| | Le grand retour du socialisme européen vue par des cocos | |
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CERCLEFORUM Citoyen

Inscrit le : 04 Mai 2007 Messages : 54 Localisation : Entre Toulouse et Nimes
 | Sujet: Le grand retour du socialisme européen vue par des cocos Lun 25 Fév - 22:25 | |
| Un long article de gauchistes sur le socialisme européen. Des infos et des pistes de lectures ...
| Citation: | Le grand retour du « socialisme féodal » (le « socialisme européen »)
Le terme de « socialisme féodal », peu connu, se voit accorder une place importante dans le Manifeste Communiste et aujourd'hui justement ce concept nous est très utile.
Karl Marx et Friedrich Engels y expliquent qu'au moment des révolutions bourgeoises:
« Pour se créer des sympathies, il fallait que l'aristocratie fît semblant de perdre de vue ses intérêts propres et de dresser son acte d'accusation contre la bourgeoisie dans le seul intérêt de la classe ouvrière exploitée. Elle se ménageait de la sorte la satisfaction de chansonner son nouveau maître et d'oser lui fredonner à l'oreille des prophéties d'assez mauvais augure.
Ainsi naquit le socialisme féodal où se mêlaient jérémiades et libelles, échos du passé et grondements sourds de l'avenir. Si parfois sa critique amère, mordante et spirituelle frappait la bourgeoisie au coeur, son impuissance absolue à comprendre la marche de l'histoire moderne était toujours assurée d'un effet comique.
En guise de drapeau, ces messieurs arboraient la besace du mendiant, afin d'attirer à eux le peuple ; mais, dès que le peuple accourut, il aperçut les vieux blasons féodaux dont s'ornait leur derrière et il se dispersa avec de grands éclats de rire irrévérencieux. »
Aujourd'hui en France l'aristocratie n'existe plus en tant que telle; elle n'est plus qu'un vestige du passé, dont l'idéologie n'est plus présente que dans certains endroits (Versailles, la Vendée, ou encore Orléans), pour différentes raisons historiques (présence d'anciens nobles propriétaires, tradition militaire, tradition chrétienne, etc.).
Pourtant, si nous regardons bien, nous pouvons voir un grand retour des thèses du « socialisme féodal. »
Non pas bien entendu que certains prônent un retour au Moyen - Âge avec ses châteaux, ses nobles et ses serfs; par « socialisme féodal » il faut comprendre la nostalgie d'une époque où (soit disant) chacun s'épanouissait en faisant « son métier », en étant reconnu comme tel dans une corporation, sans risque de perdre sa place ou de voir son travail même disparaître avec le machinisme (aujourd'hui on dirait en raison de la « mondialisation. »)
Cette « nostalgie » est visible dans de très nombreuses thèses, que ce soit avec la « communauté de métiers » prônée par l'organisation d'extrême-droite bretonne ADSAV, ou bien encore dans l'ultra-gauche prônant l'artisanat, l'autosuffisance locale, « l'anti-technologie », le primitivisme, etc.
Le Manifeste Communiste dit au sujet de ce socialisme « petit-bourgeois »:
« Dans les pays où s'épanouit la civilisation moderne, il s'est formé une nouvelle classe de petits bourgeois qui oscille entre le prolétariat et la bourgeoisie ; fraction complémentaire de la société bourgeoise, elle se reconstitue sans cesse ; mais, par suite de la concurrence, les individus qui la composent se trouvent sans cesse précipités dans le prolétariat, et, qui plus est, avec le développement progressif de la grande industrie, ils voient approcher l'heure où ils disparaîtront totalement en tant que fraction autonome de la société moderne, et seront remplacés dans le commerce, la manufacture et l'agriculture par des contremaîtres et des employés.
Dans les pays comme la France, où les paysans forment bien plus de la moitié de la population, il est naturel que des écrivains qui prenaient fait et cause pour le prolétariat contre la bourgeoisie aient appliqué à leur critique du régime bourgeois des critères petits-bourgeois et paysans et qu'ils aient pris parti pour les ouvriers du point de vue de la petite bourgeoisie.
Ce socialisme analysa avec beaucoup de sagacité les contradictions inhérentes au régime de la production moderne.
