| | | L'ours victime des dogmes chrétiens | |
| | Auteur | Message |
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tragulinu Pérégrin


Nombre de messages: 31 Localisation: Neunkirchen, Saarland, Allemagne
 | Sujet: L'ours victime des dogmes chrétiens Sam 10 Oct - 11:46 | |
| | Citation: | Comment et pourquoi l'ours, célébré dès l'époque paléolithique, totem des civilisations celtes, scandinaves, amérindiennes, décliné dans tous les termes en indo-européenne, projeté en terme de constellation dans les cieux, fut déchu et remplacé par le lion?
Je vous apporte ces réponses dans une synthèse de documents, dont je cite les références, non pas dans le développement même du texte, pour ne pas l'apesantir, mais à la fin.
1.L'ours dans la préhistoire.
Des découvertes récentes, telle la grotte de Chauvet en Ardèche(1994), avec ses peintures d'ours, d'environ 32000ans, la « salle du crâne » avec un crâne d'ours placé sur un piton rocheux, entouré d'une douzaine d'autres crânes, fait penser à un culte de l'ours, un rite dédié à cet animal, par les hommes de Cro-Magnon ou de Néandertal. Nous pouvons citer aussi la sépulture conjointe d'un homme et d'un ours dans la grotte du Régourdou, la statue d'argile de la grotte de Montespan découverte par Norbert Casteret, représente un ours de 1,1m de long et percé de coups de sagaie. Cet objet remonte à 22000ans et permet aussi de penser qu'il existait des pratiques rituelles liées au culte de l'ours.
Dautant que la station verticale de l'ours, son statut de plantigrade aussi, à une perception anthropomorphique de l'ours: L'ours serait un double animal de l'homme, peut-être même , comme chez les lapons, l'ours est-il un ancêtre de l'homme, intermédiaire entre les hommes et les dieux. Son hibernation(apparentée à la mort) et sa renaissance, lui confère des pouvoirs surnaturels. Il peut franchir de manière réversible la frontière entre la mort et la vie, entre l'homme et l'animal.
2.L'ours dans l'antiquité.
Pour cette période nous avons tous les élements de culture orale, écrite, artisanale, pour assoir la réalité du culte de l'ours, voir sa déification dans de très nombreux peuples.
Dans cet inventaire de la relation entre l'homme et l'ours, citons la mythologie grecque autour de la déesse Artémis, qui changea le fils de sa servante en ours, qui fut envoyé dans les cieux en constellation par Zeus, pour l'épargner(la Grande Ours et la petite).
Les peuples du nord eux, revendiquent leur ascendance de l'ours lui-même. En Scandinavie il enlève les jeunes filles et engendrent avec elles de guerriers fondateurs des dynasties dont les rois de Norvège et du Danemark se revendiqueront.
Le combat contre un ours dans tous les peuples celtes et germaniques correspond à un rite initiatique. Tacite ne parle pas de ce rituel dans son oeuvre consacrée aux peuples germains, achevé au 1er siècle, mais l'historien Ammien Marcellin sénateur romain en 380 raconte comment chez les Goths les jeunes gens doivent affronter et vaincre un ours pour devenir adultes(lire la légende du Skioldus en l'an mille dans une Scandinavie paienne).
Et cette tradition initiatique du combat contre un ours s'est répendue dans l'histoire pour valoriser des personnages, de héros légendaires aussi. Au moyen âge il ne s'agit plus que d'un rituel obligé et désormais christianisé: citons en vrac tant les Godefroi de Bouillon, qui n'est pas le plus ancien, mais constitue une modélisation chrétienne du culte de l'ours. Le dit Godefroi n'a sûrement jamais combattu cet ours, mais ce récit lui permis d'être le chef de la croisade. Puis Roland, Tristan, Lancelot, Yvain et le roi Arthur lui-même. Tous cherchent à s'investir de la force de l'ours pour s'imposer comme chef.
