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 Immigration chinoise en Russie

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Lonewolf
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Localisation : Front Est

MessageSujet: Immigration chinoise en Russie   Sam 27 Aoû - 23:00

Citation :

L'Express du 09/08/2001
«Péril jaune» sur la steppe

par Sylvaine Pasquier, Alla Chevelkina

Immigrés clandestins ou légaux, commerçants ou «navettes», les Chinois sont de plus en plus nombreux dans l'Extrême-Orient russe. Ce qui commence à inquiéter les populations locales


A une centaine de kilomètres de Vladivostok, dans le labyrinthe à ciel ouvert du marché chinois d'Oussourisk, seuls les acheteurs sont russes. Attirés par des prix sans concurrence, ils viennent de tous les territoires de l'Extrême-Orient, voire de Sibérie. Les échoppes croulent sous la sape pas chère made in China, mousselines synthétiques aux tons fluo, vrai denim de Harbin, pseudo-Adidas et fausses Reebok, sous les Thermos décorées de fleurs éclatantes, les ventilateurs et les gadgets électroniques.


Chinois ou sino-coréens, les commerçants baragouinent à peine la langue de Pouchkine, hormis les quelques phrases indispensables au négoce. «On vend beaucoup, explique Lee Hai Feng, 23 ans, alias Sacha, mais les flics du coin réclament de l'argent, de 50 à 100 roubles par vendeur, jusqu'à trois fois par mois. Ils sont moins gourmands que nos douaniers en Chine, mais ils nous tapent dessus. Et, quand des bandes de hooligans russes débarquent ici, ils ferment les yeux.» Mieux vaut ne pas se fier à la frêle stature de Lee: il a des épaules de karatéka. Natif de Qiqihar, une ville de plus de 1 million d'habitants du Heilongjiang, la province chinoise limitrophe, il a rejoint son oncle, qui travaille ici depuis deux ans, la nuit, quand la vente en gros prend le relais du commerce de détail. A Oussourisk, le marché chinois ne s'arrête jamais.

Pression démographique

Officiellement, Lee est un «touriste». Auprès d'une agence spécialisée dans cette filière, il a acheté un «bon de voyage» qui autorise un mois de séjour dans le pays voisin. Coût: 6 000 roubles, l'équivalent de 200 dollars. A l'échéance, il regagne la Chine, y passe trois ou quatre jours et revient. L'espace exigu de son étal lui coûte 5 000 roubles par mois. «Il en faut encore 3 000 pour avoir un lit.» Avec deux autres compatriotes, Lee dort dans un conteneur, l'un de ces caissons métalliques en principe réservés au transport des marchandises. Equipés d'une lucarne découpée au chalumeau, ils forment par dizaines les quartiers-dortoirs du marché, en expansion constante. «C'est glacé l'hiver, étouffant l'été», soupire-t-il. Pourquoi accepter cette vie? «Je pourrais trouver du travail en Chine, mais le pire, chez nous, c'est le manque de place, trop de monde!»


L'Extrême-Orient russe compte de 7 à 8 millions d'âmes, dont moins de 5 millions dans les territoires frontaliers de Primorié, de Khabarovsk et de la région de l'Amour. En face, 110 millions de Chinois s'entassent dans les trois provinces qui formaient autrefois la Mandchourie - dont 38 millions pour le seul Heilongjiang. «D'un côté, il y a en moyenne 1 Russe par kilomètre carré; de l'autre, 380 000 Chinois», constate Oleg Zotov, chercheur à l'Institut de l'Extrême-Orient à Moscou. Par ailleurs, à l'instar de la Sibérie et du Grand Nord, ces confins russes baignés par le Pacifique subissent non seulement le déclin démographique national, mais aussi un exode partiel de leurs habitants. Dès lors, comment mettre en œuvre leur développement? A l'Institut de prévision de l'économie nationale, Janna Zaïonchkovskaïa, chef du laboratoire des migrations, estime que «l'intérêt objectif de la Russie est de favoriser l'immigration chinoise», car «il serait plus profitable de produire chez nous avec l'aide des migrants que d'acheter à l'étranger».


Aux prises avec la perception vertigineuse de son propre vide, le kray (territoire) de Primorié se débat avec ses coupures d'électricité, ses hivers sans chauffage et l'opacité mafieuse d'un système de pouvoir local hérité de l'ancien gouverneur Evgueni Nazdratenko. A plus de 9 000 kilomètres de Moscou, le sentiment d'être abandonné par le centre se double de l'irritation d'avoir à s'y soumettre. Enfin, ici comme à Khabarovsk, les fantômes de l'Histoire rôdent sur les berges des fleuves frontières - l'immense Amour, que les Chinois nomment «Dragon noir» (Heilong), et l'Ussuri. En 1969, la rivalité entre Moscou et Pékin dégénéra en affrontements violents pour le contrôle de Damanskiy, une île sur le cours de l'Ussuri. Occupée par l'armée soviétique, il fallut attendre 1990 pour qu'elle soit restituée à Pékin - décision ressentie localement comme une capitulation. «Quand j'entends parler aujourd'hui d'amitié avec la Chine, ironise, sur place, un officiel, pour moi, c'est comme vivre dans un appartement communautaire, avec un voisin imposé. Si ça ne va pas, un jour ou l'autre, vous êtes obligé de déménager.»


