarchique de Ben Laden. A Paris Alexandre de Marenches et Christine Ockrent, la femme de Kouchner, nous expliquaient que ces Afghans étaient des « combattants de la liberté ». Christine Ockrent figure avec Simone Weil sur la liste des membres d’ICG, groupe à dominante anglo-saxonne.

Pour les Serbes la résolution 1244 de l’ONU n’a pas été appliquée. Cette résolution stipulant le retour des réfugiés serbes et non albanais et la présence d’une force de sécurité serbe a été violée par ceux-là même qui étaient chargés de la faire appliquer. Tout est fait pour arracher le Kossovo à la Serbie. On a fait élire un parlement qui est en fait l’assemblée générale des trafiquants de drogue, on a changé les plaques d’immatriculation des véhicules, on a installé un réseau de téléphonie mobile spécifique où Madeleine Albright a des intérêts. Clinton a son boulevard à Pristina, les rues de l’OTAN fleurissent un peu partout et trois drapeaux trônent sur les édifices : celui de l’Albanie, celui des Etats-Unis et celui de l’OTAN. Dopés par ces soutiens et convaincus de continuer à bénéficier de leur impunité les chefs de clans albanais préparent la suite qui est la réalisation d’une Grande Albanie comprenant le Kossovo, la partie Nord et Ouest de la Macédoine, les parties Nord-Est et Sud-Est du Monténégro et le Nord-Ouest de la Grèce baptisé Shameria. A cela ils ajoutent en Serbie les places de Bujanovac, Presevo et Medvedje ainsi que le Sandjak de Novi Pazar en partie slave musulman et non albanais. Il est évident que cet objectif est facteur de troubles et de guerre régionale pour le futur, ce qui entre dans le calcul des Américains dont le but (ici comme ailleurs) n’est pas la paix ni la résolution des conflits mais l’entretien des antagonismes et de l’instabilitépour justifier leur présence militaire, multiplier les micro-entités non viables, affaiblir l’Europe et partir à la conquête de l’Eurasie.
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