Il mit à nu les hypocrites apologies des économistes. Il démontra d'une façon irréfutable les effets meurtriers du machinisme et de la division du travail, la concentration des capitaux et de la propriété foncière, la surproduction, les crises, la fatale décadence des petits bourgeois et des paysans, la misère du prolétariat, l'anarchie dans la production, la criante disproportion dans la distribution des richesses, la guerre d'extermination industrielle des nations entre elles, la dissolution des vieilles moeurs, des vieilles relations familiales, des vieilles nationalités. »
Mais il existe une différence entre l'extrême-droite et l'ultra-gauche: quelle est-elle?
Elle consiste en le fait que si l'ultra-gauche prône un retour en arrière, parce qu'elle exprime les intérêts de la petite-bourgeoisie entreprenante, les artisans, etc., l'extrême-droite, quant à elle, pratique un mélange entre le « socialisme féodal » et ce « socialisme petit-bourgeois », au sens où le socialisme, empruntant aux deux courants de pensée, est revendiqué comme une forme communautaire rejetant les machines, les organisations sociales « compliquées », la centralisation, etc., et forme un « Empire. »
Au rejet du « monde moderne » s'ajoute la thèse de l'Europe comme « source d'identité globale » fournissant le « cadre » pour vivre de manière totalement décentralisée.
Historiquement la grande affirmation européenne de ce courant est l'oeuvre de l'allemand Novalis, « Europe ou la chrétienté », que l'extrême-droite française n'a pas comme référence, mais qui en Allemagne est la première grande affirmation du « socialisme féodal » avec le Moyen-Âge européen idéalisé comme une communauté spirituelle totalement unie.
La religion a toujours joué un grand rôle dans le « socialisme féodal. »
L'Islam possède ainsi un courant religieux relevant totalement de la même ligne et très connue: le salafisme. Le terme de « salaf » signifie en arabe le « prédécesseur » ou l'« ancêtre », et désigne les compagnons du prophète ainsi que les deux générations qui suivirent.
Le salafisme est ainsi un « socialisme féodal » prônant un retour en arrière, pour vivre (soit disant) comme l'aurait fait la communauté du temps de Mahomet, avant la « décadence » de l'Islam.
Pour certains autres, c'est toute la période dite du « Califat » qui est prise comme référence. De la même manière que pour l'Europe, c'est l'Oumma (= la communauté des croyants) et le Dar Al'Islam (= le monde de la paix) qui sont pris comme source d'identité et cadre de vie.
Bien entendu, le même genre de chose existe ailleurs. Par exemple, au Japon avec le shogunat et la race japonaise soi-disant d'essence divine, en Inde avec l'idée d'une grande Inde mythique (« Akhand Bharat »), etc.
On retrouve naturellement cette conception dans l'idéologie du Vatican; le pape Benoît 16 critiquait par exemple le rock et la pop de manière similaire à ceux qui mettent en avant le slogan « être plutôt qu'avoir »: « Il s'agit, à mon avis, d'un phénomène de masses, d'une musique produite avec des méthodes et à une échelle industrielle et que l'on peut qualifier désormais de culte de la banalité. »
En France, cette forme « européenne » prétexte au « socialisme féodal » relève historiquement du fascisme, la notion religieuse chrétienne n'est donc pas présente, et on peut même voir que tous les courants prônant le « socialisme féodal » se revendiquent du paganisme, qui serait la véritable « identité » européenne.
http://www.lescommunistes.net/~infos/docus3/socfeo2007.html |
Dernière édition par Ferrier le Lun 25 Fév - 22:32, édité 2 fois |
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Inscrit le : 04 Mai 2007 Messages : 54 Localisation : Entre Toulouse et Nimes
 | Sujet: Re: Le grand retour du socialisme européen vue par des cocos Lun 25 Fév - 22:25 | |
| | Citation: | On a ainsi bien entendu les « identitaires » qui utilisent ce principe de l'Europe comme « empire », mais également, voire surtout, la « Nouvelle Droite », qui avec le GRECE (Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne) publie de nombreux documents et des revues (« Elements », « Nouvelle Ecole », « Krisis »).
Son théoricien principal, Alain de Benoist, revendique l'Europe contre le communisme et les USA. La « Nouvelle Droite » puise donc dans « l'Europe » les forces pour se régénérer: « Nous ne cherchons pas à revenir en arrière mais à reprendre les fils d'une culture trouvant en elle-même ses raisons suffisantes. Ce que nous cherchons derrière les visages des dieux et des héros, ce sont des valeurs et des normes. » (Comment peut-on être païen?, 1981).