Mais la culture celte, scandinave, lapone, européenne est beaucoup plus paienne.. Dans les pratiques cultuelles, les guerriers vainqueurs boivent le sang de l'ours et mange sa chaire, repas rituel d'essence totémique qui contribuait à donner au guerrier la force du fauve. Une ancienne version du Landnamabok ou « livre de la coloniation de l'Islande » raconte comment Old se transforma en être indomptable après avoir mangé la chaire de sa proie ursine.
Ainsi, chez les scandinaves, se crée une troupe de guerriers, les « Berserkir ». Une troupe, soldats d'Odin, décrite par le grand écrivain islandais Snorri Sturluson en 1220: « Ils partent nus au combat, sans armure ni cuirasse, simplement revêtus d'une chemise d'ours, en ragés comme des fauves, mordant leur bouclier etc... ».
3.La colonisation chrétienne médiévale.
Naturellement quand le christianisme a commencé la colonisation de l'Europe, il ne pouvait toléré cette culture paienne dans laquelle l'ours était l'ennemi du Christ. Il fallu donc abattre l'animal au sens propre et au sens symbolique.
L'abattage physique s'est conclu avec le premier allié du pouvoir papal: Charlemagne, dans sa conversion des pays germaniques au christianisme , organisa des battues et des destructions massives de l'ours. Dès l'époque carolingienne, les prélats de Germanie interdirent la consommation de viande d'ours. Tous les esprits chrétiens étaient appelés à soutenir ces interdictions. Ainsi la grande abesse Hildegarde de Bigen, dont les préoccupations étaient morales, mystiques, médicales, n'hésite pas à écrire: » C'est une viande impure qui échauffe les sens, conduit au péché et peut entraîner la mort »
Quant à l'abattage symbolique, il faut reconnaître que ce fut un échec. L'ours, comprennez moi, bénéficie d'une tradition orale et culturelle énorme, millénaire. Et le christianisme ne peut le vaincre au nom du Christ.
Prenons donc l'héraldique médiévale qui certes est apparue trop tardivement pour que l'ours y tienne la place qu'il aurait encore occupé plus largement sous Charlemagne, selon l'onomastique carolengienne. Mais il représente encore 3% des meubles honnorables des armoiries et figurer dans les cimiers,écus et supports. Il y a trois villes en Europe au nom ursin: Berlin, Bern, Madride. Mais d'autres dont l'emblème est l'ours comme en Italie « Pistoia », qui prit l'emblème de l'ours propre à Florence pour remercier l'armée florentine de l'avoir préservée du siège établi par l'archevêque Giovanni Visconti.
N'oublions pas la famille « Orsini » et le nom corse de « Orsu » toujours usité en composition(Orsu- Paulo, etc...), tant il est vrai que la Corse est un peuple qui mélange ses origines aux celtes.
4 Le pouvoir de l'oralité.
Celui-ci même qui nous a permis, par transcription orale, de nous livrer notre culture paienne, enfouie dans ce que l'on nomme « l'inconscient collectif », celui-ci même qui nous livre, après multes variations culturelles, un conte comme « boucles d'or » avec les ours . Car enfin, quand l'église chrétienne, tanta de censurer notre savoir et nos traditions culturelles et cultuelles paganistes, les contes ont continué à véhiculer ce savoir ancestral, sous forme de contes et légendes pour enfants.
Mais la science linguistique accable la censure en révélant partout nos origines sémantiques. Il existe un terme indo-européen pour désigner l'ours et qui a survécu 7 millénaires « rksas » de l'Europe jusqu'en Inde. Puis ce nom a été taboué (c'est-à -dire contourné pour définir l'animal par son apparence ou ces attitudes). Ainsi on l'a appelé « le brun » c'est l'origine des formes germaniques: bar, bear, beer, et jusqu'en Grèce le nom de Baros. Puis dans d'autres troncs linguistiques postérieurs, il fut identifié en langue slave comme « mangeur de miel », ou en langue latine « ursus » par référence à se lécher certaine parties du corps. En Allemagne et scandinavie, innombrables sont les noms autour des racines Ber,bern,bero,bera,born,beorn, per,pern,björn etc...
