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 OGM en France... encore

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Ferrier
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Localisation : Europe-Nation

MessageSujet: OGM en France... encore   Mar 6 Sep - 10:15

Citation :
OGM : déjà un millier d'hectares en France

La France n'est plus un pays sans OGM. Pour la première fois, des agriculteurs ont cultivé cette année en France plus de mille hectares de maïs transgénique, une information gardée jusqu'ici secrète au ministère de l'Agriculture. Les chiffres officiels font état d'au moins 500 hectares cultivés, principalement dans le Sud-Ouest, mais la superficie réelle – sûrement très supérieure – est inconnue, car faute de réglementation adéquate en France, la déclaration par les agriculteurs n'est pas obligatoire. Cette absence d'information sur l'étendue réelle des cultures et leur localisation précise est très gênante, car elle empêche tout contrôle des risques de contaminations de ces nouvelles variétés végétales. Heureusement, aucun effet sur la santé humaine n'a été identifié à ce jour dans les produits autorisés, et les risques d'allergies sont surveillés de près pour les nouvelles variétés.

Yves Miserey

[06 septembre 2005]

La nouvelle peut paraître incroyable : cette année, les agriculteurs français ont commencé à se lancer dans la culture de maïs OGM. En 2004, ce type de culture était resté totalement confidentiel, discrédité par une bonne partie de la population. Les surfaces dédiées à des cultures commerciales, sans aucun lien avec les essais en plein champ, n'avaient pas dépassé 17,5 ha. L'année 2005 marque donc un réel tournant. En effet, les services de la protection des végétaux ont d'ores et déjà enregistré des déclarations de mises en culture de maïs OGM sur près de 500 hectares. Un bond significatif alors que le marché est verrouillé par la crainte des OGM, des clauses contractuelles obligeant même des agriculteurs de certaines coopératives à ne pas cultiver d'OGM.

Douze départements sont concernés dont une forte majorité du Sud-Ouest : Aude, Gers, Haute-Garonne, Landes, Lot-et-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne. La superficie réelle d'OGM cultivés en France dépasse les 500 hectares car, aujourd'hui, faute de réglementation, les déclarations de cultures de maïs OGM autorisées en Europe n'ont pas un caractère obligatoire. Or, dans le Sud-Ouest, on sait que des agriculteurs ont acheté des semences OGM en Espagne. Ils les plantent dans leurs champs et vont ensuite vendre leur production de l'autre côté des Pyrénées pour la consommation animale.

Cette pratique n'a rien d'illégal car les variétés autorisées dans un pays de l'Union européenne (l'Espagne en l'occurrence) se trouvent automatiquement inscrites au Catalogue européen au bout de quelques mois et sont ainsi autorisées à la culture dans les autres pays européens. «Je suis dans l'incapacité de dire combien d'hectares d'OGM ont été plantés, confie Christian Pees, président de la coopérative Euralis dont le siège social est basé à Lescar (Pyrénées-Atlantiques). Mais c'est certain qu'il doit y en avoir plusieurs centaines.»

L'ensemble des surfaces déclarées se répartit actuellement entre des programmes d'accompagnement des cultures biotechnologiques (20%) conduits par l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM), des cultures pour la production de semences (40%) et des cultures à strict objet commercial.

Les multiples destructions de parcelles d'essais par les «faucheurs volontaires» de José Bové qui dénoncent la mainmise des multinationales sur les semences, ont donc pu laisser croire que les cultures OGM étaient définitivement bannies de notre pays. Et voilà qu'on découvre qu'il n'en est rien. Ce retournement de tendance embarrasse au premier chef le ministère de l'Agriculture qui n'a toujours pas retranscrit la directive européenne de 2001 réglementant les cultures OGM. A plusieurs reprises d'ailleurs, Bruxelles a rappelé à l'ordre les autorités françaises réticentes à s'engager dans cette négociation potentiellement explosive.

Selon nos informations, lors d'une réunion au ministère la semaine dernière, les représentants des services de la protection des végétaux ont reçu l'ordre de ne pas communiquer sur cette nouvelle donne. L'AGPM, qui poursuit plusieurs programmes de coexistence de maïs OGM avec les variétés conventionnelles, a choisi, elle aussi, de garder le silence. «Ça ne sert à rien de communiquer actuellement», confie Luc Esprit, président de l'AGPM, qui avoue craindre des destructions de parcelles. La firme Pioneer, filiale de DuPont qui, selon nos informations, pilote plusieurs cultures de maïs OGM à visée strictement commerciale n'a pas, elle non plus, souhaité répondre à nos questions.

L'information a seulement fait l'objet d'un entrefilet dans le numéro de juillet de la revue spécialisée Semences et Progrès.

Dans cette affaire, ce qui jette surtout le trouble, c'est qu'il n'existe actuellement aucune réglementation pour encadrer ces cultures OGM. On ne sait même pas où on les cultive ni en quelle quantité. On ne peut qu'espérer que leurs promoteurs ont pris les précautions nécessaires pour éviter les risques de contamination des cultures conventionnelles par des OGM.

La loi de transposition de la directive européenne de 2001 devrait être discutée en fin d'année. Elle devrait largement s'inspirer du décret royal espagnol publié le mois dernier (notre encadré).

Des discussions sont en cours actuellement, notamment sur la responsabilité en cas de contamination d'une culture conventionnelle par une culture OGM. Qui paiera ? La question n'a pas encore été tranchée. Le taux maximal acceptable d'OGM présent accidentellement dans les denrées alimentaires fait lui aussi l'objet de discussion.

L'Europe prévoit 0,9% mais l'Allemagne vient de fixer un taux de 0,1%, ce qui revient à signer l'arrêt de mort des OGM. En avril dernier, la mission parlementaire Le Déaut-Ménard préconisait un seuil unique de 0,9% pour toutes les cultures traditionnelles, semences ou biologiques.
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