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 DRUIDES: Prêtres ou Philosophes ?...

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Yann-Ber TILLENON
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Nombre de messages : 29

MessageSujet: DRUIDES: Prêtres ou Philosophes ?...   Ven 8 Oct - 21:17

GRANDE-BRETAGNE — Le réseau des druides (Druid Network), une association britannique, a été reconnu comme ayant une activité « dans l'intérêt du public » et donc pourra bénéficier de l'exemption d'impôts dont bénéficient les religions. Cette officialisation arrive près de 2000 ans après l'interdiction de ce culte par les conquérants romains en 45. L'empereur romain Claude aurait justement décidé d'envahir la Bretagne (la grande) afin de neutraliser la religion druidique, susceptible d'être un ferment nationaliste en Gaule (et ceci plus de trois siècles avant l'officialisation du christianisme dans l'empire)

« Il y a une foi suffisante dans un être ou une entité suprême pour constituer une religion », a estimé la commission britannique (Commission des organisations caritatives) chargée d'examiner la requête à l'issue d'un processus de près de cinq ans.

La BBC explique que le renouveau du druidisme est lié à l'intérêt du public pour les questions environnementales. Le druidisme autrefois, comme le néo-druidisme aujourd'hui, ayant toujours professé un respect de la nature irréprochable.

À noter qu'il existe plusieurs organisations druidiques en Bretagne dont une, le « Gorsedd de Bretagne », publie régulièrement des communiqués sur le site de l'Agence Bretagne Presse. ■


Il faut le répéter inlassablement. Même s'ils étaient formés à la fonction théologique, les « druides » n'étaient pas seulement des prêtres (beleion). Ils étaient aussi formés à la fonction politique des rois (riourion), artistique (barzhed) et scientifique (ovizion) des quatre premiers étages de la conception septénaire de l'univers chez les indo-européens : Les quatre étages formant le territoire et la société. Ainsi ils pouvaient monter au-dessus, au niveau des trois étages supérieurs formant la triade de l'État spirituel dirigeant.

C'est une déformation sous l'influence du christianisme monothéiste de réduire le spirituel à la fonction religieuse des curés. Le polythéisme engendre, évidemment, la polyvalence. Les druides n'étaient pas dans « l'un OU l'autre ». Ils étaient dans « l'un ET l'autre » ! En celtisme la vérité est paradoxale. C'est l'inclusion des contraires, des opposés de la « coïncidentia oppositorum » qui engendre la tolérance.

Les druides étaient des philosophes au sens grec du terme, dans la forme de l' « État philosophique » de l'époque. Ils étaient l'élite. Ils formaient l'État. C'était un peu les « énarques » de l'époque. « Druide » est même, approximativement, la traduction en langue celtique du grec « philo sophia », « aimer la sagesse ». « Sagesse » a la même racine, le même sens, que « savoir » et « sapiens ». « Druide » vient de « tru-wides ». « Tru » a donné « truth », « vrai » en anglais, « treuer », « fidèle » en allemand, « très » en français. « druide » signifie donc « très sage », « très savant » en français.

Il est important de connaître tout cela pour comprendre notre capital historique, notre héritage. Ce n'est pas par nostalgie… Ce n'est pas pour prôner un « retour à ». C'est un « recours à », pour construire une alternative à la déliquescence. Il nous aide à comprendre ce que nous devons faire pour bâtir un nouvel État philosophique conforme à l'ordre cosmique, à l'ordre naturel en cette époque de dérèglement global, de prochaine « convergence de catastrophes ».

Les « nouveaux druides » devront donc maîtriser les politiques, comme les prêtres (Belec , beleion) quel que soit le nom de leur religion… Comme aussi les artistes et autres producteurs ainsi que les « hommes de science »... C'est ce qui a, semble-t-il, influencé Pythagore en Grèce antique et inspiré ensuite Platon pour sa « République » ... (Lire « Les druides », des philosophes chez les barbares, (seuil) de Jean-louis Brunaux du CNRS)

L'étude scientifique des mythes cosmogoniques relatant la création de I'univers et de I'homme dans les différentes traditions montre qu'il exista une vision mythique commune à toute l'humanité, transmise depuis la Préhistoire. C'est ce que nous transmettaient les druides. L'homme était considéré comme un univers miniature, parfaitement intégré au cosmos avec lequel il devait vivre en harmonie. Le monothéisme c'est le “ceci OU cela”, quand en vérité, dans une intuition globale, coexistent et se réunissent l'unique et le multiple.

Les choses sont conjointement “ceci ET cela”. La Civilisation occidentale du “OU” est condamnée depuis longtemps. L' effort de l'Emsav est celui qui doit être fait à présent pour aborder à nouveau la civilisation du “ET”, copulatif et synchronique. Il doit permettre unité et diversité. C'est la Pensée du CENTRE. Elle est symbolisée par la croix druidique dans la tradition celtique et dans toutes les grandes Traditions par la voie du cœur. C'est celle qui permet de procurer une stabilité transcendante.
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MessageSujet: Re: DRUIDES: Prêtres ou Philosophes ?...   Ven 8 Oct - 21:30

Les druides étaient des prêtres mais qui à la différence des brahmanes entendaient représenter le dieu Lugh (Lugus) dans sa dimension polytechnicienne.

Prêtres, ils devaient donc être aussi forgerons, architectes, poètes... etc, d'où la nécessité de suivre une formation de 20 ans.

Les druides "modernes" doivent davantage à mon sens imiter les brahmanes (ou les druides irlandais) que les druides de Gaule continentale. La dimension "polytechnicienne" de certains corps druidiques ne me paraît pas une nécessité dans nos sociétés modernes.

L'ouvrage de Brunaux est très sujet à caution, notamment en raison de sa négation du fait indo-européen et de son refus de la méthode comparatiste brillamment illustrée par le couple Guyonvarc'h/Le Roux. Ajoutons enfin que la croix celtique est une christianisation de la roue solaire celte (qu'on retrouve aussi avec la rouelle de Taranis). Je ne pense donc pas qu'on puisse en faire des philosophes, le lien avec Pythagore me paraît relever d'un mythe gréco-romain (lié notamment au mythe des Hyperboréens).

En tout cas, il faut se féliciter de cette reconnaissance mais ne pas être trop exigeant des néo-druides. S'ils connaissent les mythes et les rites, sont sérieux, et sont de bons polythéistes, cela me suffit amplement.
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