Je me suis permis ces précisions, parce que l'un des combats du christianisme et de son oeuvre colonisatrice en Europe, fut de vouloir rebatiser les convertis. Essayer d'éliminer les preuves linguistiques de cette culture ursine. Les ecclésiastiques ne purent que latiniser des mots « qui évoquent la guerre, la violence et ces animaux féroces »: Ainsi nous trouvons tous les référents à l'ours: Adalbero, Ansperu, Asbornus, Bernadus, Bernhelmis, Gebernus, Osbernus etc... Mais tous ces noms se maintiendront, qui évoquent notre culte ursin, et même pour de très grands personnages au service de l'Eglise comme l'archevêque de Reims, Adalbéron(988), sans parler du célèbre saint Bernard(1091-1153) -Bern ard signifie en germain « ours fort »-
5 La substitution de l'ours.
Le christianisme n'aime pas cet animal qui appartient à l'archaique patrimoine paien. Il n'aura de cesse de le bannir et de le dévaloriser. Rien n'y fait pour imposer la religion chrétienne face à notre culture paganiste, qui même se réactive au XIII siècle. Il faut remplacer la fête de l'ours du 2 février par la Chandeleur mais surtout trouver un substitut à l'ours, qui séduirait le peuple, et qui n'aurait aucune tradition orale dans notre culture européenne: le lion.
Dans la foulée de l'exotisme et des voyages lointains, les christianisme choisit de substituer le lion à l'ours. Et pour assurer la prédominance du lion sur l'ours, il faut ridiculiser, avilir celui-ci avec tous les moyens du bord. Le lion pourra alors représenter la force, s'imposer comme roi des animaux, sans faire ombrage au pouvoir papal.
Ainsi, l'église chrétienne qui excommuniait les bateleurs et autres « jongleurs », va favoriser les montreurs d'ours, pour que le peuple puisse voir la décadence d'un mythe paien, asservi aux plaisirs de la foule.L'ours sera désormais la bête docile et soumise comme Saint Amand le dressa(à porter la charge des boeufs qu'il avait dévorés). Les clercs feront petit à petit de l'ours une bête « ordinaire », expulsée des symboles héraldiques, tenu à la chaîne, dépourvu de toute prestance. On diabolise l'ours en lui prétant des péchers capitaux, on le crétinise dans les fables, on le représente dans toute l'hagiographie comme un imbécile.
6.Conclusion.
Que voulez-vous que je vous dise? Elle est claire la conclusion. L'ours, grâce á la puissance de notre inconscient collectif(vous savez, les 90% du code génétique non exprimé, notre savoir paléolithique(?)), a une place essentielle dans la sociabilisation des enfants. C'est la star de la sociabilisation des enfants.
Dites le moi encore et encore....je suis un ours mal léché....
Les références de cette synthèse:
Michel Pastoureau in « L'ours, histoire d'un roi déchu » David Christian in « autour de la légende médiévale de la famille Orsini » Jean Dominique Lajoux in « l'homme et l'ours » Le moyen âge en lumière.com commune.pistoia.it Elisabeth Klein in « un ours bien léché: le thème de l'ours chez Hildegarde de Bingen. Magazine de l'espace européen de la recherche novembre 2008 theatrum-belli.com paysdelours.com editions.guepard.free.fr Christine Ferlampin -Acher Sandrine Boulmier .Thèse. L'ours, un socialisateur à travers les âges de l'humanité. |
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|  | | Ferrier Administrateur


Nombre de messages: 13558 Localisation: Eurṓpā
 | Sujet: Re: L'ours victime des dogmes chrétiens Sam 10 Oct - 11:57 | |
| Là encore, un article bien intéressant. Je vous renvoie aussi au seul article que j'ai consacré à un animal, le loup... | Citation: | Le mythe du loup
Canis Lupus est le seul animal à avoir eu jadis une excellente réputation et avoir acquis par la suite une image détestable auprès des populations humaines, avant de connaître très récemment une relative réhabilitation. C’est ce phénomène étonnant que je vais tenter ici d’expliciter dans l’optique de montrer comment le loup fut diabolisé en Europe et comment il tend à retrouver aujourd’hui sa gloire passée.