Il va de soi que ce retour en arrière refoulé permet tout de même de rejeter le « monde moderne »: « À mes yeux, l'ennemi n'est pas "la gauche" ou "le communisme", ou encore "la subversion", mais bel et bien cette idéologie égalitaire dont les formulations, religieuses ou laïques, métaphysiques ou prétendument "scientifiques", n'ont cessé de fleurir depuis deux mille ans, dont les "idées de 1789" n'ont été qu'une étape et dont la subversion actuelle et le communisme sont l'inévitable aboutissement. » (Vu de droite. Anthologie critique des idées contemporaines, 1977).
De la même manière, on trouve un courant « nationaliste révolutionnaire » se définissant comme « socialiste révolutionnaire européen », qui publie en France la revue « Rébellion » ( Adresse : RSE - BP 62124 31020 TOULOUSE cedex 02) et se réclame « Du socialisme français dans sa diversité (Proudhon, Blanqui, la Commune, Sorel, etc.), du syndicalisme révolutionnaire, du National-Bolchévisme (Niekisch) et plus largement des socialismes enracinés dans leurs patries. Nous préconisons un socialisme respectueux de l'identité de chaque peuple dans une Europe forte et consciente de sa communauté d'origine et de destin. (...). Notre modèle est celui d'une Europe fédérale respectueuse des peuples, des régions, des communautés, des associations locales ; Europe à vocation impériale et non impérialiste. Partout dans le monde nous soutenons la cause des peuples contre l'homogénéisation et exploitation capitaliste dont les Etats-Unis constituent le principal, mais non unique, vecteur. »
Dans tous les cas, l'Europe du Moyen - Âge est idéalisée comme une société où les nations coexistaient tout en possédant soit disant une identité « commune » qui en ferait un « bloc ». Ce qui est bien évidemment complètement n'importe quoi; l'Europe du Moyen - Age vivait à l'heure de la guerre perpétuelle entre féodalités, de l'obscurantisme religieux, de l'oppression des masses paysannes par le biais du servage.... Friedrich Engels a publié à ce sujet le grand classique marxiste: « La guerre des paysans en Allemagne. »
On a donc là toute une idéologie impérialiste du 21ème siècle qui tente de masquer sa nature en faisant indirectement l'apologie des « croisades », de la « civilisation européenne », de la « naïveté naturelle de l'artisan et ses joies simples », etc.
L'objectif visé est de mobiliser les masses rejetant le chaos amené par la crise capitaliste, de les amener à revendiquer une idéologie soit disant de protestation, mais en réalité de soumission complète aux plans impérialistes de guerre, d'affrontement militaire entre blocs (notamment l'Union Européenne contre les USA).
Voilà pourquoi toute cette idéologie se révèle lorsqu'on voit d'où vient cette conception de l'Europe comme « empire ». Elle a en effet comme source l'un des principaux intellectuels de l'extrême-droite française Drieu La Rochelle, qui ayant vécu la première guerre mondiale a constaté que les puissances impérialistes européennes étaient affaiblies, alors que les USA montaient en puissance, remettant en cause l'ordre colonial traditionnel et les empires français et anglais.
Il a également constaté que les masses prenaient conscience de la réalité et que le communisme se développait.
