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Drogue, l’échec d’une politique

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Marc
Pérégrin
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Inscrit le : 31 Oct 2004
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Localisation : France

MessageSujet: Drogue, l’échec d’une politique   Jeu 24 Mar - 23:50

Lien : http://www.valeursactuelles.com/magazine/france/index.php

Valeurs Actuelles n° 3564 paru le 18 Mars 2005

France


Drogue, l’échec d’une politique

Instaurée par la gauche, la politique dite “de réduction des risques” (distribution de seringues, produits de substitution…) a échoué en France comme à l’étranger. À quand un “changement de cap” ?

Le cannabis est une réalité : le slogan choisi par le ministère de la Santé pour alerter sur les dangers du cannabis s’étale depuis un mois dans les médias. Il était temps ! Alors que 35 % des Français en consomment régulièrement (voir nos graphiques ci-dessous) et que 53 % des garçons âgés de 17 ans déclarent en avoir fumé au moins une fois – soit 100 % d’augmentation en dix ans ! –, cette campagne de sensibilisation est en effet une première en France. Jamais un gouvernement, de droite comme de gauche, n’avait jusqu’à présent jugé utile de le faire…
Le cannabis, une réalité ? Évidemment, et bien plus que cela encore. Qu’il suffise, pour s’en convaincre, de savoir qu’en dix ans les “principes actifs” (THC) de cette drogue qu’on disait “douce” sont passés de 5 à… 35, voire 40 % ! Qu’il suffise encore de lire le témoignage poignant de deux députées UMP, mères d’enfants toxicomanes, qui ont cosigné, le 25 janvier, une lettre adressée à Jean-Pierre Raffarin. « La lutte contre la drogue, écrivent-elles, nous la vivons malheureusement au quotidien, au sein de nos foyers, aux côtés de nos fils respectifs, l’un englué dans ce fléau, l’autre dans une schizophrénie conséquence d’une année d’usage de cannabis. Vous comprenez aisément pourquoi ce sujet nous tient tellement à cœur »…
Seulement voilà : le “hasch” – qui nourrit aussi l’économie souterraine et la délinquance – prospérait depuis les années 1960, comme le déplore l’INPS (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé), sur « le mythe largement répandu de produit naturel et inoffensif (« le cannabis n’est pas vraiment une drogue », « avec le cannabis on se sent super bien », « avec le cannabis on se fait plein d’amis », etc.) ». Accréditant cette idée fausse par des déclarations irresponsables, de nombreuses personnalités du show-biz et de la politique portent une lourde responsabilité dans cette légende dorée du cannabis anodin et récréatif.
Publié en 1976 par Libération, l’“Appel du 18 joint”, premier d’une longue série, prônait déjà la « dépénalisation totale du cannabis, de son usage, sa possession, sa culture ou son introduction sur le territoire français ». Parmi les cent cinquante signataires : Isabelle Huppert, Bernadette Lafont, André Glucksmann, Philippe Sollers, Bertrand Tavernier mais aussi Alain Geismar (aujourd’hui haut fonctionnaire à l’Éducation nationale) et Bernard Kouchner (alors médecin…).
Reste qu’à l’instar du Nouvel Observateur, qui vient d’y consacrer un important dossier sous le titre « Enquête sur une drogue pas si douce », les mentalités sont en train de changer. Hormis quelques trublions (lire notre encadré page 22), seuls les Verts préconisent encore, dans leur programme, la libéralisation du cannabis. Un réel progrès, donc, mais qui ne doit pas masquer une autre réalité : celle de l’échec de la politique globale de lutte contre la toxicomanie, dite “de réduction des risques”, suivie par la France et une vingtaine d’autres pays à travers le monde.
Le principe de cette politique de “réduction des risques” ? S’attaquer, autour de trois axes, aux effets plutôt qu’aux causes, c’est-à-dire aux drogues elles-mêmes. 1. Afin de limiter la propagation du sida et de l’hépatite C, on distribue des seringues pour se “shooter propre” ; 2. Afin de réduire le trafic, on prescrit sur ordonnance Subutex ou méthadone, deux produits de substitution (à ingérer et non à s’injecter), à base… d’opiacé et intégralement remboursés par la Sécurité sociale ; 3. Afin de prévenir les “pratiques à risque” chez les jeunes, on subventionne (plusieurs dizaines de millions d’euros) des centaines d’“associations d’insertion”, dont certaines aux discours plus que permissifs : « Pour un sniff propre, débouche bien tes narines, prépare bien tes lignes, enfonce bien ta paille, envoie la purée (sic) haut dans la cavité nasale, rince-toi bien le nez et entretiens tes narines (…) car il faut lubrifier et restaurer tout ce bazar (re-sic) », écrit ainsi l’association Techno +, qui a perçu près de… 145 000 euros de subventions en 2002 (lire page 23) !

