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 Un grand sanctuaire gaulois mis au jour

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Ferrier
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MessageSujet: Un grand sanctuaire gaulois mis au jour   Mer 3 Aoû - 21:52

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Un grand sanctuaire gaulois mis au jour

LE MONDE | 02.08.05 | 14h00 • Mis à jour le 02.08.05 | 14h00

CLERMONT-FERRAND de notre correspondant

"Si on était au Moyen Age, on parlerait de cathédrale." L'image est osée mais c'est celle qui vient spontanément à l'archéologue Matthieu Poux, du pôle archéologique Rhône-Alpes et enseignant à l'université de Nîmes. Avec son équipe, il a mis au jour, au cours des trois dernières années, le plus grand sanctuaire gaulois du sud de la France, situé sur le plateau de Corent, à une vingtaine de kilomètres au sud de Clermont-Ferrand.

Un parc sur le site d'Alésia

Après cinq années d'études, les grandes lignes du programme du parc archéologique d'Alésia ont été adoptées par le conseil général de la Côte-d'Or. Comme le précise le numéro spécial des Dossiers d'archéologie de juillet-août, consacré à Alésia, ce parc sera situé sur le territoire d'Alise-Sainte-Reine (Côte-d'Or) et des neuf communes alentour. Le siège d'Alésia, au cours duquel Vercingétorix fut battu par César en l'an 52 avant Jésus-Christ, constituera la clé d'entrée du parc archéologique, constitué de deux pôles distants d'environ 2 kilomètres et d'un vaste réseau de circuits.

Le premier pôle, dans la plaine des Laumes, comprendra, à partir de 2008 ou 2009, un "centre d'interprétation". Le second, situé à l'est du village d'Alise-Sainte-Reine, intégrera un champ de fouilles, une base archéologique et un nouveau musée. Les visiteurs pourront ainsi revivre et comprendre le siège d'Alésia en se mettant aussi bien à la place des Gaulois que des Romains. Puis imaginer le site au temps des Gallo-Romains en allant à la rencontre des vestiges des premiers siècles de notre ère.
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Ce plateau qui dresse ses flancs escarpés au-dessus de la rivière Allier pourrait devenir aussi prestigieux que celui de Gergovie, à moins d'une dizaine de kilomètres de là, où Vercingétorix mit en déroute les légions de César, en 52 avant J.-C. "Corent est un site majeur. Il ne fait aucun doute qu'il s'agit du plus grand sanctuaire des Arvernes, au IIe siècle avant notre ère."

Au début du mois de juillet, une nouvelle campagne de fouilles s'est ouverte. "Nous essayons maintenant de voir ce qu'il y a autour du sanctuaire, explique Matthieu Poux. Nous commençons à voir apparaître des ruelles. L'existence d'une ville importante est en train de se confirmer."

L'hypothèse du sanctuaire avait pris forme en 2001, lors de la première campagne de fouilles. Avec une difficulté inhérente à la civilisation gauloise d'avant la conquête romaine. "On est dans une culture du bois, ajoute Matthieu Poux. Contrairement à la période gallo-romaine, l'architecture monumentale a complètement disparu. On travaille sur des fantômes, sur du négatif. En 2004, nous sommes passés de l'hypothèse à la certitude. Nous avons pleinement réalisé que nous avions affaire à un très grand sanctuaire. Nous en avons maintenant un plan complet permettant de proposer une restitution en trois dimensions."

Daté de 150 avant J.-C., le sanctuaire est un grand carré d'une cinquantaine de mètres de côté. Il était entouré d'une galerie couverte, supportée par des poteaux espacés de 3,20 mètres, la mesure exacte du pied grec. "Nous avons retrouvé 35 trous de poteaux sur les 48 probables, poursuit Matthieu Poux. Chacun fait 40 centimètres de diamètre pour 1 mètre de profondeur. Cela veut dire que l'enceinte faisait au moins 4 mètres de haut. Nous avons aussi retrouvé des centaines d'éléments de charpente en fer qui témoignent d'une construction très élaborée pour une époque où ce métal reste rare." A l'intérieur du sanctuaire, deux enclos et des cuves à libation ont été repérés, traces des grands banquets qui s'y déroulaient.