Littéralement paniqué par cet affaiblissement de son propre impérialisme (« Je suis désespéré, moi l'Européen, j'aime encore tout ce qui fut et qui s'en va. » dit il dans « Le Jeune Européen » en 1927), il est devenu le théoricien du « socialisme fasciste » se fondant sur « l'Europe » comme « Empire »: « Je suis fasciste parce que j'ai mesuré les progrès de la décadence en Europe (...). Il y a un temps où le sang en coulant sépare, il y a un temps où le sang en coulant unit. L'Europe ne peut pas vivre sans ses patries et, certes, elle mourrait si en les tuant elle détruisait ses propres organes; mais les patries ne peuvent plus vivre sans l'Europe. Le secret du vrai socialisme, c'est de sauver les êtres humains de l'individualisme, sans tuer les fortes personnes. L'homme qui aime la force est un passionné, un fanatique (...). C'est nous qui sommes l'Europe ! L'Europe aux Européens ! Les Anglo-Saxons, foutez le camp ! » (Le français d'Europe, 1944)
Naturellement, ce projet de « grande Europe » avait besoin que soit idéalisé le passé et que soit formé le mythe d'un Moyen - Âge qui serait un « âge d'or »: « L'Europe tient au Moyen Age comme l'être mûr tient à la jeunesse. Tout ce qu'elle a de dru lui vient de là. Elle doit renouer des liens avec ce qui de cette verve première est irremplaçable. Je me réfère au passé... Mais ce n'est pas au passé, c'est à la jeunesse. Je ne suis pas du passé, je suis de la vie. Au plus profond de la déchéance, de la décadence, l'homme reprend pied. Nietzsche est le saint qui annonce le héros. » (Notes pour comprendre le siècle, 1941)
On retrouve donc le thème du « monde moderne » qui rendrait malade l'être humain, thème soit disant « nouveau » alors qu'en fait il est propre à la petite-bourgeoisie subissant la crise: « La définition la plus profonde du fascisme, c'est celle-ci : c'est le mouvement politique qui va le plus franchement, le plus radicalement dans le sens de la grande révolution des moeurs, dans le sens de la restauration du corps - santé, dignité, plénitude, héroïsme - dans le sens de la défense de l'homme contre la grande ville et contre la machine. Le fascisme qui, par ailleurs, assimile ce qui est possible du socialisme sans tomber dans l'utopie, dépasse le socialisme par son sens de l'homme. » (Chronique politique, 1943)
Drieu La Rochelle a ainsi été un « collabo » durant la seconde guerre mondiale impérialiste, car il considérait que l'Allemagne unifierait l'Europe alors que ce qu'il appelle la « bourgeoisie » aurait échoué et amènerait la décadence; pour lui le fascisme c'est la solution à la crise spirituelle produite par les « faiblesses » de la bourgeoisie.
Et ces « faiblesses » tiennent justement à ce que la bourgeoisie a « abandonné » la culture de l'artisanat, des marchés locaux, bref tout ce baratin populiste qui fait la soit disant « convivialité » de l'épicier du coin: « Le fascisme correspond à deux grandes nécessités : 1° diriger l'économie, et 2° prendre en charge politiquement, moralement et spirituellement les grandes foules modernes abandonnées par les anciennes autorités. Dans les formations qui ont passé pour fascistes, on a vu beaucoup de réactionnaires et beaucoup de modérés et beaucoup d'anti-communistes. Or, un réactionnaire est le contraire d'un fasciste, et un modéré n'étant rien ne peut pas être fasciste plus qu'autre chose. Le Fascisme n'a pas été assez socialiste. Tant pis pour lui ! Un vrai fasciste est un socialiste et un socialiste n'est vrai que si, à un moment ou à un autre, il mérite l'appellation de fasciste, parce que c'est un homme de combat et d'autorité, autant que de colère et de rupture à l'égard du capitalisme. (Le français d'Europe, 1944)
Comme on le voit donc, l'idée du « retour aux sources » n'est pas nouvelle chez les fascistes et les fondamentalistes, et elle s'accompagne SYSTEMATIQUEMENT d'une critique des « lois du marché » et d'une apologie de l'artisanat.
Le refus initial par les Talibans de la radio, de la télévision, de tout objet moderne, c'est-à-dire industriel (à part les armes américaines et les ordinateurs avec connexion internet pour les chefs, bien entendu) relève de la même problématique.
Et de fait, toute critique « romantique » du capitalisme se fonde sur la « nostalgie » d'un « âge d'or » où l'être humain aurait été lui-même.
Voilà pourquoi tout l'idéalisme bourgeois et petit-bourgeois sert en définitive le fascisme: la vision du monde anti-matérialiste sert la mise en valeur de l'ancien contre le nouveau, en célébrant un « ancien » idéalisé, mythifié, une sorte de communisme à l'envers, dans le passé et non pas le futur.
Ce retour à l'artisan comme « homme accompli » et « complet » se retrouve dans toutes les conceptions du « socialisme petit-bourgeois », du « socialisme féodal ».