Les sondages périodiques réalisés par l'Institut d'histoire, d'ethnologie et d'archéologie de Vladivostok débusquent les hantises. Près de la moitié des personnes interrogées estiment que, à terme, l'expansion lente de l'immigration chinoise aboutira à la perte de l'Extrême-Orient pour Moscou. 16% pensent que la région sera cédée à Pékin par un accord. 12% enfin redoutent une invasion armée... «Ici, les gens parlent du ‘‘péril jaune'', se récrie Vladimir Ochenko, rédacteur en chef du quotidien Vladivostok, alors que vous auriez peine à en trouver un seul qui n'utilise pas de produits chinois ou qui n'ait fait un jour la ‘‘navette'' avec la Chine.» Le fait que l'Extrême-Orient russe ait survécu au marasme postsoviétique grâce aux importations massives et bon marché en provenance du grand voisin est pour d'autres la preuve qu'il est déjà dans l'orbite de Pékin.

Des entreprises à capitaux chinois

Fantasmes? Dans les rues, on cherche en vain les envahisseurs. Des estimations alarmantes circulent. Combien sont-ils, 200 000 ou 2,5 millions? Certains disparaissent dans l'immensité russe, d'autres cherchent un passage vers l'Occident. L'an dernier, le kray de Primorié a enregistré plus de 163 000 visiteurs, dont les deux tiers, au moins, venus de Chine. «Après l'accord de 1992 sur le tourisme sans visa entre les deux pays, de 40 à 45% de nos voisins ne repassaient pas la frontière, reconnaît Viktor Plotnikov, au département des visas de Vladivostok. On a renégocié les modalités. Aujourd'hui, il n'y a guère que 0,3% de cas litigieux.»


Responsable adjointe du service d'immigration, Taïssia Rojanskaïa ne se leurre pas: «Des clandestins, il y en a, mais à mon sens pas plus de 10 000. Nous, on s'occupe des 13 000 immigrants légaux, ouvriers et cadres, qui ont l'autorisation de travailler ici un an.» A l'entendre, le prolétaire chinois n'a pas son pareil: il ne demande ni logement, ni crèche, ni assurance médicale et ne regarde pas aux heures supplémentaires: «Il lui suffit d'être payé»... Les entreprises à capitaux 100% chinois se multiplient. Seize scieries se sont installées à Dalnerechensk. «Bien sûr, les Chinois préfèrent acheter des troncs bruts, mais pas question, explique Guennadi Medvetskii, n° 2 de l'administration locale. On a posé nos conditions: 75% d'ouvriers russes, à prendre ou à laisser! Toute la production part en Chine, d'où elle est exportée au Japon à des tarifs plus de trente fois supérieurs à ce qui nous est payé.» En ville, on murmure que les managers chinois imposent une discipline de fer. A l'égard de ces patrons de 30 ans, hermétiques aux habitudes russes, s'exprime une ambivalence constante, comme si leur présence était tolérée mais moralement insupportable.


Le 16 juillet dernier, Vladimir Poutine et son homologue chinois, Jiang Zemin, ont signé un traité d'amitié et de coopération qui lie pour vingt ans leurs deux pays. L'un et l'autre veulent contrer l'hégémonie américaine, mais sans parvenir à dissiper les rivalités et la méfiance mutuelle.

L'avenir n'est pas rose là-bas non plus...

Certains ont beau nous claironner que les menaces successives rouges, vertes, et bientôt jaune, ne sont que des leures US pour avancer les pions mondialistes, et aussi que la Chine n'a jamais été expansioniste, n'empêche qu'invasion, domination et hégémonie ne signifient aucunement... militaire, armes, guerres... Certains n'ont toujours pas compris...
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G
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MessageSujet: Re: Immigration chinoise en Russie   Sam 27 Aoû - 23:12

En 1905, Guillaume II avait flairé le problème, d'où son soutien aux Russes.
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Lorettain
Optione
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Masculin Nombre de messages : 192
Localisation : Québec

MessageSujet: Re: Immigration chinoise en Russie   Dim 28 Aoû - 14:34

Hum. Ça fait peur effectivement. La Chine est une puissance montante et tôt ou tard, elle devrait devenir expansionniste. Quel territoire cherchera-t-elle à conquérir ? La sibérie est certainement en tête des candidats et le restera tant que la Russie montrera tous ces signes de faiblesse internes. Sur ce point, la Russie aurait tout avantage à s'unir à l'Europe, qui saurait lui donner un poids qui dissuaderait la Chine à jamais.

D'autre part, il faut aussi relativiser les choses. La Sibérie est froide et ce n'est pas tout le monde qui souhaite y vivre. Au Canada, pays de froid, on est 30 millions et au sud, on a 300 millions d'états-uniens qui vivent sur un territoire plus petit que le nôtre. Jusqu'a maintenant, ce n'est pas de ce voisin que provient l'invasion migratoire....
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Wolf
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MessageSujet: Re: Immigration chinoise en Russie   Dim 28 Aoû - 16:21

La perte de l'extreme orient russe, serait une perte inestimable pour la grande europe (si elle vient un jour a exister)
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MessageSujet: Re: Immigration chinoise en Russie   Aujourd'hui à 14:07

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