Les populations préhistoriques semblent avoir considéré le loup comme un chasseur concurrent mais pour lequel ils éprouvaient une grande admiration, à tel point qu’ils s’inspiraient de l’esprit communautaire de la meute dans leurs activités. Par la suite, et de manière précoce, le loup fut le premier animal domestiqué et devint, par sélection et évolution, le chien.
Les Grecs éprouvaient un immense respect pour le loup, qu’ils appelaient lycos, d’où l’abondance de prénoms lupins comme Lycaon et Lycurgue, ou encore des lieux sacrés liés au loup comme le fameux Lycée d’Aristote. Le loup était consacré à Zeus Lycaios, dieu lié à une «colline des loups » et qui recevait, cas unique, des loups et des ours en sacrifice, alors que d’habitude les dieux recevaient des animaux domestiques. Plus généralement, le loup était lié au culte d’Apollon Lycaios, Apollon « lupin », mais surtout à celui du dieu de la guerre,Arès. La cité de Sparte fut ainsi fondée par le mythique Lycurgue, « tueur de loups » mais en réalité héros lycanthropique. Et de fait la société spartiate, par sa dureté mais aussi son relatif égalitarisme, s’inspirait bien de la société du loup.
Celui-ci était donc respecté pour son intelligence mais aussi mis en relation avec l’orage et la guerre. Cela explique pourquoi les Romains mettaient en relation cet animal avec leur dieu Mars, père des Romains. En effet c’est sous l’apparence d’un loup que Mars s’unit à la vestale Rhea Silvia, de qui il eut deux fils jumeaux, Romulus et Remus, le premier devenant le fondateur de la ville de Rome et aussi le tueur de son frère. Déjà jeunes, Mars leur envoya une louve pour les allaiter. Et les Romains eux-mêmes s’appelaient les Fils de la Louve, expression réutilisée par la suite dans le fascisme italien. L’apparition d’un loup sur un champ de bataille galvanisait les légionnaires, leur faisant comprendre que le dieu guerrier était avec eux. Ce que les Romains ne savaient pas ou feignaient d’ignorer, c’est que leurs ennemis gaulois puis germaniques vénéraient tout autant le loup. Il était le symbole du dieu gaulois du ciel, de l’orage et de la guerre, Taranis. Et le dieu germanique Wotan, Odhinn pour les Scandinaves, était toujours accompagné de deux loups. Beaucoup de guerriers portaient des peaux de loup, ce qui était aussi le cas des soldats romains portant les aigles de la République.
Chez les Turcs, le loup était également fort en honneur ; il était même le symbole du dieu turc du ciel, Tanri, surnommé le « loup gris » et protégeait le peuple contre ses ennemis. Aujourd’hui encore, le parti nationaliste turc, le MHP, garde comme symbole le loup gris de leurs ancêtres païens.
Mais le loup, d’incarnation du dieu de la guerre, prit lors de la christianisation de l’Europe une image fort négative, celle tout simplement des peuples sémitiques pour lesquels le loup symbolisait les rapines et la luxure, ce qui s’explique tout simplement par l’origine orientale de la nouvelle religion. A partir de là, bien que certains aspects du loup protecteur subsistèrent par exemple dans le culte de Saint Loup ou encore chez Saint-François d’Assise, le loup devint l’incarnation du Diable et fut chassé et tué sans pitié. Des mythes anti-lupins comme celui de la Bête du Gévaudan, hantèrent l’inconscient collectif. Alors qu’il est prouvé que le loup, même en situation de disette, n’attaque pas l’homme, ni même les enfants, la peur du loup fut inventé et des récits comme le Petit Chaperon Rouge véhiculèrent cette image.
Le vingtième siècle fut beaucoup plus contrasté. La fascination d’Hitler pour le loup, qui semble avoir été son animal symbolique (voir en sens l’ouvrage de Bernard Marillier chez Pardès, intitulé « Le loup »), aurait pu être désastreuse pour cet animal. Un dessin animé américain montrait d’ailleurs un loup « Adolf » opposé à trois petits cochons alliés. Mais fort heureusement il n’en fut rien et le loup devint même le représentant des espèces menacées de disparition. Mais la peur du loup n’est pas complètement morte. Le retour du loup en France, dans le Mercantour, a rendu fou les bergers qui perdent en vérité très peu de bêtes de son fait, puisque la plupart des moutons tués l’ont été par des chiens redevenus sauvages et aucunement par des loups. Mais il est probable que l’image ancestrale du loup, éminemment bénéfique, va reprendre sa place.