A chaque fois on a un socialisme « quelque chose »; comme par exemple un « socialisme fasciste » comme avec Maurice Bardèche:
« Tout est là en effet, La civilisation industrielle fait de nous une colonie d'insectes. La drogue, le désespoir, la violence n'ont pas d'autre origine que cette vie de fourmis qui est imposée à la plupart des hommes. Notre avenir et notre salut, c'est de retrouver une vie conforme-à la nature, une vie qui permet aux hommes d'être des hommes, de respirer, de courir, de vivre, comme doivent le faire les mammifères que nous sommes, de ne plus être ankylosés par des idéologies, mais de pouvoir nous développer librement selon les instincts paysans selon la liberté animale que la nature a mise en nous. »
Ou bien un « communisme » remettant en cause les thèses communistes elles-mêmes, en y ajoutant quelque chose de nouveau:
« Etre communiste aujourd'hui c'est, nous semble-t-il, remettre en cause cette thèse qui voit dans le développement des forces productives l'émergence de forces neutres, voire bénéfiques, que le prolétariat pourrait utiliser pour sa libération. Il suffit de constater l'évolution qui, de la manufacture au machinisme industriel, de l'automation à l'informatique, rend les hommes accessoires, les réduisant à un ensemble de gestes prédéterminés sur lesquels ils n'ont aucun pouvoir, arrivant même à rendre superflues de simples relations entre eux, tout occupés qu'ils sont à surveiller des processus qui leurs échappent. Ce développement ne produira pas un monde sans domination, mais uniquement de la marchandise et de l'aliénation. » (L'insécurité sociale, 1985 - il s'agit de l'« ancêtre » de l'Encylopédie Des Nuisances).
On a la version « critique radicale » comme avec l'intellectuelle allemande Hannah Arendt qui retranscrit ici parfaitement la nostalgie de « l'âge d'or » de l'artisan: « Traiter tous les objets d'usage comme des biens de consommation, de sorte que l'on consomme une chaise ou une table aussi vite qu'une robe, et une robe presqu'aussi vite que de la nourriture. De tels rapports avec les objets du monde correspondent d'ailleurs parfaitement à la manière dont ils sont produits. La révolution industrielle a remplacé l'artisan par le travail; il en résulte que les objets du monde moderne sont devenu des objets du monde du travail dont le sort naturel est d'être consommés, au lieu d'être des produits de l'oeuvre, destinés à servir. » (Arendt, condition de l'homme moderne)
On retrouve donc toujours la nostalgie de l'artisan, de l'objet immédiatement utile et utilisable avant même qu'il ne rentre sur le marché. En fait, la critique petite-bourgeoise de la « marchandise » ne critique jamais le profit: elle revendique seulement que ce profit aille à l'artisan, et non pas au capital financier.
Voilà pourquoi le fascisme met en avant la figure du « travailleur » et s'oppose soit disant à la bourgeoisie, parce que la bourgeoisie vit sans être traumatisé par la question de la « valeur d'usage » des objets:
« Cette société n'est pas née de l'émancipation des classes laborieuses, mais de l'émancipation de l'activité de travail, qui précéda de plusieurs siècles l'émancipation politique des travailleurs. L'important n'est pas que, pour la première fois dans l'Histoire, les travailleurs soient admis en pleine égalité de droits dans le domaine public : c'est que nous ayons presque réussi à niveler toutes les activités humaines pour les réduire au même dénominateur qui est de pourvoir aux nécessités de la vie et de produire l'abondance. » (Arendt, condition de l'homme moderne)
Cette critique du monde moderne se veut donc soit disant révolutionnaire parce qu'elle met en avant le fait d'« être » plutôt qu'avoir; les fascistes combattent le fait que l'être humain serait (soit disant) réduit au fait de « naître, consommer, mourir. »
Tous ces pseudos socialisme, et véritables fascismes, ne peuvent être compris que si l'on abandonne une vision économiste anti-historique, au profit du matérialisme historique et dialectique.
Le capitalisme n'est pas tombé du ciel, mais est le produit de l'activité de la bourgeoisie pendant toute l'époque féodale, classe dynamique faisant des percées sociales et politiques jusqu'à produire sa révolution à partir de 1789.
La lutte entre les deux classes pour la domination et l'hégémonie ne cesse pas à cette date, mais se prolonge de façon très ardue pendant toute la première partie du 19è siècle; ce n'est que lorsque le prolétariat apparaît comme menace que la bourgeoisie qui était une classe révolutionnaire, devient une classe réactionnaire.
