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 Théorie de la continuité paléolithique

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Constantino
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Masculin Nombre de messages : 21

MessageSujet: Théorie de la continuité paléolithique   Sam 2 Oct - 18:09

Intéressante théorie que je viens de découvrir. Qu'en pensez-vous ?

Citation :
Théorie de la continuité paléolithique
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La Théorie de la continuité paléolithique (PCT) imaginée par le linguiste italien Mario Alinei propose de faire remonter au paléolithique final l'origine des langues indo-européennes et rejette l'hypothèse communément admise d'une invasion par une civilisation plus évoluée venue d'Orient. Elle réfute également la Théorie de la dispersion néolithique (NDT) de Colin Renfrew qui lie l'apparition de l'agriculture à une colonisation indo-européenne pacifique au néolithique.

La théorie de Mario Alinei est vivement controversée dans les milieux universitaires, dans la mesure où elle consiste en une remise en question radicale de tout ce qui était considéré comme acquis dans le domaine.

Influencée à l’origine par les travaux de Karl Frederik Meinander sur les langues finno-ougriennes[1], la théorie de la continuité paléolithique propose donc une alternative au modèle invasionniste de diffusion des langues indo-européennes. La démarche de Mario Alinei se décompose en deux étapes :

1. une réfutation du modèle invasionniste ;
2. la proposition d’une alternative (la théorie de la continuité paléolithique).

C’est cette deuxième étape qui a fait l’objet de vives controverses.
Sommaire
[masquer]

* 1 Réfutation du modèle invasionniste indo-européen
* 2 La proposition d'une alternative
* 3 Critiques
* 4 Liens
* 5 Notes et références

Réfutation du modèle invasionniste indo-européen [modifier]

Selon le modèle invasionniste couramment admis, un peuple de cavaliers venus de l’Est aurait envahi l’Europe à l’époque du Chalcolithique et diffusé ainsi sa langue et sa culture. Cette thèse qui remonte notamment aux travaux des néo-grammairiens allemands (Franz Bopp, Jacob et Wilhelm Grimm, fut soutenue notamment par Antoine Meillet et deux de ses plus brillants élèves, Emile Benveniste et Georges Dumézil, puis plus tard par l’archéologue lituanienne Marija Gimbutas, qui en demeure aujourd’hui l’un des principaux partisans.

L’archéologue britannique Colin Renfrew porte le premier un coup au modèle invasionniste[2] en soulignant l’absence de preuves archéologiques convaincantes, et en lui reprochant sa circularité logique : les archéologues doivent chercher des traces de cette invasion qui la confirmeraient, alors que, selon lui, c’est l’inverse qui devrait se produire. Parallèlement, un autre archéologue, Jean-Paul Demoule[3], souligne de son côté la compromission idéologique du modèle. Enfin, Mario Alinei estime que ce principe de diffusion linguistique serait, s’il était avéré, un cas unique au monde[4].

C’est sur ces prémisses que se fondent les modèles alternatifs de Renfrew (la théorie de la dispersion néolithique) et d’Alinei (la théorie de la continuité paléolithique). Dès lors, leurs conclusions divergent assez nettement. Renfrew et Alinei ne furent pas les premiers à s’interroger sur la validité du modèle invasionniste : des archéologues tels que Albert Grenier avaient déjà pris leurs distances avec cette théorie dès les années 1940[5].
La proposition d'une alternative [modifier]

Mario Alinei expose sa théorie et ses arguments dans le très volumineux ouvrage qui est au cœur de son travail[6]. Il se fonde notamment sur le principe du « lexical self-dating[7] », selon lequel un mot apparaît pour la première fois conjointement à l’innovation qu’il désigne. Cette méthode ne peut concerner que ce qu’Alinei appelle des « notions datables » (outils, techniques, institutions sociales, etc). Il obtient ainsi un système de « périodisation lexicale[8] ».

Il postule en outre que toute culture (au sens archéologique) est produite originellement par un peuple qui parle une langue donnée, qui imagine donc les mots désignant les innovations liées à cette culture. Selon Alinei, même si une culture est supplantée par une autre (cas fréquent), la culture originale, bien qu’altérée, finit par réémerger.

Se fondant donc sur la recherche archéologique, il est possible d’obtenir une carte des différentes cultures qui se sont succédé partout à toutes les époques. Ce genre de méthode fut du reste utilisée par le linguiste Gordon Childe au début du XXe siècle. Partant, Alinei suggère qu’aucune invasion indo-européenne n’est nécessaire puisque la différenciation linguistique s’est faite à la fin de la glaciation de Würm (-8000), quand l’homo sapiens a progressivement colonisé l’Europe qui se libérait des glaces. Dans cette même perspective, les zones montagneuses (Alpes) et le nord de l’Europe ont été peuplés plus tardivement, expliquant la progressive différenciation linguistique.

Il appuie donc sa théorie sur les arguments suivants :

* l’absence de traces archéologiques d’une invasion, pacifique ou non, et au contraire les preuves d’une continuité culturelle ;
* la corrélation entre l’homogénéité génétique des population et leur homogénéité linguistique ;
* la très importante implication du patrimoine génétique européen héritée du Paléolithique (80 %) ;
* la faible cohérence du vocabulaire indo-européen pour le lexique de l’agriculture par exemple, ce qui implique que les locuteurs du proto-indo-européen ne la connaissaient pas[9]. D’autres catégories lexicales sont également différenciées[10].