Le loup, animal noble par excellence, représente le goût européen pour la liberté et pour les grands espaces. Et de ce fait il est éternel. Vae inimicis lupi ! (Malheur aux ennemis du loup). |
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|  | | Ferrier Administrateur


Nombre de messages: 13558 Localisation: Eurṓpā
 | Sujet: Re: L'ours victime des dogmes chrétiens Sam 10 Oct - 12:00 | |
| Ceci dit, je tiens à préciser que, contrairement à ce qu'évoque Michel Pastoureau, le lion est originellement le roi des animaux et était connu des Indo-Européens sous le terme de *singhos. Il y avait des lions européens sur notre continent, notamment dans les Balkans et en Grèce, jusqu'à l'ère chrétienne. C'est par la faute des Romains, gros consommateurs en animaux féroces pour les jeux du cirque, que le lion européen s'est éteint, même s'il semblerait qu'il y en ait encore dans le Caucase. La porte des lionnes à Mycènes ainsi que le mythe d'Héraclès face au lion de Némée nous rappelle cette évidence. |
|  | | Ferrier Administrateur


Nombre de messages: 13558 Localisation: Eurṓpā
 | Sujet: Re: L'ours victime des dogmes chrétiens Sam 10 Oct - 12:05 | |
| Quelques petites précisions correctives, pour améliorer votre très bon texte. | Citation: | Mais la science linguistique accable la censure en révélant partout nos origines sémantiques. Il existe un terme indo-européen pour désigner l'ours et qui a survécu 7 millénaires « rksas » de l'Europe jusqu'en Inde. |
En fait r.ksas est le terme sanscrit. Le terme indo-européen est *arktos (grec arktos, latin ursus, celte artos).
| Citation: | Puis ce nom a été taboué (c'est-à -dire contourné pour définir l'animal par son apparence ou ces attitudes). Ainsi on l'a appelé « le brun » c'est l'origine des formes germaniques: bar, bear, beer, et jusqu'en Grèce le nom de Baros. Puis dans d'autres troncs linguistiques postérieurs, il fut identifié en langue slave comme « mangeur de miel », ou en langue latine « ursus » par référence à se lécher certaine parties du corps. En Allemagne et scandinavie, innombrables sont les noms autour des racines Ber,bern,bero,bera,born,beorn, per,pern,björn etc... |
"Tabouisé" est le bon terme. Il y a aussi l'ours en langue baltique, désigné sous le terme de lokys, "celui qui lèche" (le miel ?).
Notons que chez les Celtes, le nom du loup a été tabouisé, remplacé par le gaulois *bledos, "le gris", comme dans le breton bleiz, pour remplacer un ancien *volcos, qu'on retrouverait dans le nom du peuple des Volques.
Enfin, dernière remarque, l'ours était associé au dieu Thor chez les Scandinaves, en raison de la force que l'animal dégageait. Comme Thor et Mars, dieux de l'axe cosmique, l'ours, capable de grimper aux arbres, donc de faire le lien entre le ciel et la terre, était un animal respecté. Le peuple italique des Ursentins (Ursentini) avait été conduit dans sa nouvelle terre par le dieu Mars déguisé (selon le principe du ver sacrum ou "printemps sacré"). |
|  | | tragulinu Pérégrin


Nombre de messages: 31 Localisation: Neunkirchen, Saarland, Allemagne
 | Sujet: Re: L'ours victime des dogmes chrétiens Sam 10 Oct - 12:48 | |
| En effet, merci pour ces corrections. J'avoue humblement que votre érudition me ravit. J'ai toujours beaucoup de plaisir et de curiosité à lire vos articles. |
|  | | | | L'ours victime des dogmes chrétiens | |
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