Cependant, l'aristocratie maintient des positions dans les sphères dominantes (Eglise, armée, universités...) et n'abandonne pas l'espoir de reprendre tout le pouvoir. De cette concurrence sont issues les conceptions du « socialisme féodal », dont l'un des exemples les plus parlant est le socialisme à la prussienne, la conception de l'unité allemande sur la base de l'antisémitisme et du nationalisme pangermaniste agressif issue du « socialisme » des grands propriétaires terriens.
Mais on peut penser à un pays comme le Japon, où le processus de fascisation s'est pareillement appuyé sur une culture féodale s'étant maintenue.
Ainsi les courants réactionnaires (du nom de la réaction des nobles à la révolution bourgeoise) ne cessent pas pour autant, après la révolution de 1789, d'exister et de critiquer la société bourgeoise française, tout en s'y intégrant en fusionnant avec une partie de la bourgeoisie impérialiste du fait de son lien avec l'armée bourgeoise.
Et cela aboutit à un anticapitalisme réactionnaire, le « socialisme féodal », qui mélangé au « socialisme petit-bourgeois », est dans le domaine des idées, de la conception du monde, le socle véritable du pseudo « socialisme » revendiqué par les fascistes représentants ultimes des intérêts de la bourgeoisie impérialiste.
Pour le PCMLM, décembre 2007. |
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|  | | Ferrier Administrateur


 Age : 31 Inscrit le : 15 Aoû 2004 Messages : 13013 Localisation : Nation européenne
 | Sujet: Re: Le grand retour du socialisme européen vue par des cocos Lun 25 Fév - 22:33 | |
| Merci de l'information.
Notre âge d'or est la Grèce d'avant Alexandre et la Rome d'avant Marius, pas le moyen-âge, et nous condamnons les idéologies qui ont ensanglanté le drapeau du socialisme, le fascisme comme le communisme. Que ces gens qui se revendiquent de Lénine, de Marx et de Zedong, osent qualifier autrui de réactionnaires, alors qu'ils vivent dans la nostalgie de régimes criminogènes indéfendables, est pathétique. Contre le fascisme et contre le communisme, et contre le capitalisme, l'euro-socialisme fera face. |
|  | | evro-sotsializm Centurion

 Inscrit le : 01 Juin 2007 Messages : 278
 | Sujet: Re: Le grand retour du socialisme européen vue par des cocos Mar 26 Fév - 1:26 | |
| Ca c'est ce qui s'appelle maitriser son manifeste du parti communiste. Tiens un passage, pris au hasard, de ce même ouvrage pour leur prouver leur non-marxisme: "La domination du prolétariat les effacera plus encore (la bourgeoisie internationale, ici). L'action unie, DU MOINS DANS LES PAYS CIVILISES, est une des premières conditions de son émancipation." Et quand on parle de pays civilisés au 19ème siècle, on comprend très vite de quels pays il s'agit. Puisque ces messieurs veulent cataloguer, ne nous gênons pas non plus, je dirais que selon le manifeste, ils appartiennent aux Marxistes dont Marx lui-même disait qu'il ne se reconnaissait pas.
Mais certains passages me semblent pertinents, le côté faussement social de certains mouvements d'ED (je ne vise pas le mouvement SRE que je connais mal mais d'autres) est assez comique et fait rire le peuple, on sent le jaune à des kilomètres à la ronde... _________________ Amor fati |
|  | | Sven Modérateur

 Inscrit le : 24 Fév 2005 Messages : 2262 Localisation : Rijsel, Vlaanderen / Aush, Gasconha
 | Sujet: Re: Le grand retour du socialisme européen vue par des cocos Mar 26 Fév - 2:32 | |
| | Citation: | | Ce qui est bien évidemment complètement n'importe quoi; l'Europe du Moyen - Age vivait à l'heure de la guerre perpétuelle entre féodalités, de l'obscurantisme religieux, de l'oppression des masses paysannes par le biais du servage.... |
 _________________ Александр Ярославич Невский
"Il est beau de mourir pour sa patrie au premier rang" Tyrtée
"De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins" |
|  | | CERCLEFORUM Citoyen

Inscrit le : 04 Mai 2007 Messages : 54 Localisation : Entre Toulouse et Nimes
 | Sujet: Re: Le grand retour du socialisme européen vue par des cocos Mar 26 Fév - 9:41 | |
| Il est certain que le texte est de mauvaise fois...