100 000 drogués sous traitement de substitution.

Instaurée par la gauche et poursuivie depuis, cette politique a produit certains effets positifs, permettant notamment une importante diminution des overdoses (divisées par cinq depuis 1994) et des nouveaux cas de sida parmi les toxicomanes (196 en 2002, contre 1 493 en 1993). Mais pour le reste, et dans le même temps, la consommation de cannabis, mais aussi d’héroïne, de cocaïne et d’hallucinogènes, a littéralement explosé (voir nos graphiques page 20). Sans oublier le crack, inexistant il y a dix ans, qui gangrène les quartiers Nord de Paris…
Stupéfiant constat : sur les 170 000 héroïnomanes recensés, 100 000 sont aujourd’hui sous traitement de substitution. Le Subutex étant même devenu le… deuxième médicament le plus remboursé par la Sécurité sociale ! « La réduction des risques, résume Serge Lebigot, président de l’association France sans drogue (lire notre entretien page 24), c’est de moins en moins de “risques”, certes, mais surtout de plus en plus de drogues et de drogués… »
Maître d’œuvre de cette politique contestée par de nombreux élus de droite : Didier Jayle, le président de la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et la toxicomanie) – qui n’a pas souhaité répondre à nos questions. Promu en 2002, après le changement de majorité, ce spécialiste du sida a pris la succession de Nicole Maestracci, militante historique de la “réduction des risques”, nommée par les socialistes.
Chaud partisan du bilan de sa devancière (qui avait notamment cautionné le rapport Roque, jugeant le cannabis moins nocif que le tabac et l’alcool), Jayle lui rendra du reste un « hommage » appuyée lors de son audition, trois mois après sa nomination, devant une mission parlementaire du Sénat. Mieux (si l’on peut dire) : dans la première version de son Plan quinquennal de lutte contre les drogues, que Valeurs Actuelles s’est procuré, le nouveau président de la Mildt préconisait carrément « l’expérimentation de programmes d’héroïne médicalisée ». En clair : la distribution d’héroïne (réclamée par de nombreuses associations subventionnées, tel Act-Up) et son corollaire : la création de… “salles d’injection” ou “salles de shoot” !
Devant la levée de boucliers (interne), Jayle avait dû faire machine arrière et retirer sa proposition. De même a-t-il, depuis peu, semblé “durcir” son discours. Mais sans convaincre réellement ses interlocuteurs, lesquels réclament, tel le député UMP Jean-Paul Garraud, « un véritable changement de cap visant au sevrage et à l’abstinence ». Organisateur en octobre 2002 d’un colloque à l’Assemblée sur le thème “Réalités du cannabis” (dont le gouvernement s’est inspiré pour sa campagne actuelle), celui-ci le reconnaît : « La discussion que j’ai eue avec Didier Jayle était totalement surréaliste. Le président de la Mildt est dans une logique incohérente qui me fait penser à ce dicton chinois : “Lorsque le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt.” Le vrai “risque” de la drogue, c’est la drogue elle-même, qu’il convient d’éradiquer ! Pour dire les choses franchement, je n’ai pas vu, hormis pour le cannabis, de changement notable de la politique de la France en matière de toxicomanie par rapport à la gauche. »

L’impressionnant bilan de la politique suédoise.