La monumentalité du sanctuaire de Corent met à bas la vision romantique de la religion celte, dominée par l'image de druides allant cueillir du gui et faire des sacrifices dans la forêt. "Les Gaulois avaient un panthéon polythéiste très structuré et pratiquaient leur religion dans des sanctuaires, à l'instar des Grecs et des Romains."

Avec Corent, c'est aussi un renouvellement de la vision commune de la civilisation gauloise qui est à l'oeuvre. "Au XIXe siècle, le Gaulois était un bon sauvage, primitif mais courageux, note Matthieu Poux. A l'inverse, il y a aussi eu la thèse d'une civilisation paneuropéenne avec un mode de vie très proche de celui des Grecs et des Romains. C'est là aussi une vision erronée. En fait, Corent permet d'élaborer une vision médiane. Les relations avec le monde romain sont établies, mais les Gaulois avaient une culture très originale, très indépendante, avec des pratiques inconnues à Rome."

Dans les prochaines années, l'exploration de Corent ­ le plateau s'étend sur une quarantaine d'hectares ­ devrait éclairer un autre aspect de la civilisation gauloise d'avant la conquête. Celui d'une civilisation fortement marquée par un phénomène urbain de grande ampleur. "Le sanctuaire n'était pas qu'un lieu de culte, mais aussi le coeur de la vie publique, précise Mathieu Poux. Tout autour, il y a une agglomération très importante ­ sans doute de plusieurs milliers d'habitants ­ dont on a déjà repéré les structures du réseau de voirie." Pour lui, il ne fait pas de doute que Corent a été l'une des capitales, si ce n'est "la" capitale du peuple arverne, dont l'influence s'exerçait sur une grande partie de la Gaule.

La présence d'une ville fortifiée ­ un oppidum ­ a été pressentie il y a une dizaine d'années par l'Association pour la recherche sur l'âge du fer en Auvergne (Arafa). Au IIe siècle avant notre ère, les riches terres de la Limagne, autour de Clermont-Ferrand, connaissaient une densité de population "inégalée à l'échelle européenne". "C'était une population rurale très éparpillée, explique Vincent Guichard, président de l'Arafa et directeur général du Centre européen d'archéologie du mont Beuvray (Nièvre). Il y avait quelques grosses bourgades, mais pas d'agglomérations fortifiées polarisant le territoire."

Brusquement, à la charnière des IIe et Ier siècles, la plaine a semblé se désertifier au profit d'une "ville nouvelle". "C 'est un phénomène qui a concerné toute l'Europe et qui diffère profondément du modèle gréco-romain de villes qui se développent progressivement à partir de foyers de peuplement anciens. Chez les Celtes, c'est au contraire très rapide, les différentes fonctions venant se regrouper à l'intérieur d'une enceinte construite au préalable. C'est aussi un modèle urbain qui fonctionne peu de temps. Ces villes sont abandonnées quelques décennies plus tard, après la conquête romaine."

Si l'existence d'une ville importante ne fait guère de doute, reste quand même une inconnue : quel est le nom de l'oppidum de Corent ? Ce point pourrait relancer les spéculations sur la localisation de Gergovie. En dépit de polémiques locales, un consensus se dégage dans la communauté scientifique pour situer le lieu de la bataille sur le plateau éponyme situé aux portes de Clermont-Ferrand.

Le lieu de la bataille est-il aussi celui de la ville de Gergovie ? Dans La Guerre des Gaules, César lui-même semble accréditer l'idée que le site de la bataille n'est peut-être pas celui de la ville. Gergovie ­ la bataille ­ sur son emplacement actuel et Gergovie ­ la ville ­ sur le puy de Corent ? L'hypothèse brûle les lèvres même si aucun archéologue ne veut l'avancer publiquement.

Manuel Armand
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