Il réfute enfin la théorie de la dispersion néolithique de Colin Renfrew, considérant que les migrants venus de l’est avec l’agriculture n’ont que faiblement contribué au changement linguistique, et n’étaient donc pas, selon lui, des Indo-Européens.
Critiques [modifier]

La principale critique adressée à la théorie d'Alinei concerne la corrélation supposée entre l'homogénéité génétique et l'homogénéité linguistique.
Liens [modifier]

* Site de la PCT : de nombreux articles d'Alinei accessibles.
* Jean-Paul Demoule, « Destin et usages des Indo-Européens », in Mauvais temps, n° 5, juillet 1999.

Notes et références [modifier]

1. ↑ Meinander, Carl Fredrik (1973), Studies in the Anthropology of the Finno-Ugrian Peoples Helsinki.
2. ↑ Renfrew, C. 1987, Archaeology and Language: The Puzzle of Indo-European Origins, London: Pimlico.
3. ↑ Demoule, J-P. 1999, « Destin et Usages des Indo-Européens » in Mauvais temps, n° 5, juillet 1999, Syllepse.
4. ↑ Alinei, M. 1997, « Toward an Invasionless Model of Indoeuropean Origins : The Continuity Theory » in Papers from the EEA Third Annual Meeting at Ravenna Vol. I Pre-and Protohistory – Edited by M. Pearce and M. Tosi, BAR International Series 717, pp. 31-33.
5. ↑ Albert Grenier, Les Gaulois, Flammarion, Paris.
6. ↑ Alinei, M. 1996-2000, Origini delle lingue d’Europa, Bologne, éd. Il Mulino, (2 volumes, 2 000 p.).
7. ↑ Albert Grenier, Les Gaulois, Flammarion, Paris.
8. ↑ Alinei, M. 2002, « Towards a Generalized Continuity Model for Uralic and Indoeuropean Languages » in The Roots of Peoples and Languages of Northern Eurasia IV, Oulu 18.8-20.8.2000, edited by Kyösti Julku, Societas Historiae Fenno-Ugricae, Oulu 2002, pp. 9-33.
9. ↑ Villar, F. 1991, Los indoeuropeos y los orígines de Europa : Lenguaje y historia, Gredos, Madrid.
10. ↑ Alinei, M. 2002, « Towards a Generalized Continuity Model for Uralic and Indoeuropean Languages » in The Roots of Peoples and Languages of Northern Eurasia IV, Oulu 18.8-20.8.2000, edited by Kyösti Julku, Societas Historiae Fenno-Ugricae, Oulu 2002, pp. 9-33.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_la_continuit%C3%A9_pal%C3%A9olithique
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MessageSujet: Re: Théorie de la continuité paléolithique   Sam 2 Oct - 18:39

Ce sujet a été régulièrement évoqué chez nous. J'en pense que cette théorie dite aussi de l' "indigénat indo-européen" (car c'est bien de cela qu'il est question) est séduisante. Je ne crois pas en effet à l'idée d'IE comme de conquérants venus des steppes, mais bien de natifs d'Europe. En clair, il faudrait remonter toute notre chronologie de quelques milliers d'années.

Toutefois, certains problèmes de vocabulaire se posent. La roue n'existait pas en 12.000 avant J.C par exemple... or le mot IE *rotos existe... à moins de penser que ce mot avait un autre sens auparavant.

Une hypothèse serait l'existence d'un indo-européen koinê, une langue parlée sur presque toute l'Europe au paléolithique et/ou au néolithique et maintenue conforme par une caste sacerdotale.

Je ne suis toutefois pas d'accord avec Alinei sur l'absence de vocabulaire lié à l'agriculture... rien que le mot indo-européen *agros, "champ", invalide sa théorie.

En outre, je ne pense pas que la néolithisation se soit faite de l'Anatolie vers l'Europe... mais qu'il y a eu un foyer indépendant en Europe en ce domaine.

On peut penser donc qu'il existait une civilisation indo-européenne de soldats-paysans aux alentours de 6000-7000 avant J.C dans le coeur de l'Europe. Cette version est compatible avec celle de la continuité paléolithique (selon ce principe, les Européens paléolithiques ne parlaient pas le proto-indo-européen mais la langue-mère des caucasiens en général).


Dernière édition par Ferrier le Sam 2 Oct - 18:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Théorie de la continuité paléolithique   Sam 2 Oct - 18:45

Pour résumer:

au paléolithique: différenciation d'un *proto-européen, à base nostratique, en grands groupes linguistiques
au début du néolithique: apparition au sens strict du proto-indo-européen, du proto-ouralien et d'un groupe proto-caucasien (comprenant basque et langues du Caucase)
au cours du néolithique: différenciation du proto-indo-européen en dialectes indo-européens qui donneront ensuite les groupes linguistiques suivants - celte, germanique, slave... etc

PS: l'étrusque serait issu du proto-indo-européen originel et l'existence même de la langue ibère est remise en cause par certains spécialistes. A part les basques, y avaient-ils des non-indo-européens en Europe occidentale ?

Conséquences de cette thèse:

- les Indo-Européens (comme les Finno-ougriens) étaient indigènes en Europe
- la civilisation celtique était probablement présente en Europe occidentale plusieurs millénaires au moins avant la date classique retenue (et serait responsable de Stonehenge)
- l'évolution linguistique se serait déroulée sur un temps plus long que pensé auparavant
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Constantino
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MessageSujet: Re: Théorie de la continuité paléolithique   Dim 3 Oct - 17:50

Merci pour ces précisions. Je n'avais pas vu le récent échange sur le sujet avec Minotaure.

Je reviendrai sur le sujet lorsque j'aurai plus de temps car effectivement elle entraîne bien des conséquences et éclaire bien des zones d'ombres.

Cordialement
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MessageSujet: Re: Théorie de la continuité paléolithique   Aujourd'hui à 18:36

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