Même type de réactions lors d’un autre colloque, organisé les 1er et 2 mars par l’Union européenne à Bruxelles, et présentant notamment l’impressionnant bilan comparatif de la politique de “prévention-répression” mis en place en Suède (lire nos graphiques page 21). Le responsable de l’équivalent de la Mildt pour un autre pays européen est venu spontanément confier, sous couvert d’anonymat, à Valeurs Actuelles : « Lors d’une réunion informelle en octobre 2004 à Rotterdam, comme nous le faisons deux fois par mois en compagnie des représentants des vingt-cinq pays, racontait-il, nous avons visité ensemble des salles d’injection. Or Didier Jayle, comme il le fait systématiquement, s’est encore aligné sur les positions hollandaises, qui sont pourtant aux antipodes de celles de votre président, Jacques Chirac. Votre gouvernement de droite sait-il qu’il continue de cautionner une politique de gauche ? » La question mérite d’être posée.
Arnaud Folch
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MessageSujet: Re: Drogue, l’échec d’une politique   Ven 1 Avr - 18:52

Je suis pour la légalisation sous contrôle (donc seulement à partir de 16 ans et en toute connaissance de cause quant aux dangers et aux effets des produits) de TOUTES les drogues, dures ou douces, du cannabis à l'héroïne en passant par le LSD et le MDMA...

Il faut cesser avec l'hypocrisie puritaine du "corps sain dans un esprit sain", tout moyen qui apporte du plaisir génère une dépendance plus ou moins forte. Il faut responsabiliser les gens et leur apprendre à gérer leur vie et leur santé en dehors de toute considération morale.

Du reste les connaisseurs peuvent se procurer des plantes psychoactives (dont certaines aux effets comparables à ceux des drogues dures) en toute légalité sur certains sites de VPC.

Par contre il faudrait s'inquiéter de l'importante consommation d'antidépresseurs, tranquilisants et autres anxyolitiques, véritables drogues légales systématiquement prescrites par les psychiatres quand d'autres solutions pourraient être envisagées.
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dras
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MessageSujet: Re: Drogue, l’échec d’une politique   Ven 1 Avr - 21:02

C'est FAUX,la politique de réduction des risques a été une totale réussite,mais surtout pour les drogues dures,vu qu'il n'y a pas de danger immédiat pour le cannabis:le taux d'overdose a chuté RA-DI-CA-LE-MENT,ainsi que le nombre de transmission de virus par les seringues,comme le SIDA ou l'hépatite C....il ne faut pas raconter n'importe quoi quand meme....est-ce que cela a fait baisser la consommation de toutes les drogues:NON,mais ça a réduit les conduites a risques des diverses consommations....
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Gandalf
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MessageSujet: Drogues: une menace pour l'Europe   Ven 29 Avr - 7:19

KFD, j'ai du mal à comprendre en quoi le principe "esprit sain dans un corps sain" fait partie de l'hypocrisie puritaine.

De plus, ça n'est pas en légalisant toutes les drogues que le problème sera réglé. On risquerait d'avoir des zombies partout dans les rues en train d'errer pour trouver leurs doses au magasin du coin. Je suis au contraire pour une politique ultra-répressive envers les dealers de drogues dures (principalement les gros trafiquants : peine de mort) et une grande politique de santé publique envers les drogués.

Pour le cannabis, il serait à mon avis possible de faire baisser la consommation tout simplement en essayant de faire bouger les choses à la source (les plants viennent principalement du Maroc) et de boucler plus fortement les frontieres de l'Europe.

Quant à l'alcool, il est également nécessaire d'entreprendre une grande politique de prévention de l'alcoolisme, tout en ayant en tête que le vin et la bière en petites quantités ne font pas de mal et font partie depuis l'Antiquité de la culture européenne. Que Dionysos veille sur nous, pas de drogue pour le respect de notre corps!
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Marc-Aurèle
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Olivier
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MessageSujet: Re: Drogue, l’échec d’une politique   Mar 10 Mai - 12:29

Il faudrait déjà se poser la question pourquoi notre société connait un haut taux de suicide, de prise de drogue et autres hallucinogene et medicaments antistress, au lieu de commencer par la repression.
Je ne fais pas comme les socialistes, car je n'ai pas les memes diagnostiques. Notre société est malade du materialisme, de l'égoïsme et d'une absence de non alternative à notre monde basé sur le progrés!
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Pas de flash, ca m'abîme ma peau!
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G
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MessageSujet: Re: Drogue, l’échec d’une politique   Mar 10 Mai - 12:31

Il nous faut une révolution des moeurs et une restauration du corps ( cf Drieu ) !
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