Mais comme le remarque evro-sotsializm, il y a des groupuscules d'extrême droite qui utilisent et détourne le terme de Socialisme Européen.
Ce n'est pas le cas du mouvement Socialiste Révolutionnaire Européen qui est un carrefour idéologique plus important et une structure militante multiforme ( voir le journal Rébellion : http://rebellion.hautetfort.com/ qui en est une des expressions les plus concrète).
Je conseil vivement l'auteur du texte de lire Krisis ( http://www.alaindebenoist.com/pages/krisis.php) ou Eléments ( disponible en kiosque) pour connaitre les positions actuelles du GRECE. Nous sommes loin du "socialisme féodale". L'idée fédéraliste de GRECE est plus ouvert que cela ( voir le dernier livre de De Benoist sur la Décroissance). |
|  | | Sven Modérateur

 Inscrit le : 24 Fév 2005 Messages : 2262 Localisation : Rijsel, Vlaanderen / Aush, Gasconha
 | Sujet: Re: Le grand retour du socialisme européen vue par des cocos Mar 26 Fév - 14:01 | |
| Le concept de socialisme féodal est en fait doublement bancal.
Tout d'abord parce qu'il se ratache à une vision aujourd'hui obsolète du féodalisme que les historiens sont parvenus à clarifier en mettant de côté les délires post-révolutionnaires et le romantisme, ensuite parce qu'il renvoie le socialisme non attaché au progressisme à une sorte d'archaïsme fascisant.
Pourtant, en ce qui me concerne, je vois bien plus de progressisme dans une allemagne hitlerienne ou une russie stalinienne qui veulent conquérir l'espace, rationaliser l'espéce et favoriser une industrialisation totale que chez les partisans de la décroissance et quelques communautés qui veulent traire leur vache comme au temps des gaulois.
Par ailleurs pour toute personne qui regarde un peu lucidement l'idéologie marxiste, il faut bien se rendre compte que ce sont les premiers à raisonner selon des poncifs propre au XIXe siècle et que le communisme actuel est l'idéologie la plus gangrénée par la bourgeoisie décadente dont la matérialisme sans borne couplé d'un libéralisme hypocrite (les fameux "libertaires") est la matrice de toute pensée de "gauche" en ce début de siècle depuis l'après guerre... _________________ Александр Ярославич Невский
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|  | | evro-sotsializm Centurion

 Inscrit le : 01 Juin 2007 Messages : 278
 | Sujet: Re: Le grand retour du socialisme européen vue par des cocos Mar 26 Fév - 15:19 | |
| Il manque un courant marxiste orthodoxe à cette 'gauche', les gauchistes pratiquent un marxisme à la carte, je prends ça parce que ça m'arrange et je rejette ça car celà va à l'encontre de ma bonne morale. Je suis sûr que si on citait certaines phrases de Marx sans mentionner son nom, ils pourraient nous répondre qu'il s'agit d'un fasciste, d'un réactionnaire ou que sais-je encore. Il suffit juste de comparer l'analyse dénuée de morale et de pitié de Marx sur la condition difficile des ouvriers à la litanie gauchiste dont on nous bassine aujourd'hui pour s'apercevoir qu'il y a tout un monde entre Marx et les marxistes. Le marxisme est une théorie très pertinente mais qui n'est plus subversive car le porteur de la révolution marxiste, la classe ouvière révolutionnaire n'existe plus ni en tant que personnes susceptibles de créer une insurrection contre le capital (comme en 1848 ou pendant la commune) aucun ouvrier ne compte prendre les armes aujourd'hui, on le voit bien même lorsque les DRH annoncent des délocalisations et des compressions du personnel dans des entreprises bénéficaires les mouvements de protestation sont très lâches (on est loin de la lutte armée prônée par Marx) et cette décrépitude des ouvriers est renforcée par la désindustrialisation du continent, ni en tant que classe, nous avons seulement affaire à une masse passive et désorganisée qui n'a pas toujours conscience de ses intérêts. De plus, les moyens de communication et d'échange qui devaient favoriser la révolution prolétarienne (une union des ouvriers des "pays civilisés") s'avèrent aujourd'hui le meilleur moyen d'asservissement du capital planétaire. Ce qui est réellement révolutionnaire aujourd'hui, ce sont deux classes socialement opposées: les classes de sous-prolétaires EE et la grande bourgeoisie financière. _________________ Amor fati |
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